Culture

19:46

25 novembre, 2025

« Kidnapping Inc. » de Bruno Mourral franchit une étape décisive vers les Oscars

Le long métrage Kidnapping Inc., du réalisateur haïtien Bruno Mourral, vient de franchir la première étape des pré-sélections pour la 98e édition des Oscars, dans la prestigieuse catégorie de l’Oscar du meilleur film international.   L’annonce a été faite le vendredi 21 novembre 2025 par l’Académie des arts et des sciences du cinéma (AMPAS), suscitant enthousiasme et fierté au sein de la communauté culturelle haïtienne.   Cette reconnaissance marque une avancée majeure pour le cinéma haïtien, encore peu représenté sur la scène internationale. Grâce à Kidnapping Inc., Haïti s’invite dans la compétition aux côtés de productions mondiales de haut niveau.   Une visibilité qui témoigne non seulement du talent de Bruno Mourral, mais également de la montée en puissance d’une nouvelle génération de cinéastes haïtiens.   Xaviera Elie Download QR 🠋

Culture

11:33

23 novembre, 2025

Haïti orpheline de son maestro : Dadou Pasquet, le génie de la guitare, s’est éteint

La musique haïtienne vient de perdre l’un de ses plus brillants talents. André “Dadou” Pasquet, célèbre chanteur et co-fondateur du légendaire Magnum Band, est décédé samedi soir des suites de complications de santé, après plusieurs semaines d’alitement. La dégradation de son état avait contraint l’artiste à annuler toutes ses prestations prévues pour la fin de l’année 2025. La situation était devenue si préoccupante que des fans s’étaient mobilisés pour organiser des levées de fonds, une initiative que sa famille avait toutefois choisi de décliner, préférant gérer cette épreuve dans l’intimité. Né en 1953, Dadou Pasquet était bien plus qu’un musicien ; il était un innovateur majeur. D’abord révélé au sein du mythique Tabou Combo dans les années 1970, il avait contribué de manière décisive, en tant que guitariste virtuose, compositeur et arrangeur – au succès de quatre albums emblématiques.   En 1976, son ambition créatrice le pousse à fonder son propre groupe, le Magnum Band. C’est avec cette formation qu’il développera son style unique, fusionnant avec génie un konpa rythmique avec des influences de jazz, de blues, de funk et de reggae, le tout porté par des paroles profondes et des tubes immortels comme “Paka Pala”.   Perfectionniste et avant-gardiste, Dadou Pasquet laisse derrière lui une œuvre monumentale, une quête artistique constante qui a redéfini le paysage musical haïtien. Son héritage, immortalisé dans des albums comme “Les archives de Dadou Pasquet” et “30 ans/Magnum Band”, résonnera à jamais comme le testament d’un véritable génie.   Rédaction / Monopole Download QR 🠋

Sports

16:43

19 novembre, 2025

Haïti qualifiée pour la Coupe du Monde 2026 : 52 ans plus tard, un exploit historique

Mardi soir, la sélection nationale haïtienne de football a décroché son billet pour la Coupe du Monde 2026 en s’imposant 2-0 face au Nicaragua. Cinquante-deux ans après sa première participation en 1974, Haïti renoue ainsi avec la plus prestigieuse compétition mondiale. Le Président de la FIFA, Gianni Infantino, a salué cette performance mémorable.   Dès le coup d’envoi, les Grenadiers ont exercé une forte pression sur leurs adversaires, dans l’objectif d’ouvrir rapidement le score. Une stratégie payante : à la 9ᵉ minute, Louicius Don Deedson a inscrit le premier but d’une frappe impeccable, à la suite d’une remarquable combinaison avec Casimir. Malgré quelques tentatives de réaction du Nicaragua, Ruben Providence a doublé la mise à la 45ᵉ minute, contre le cours du jeu.   Le score n’a plus évolué jusqu’au coup de sifflet final. L’arbitre guatémaltèque, Mario Escobar, s’est montré particulièrement sévère envers les Haïtiens et aurait pu accorder au moins un penalty après plusieurs accrochages contre l’attaquant Frantzdy Pierrot, contraint de quitter le terrain sur blessure à la 30ᵉ minute. L’entraîneur français Sébastien Migné est resté calme, ne contestant pas les décisions arbitrales, malgré leur caractère controversé.   Le match contre le Costa Rica lors de la 5ᵉ journée des éliminatoires a été un tournant décisif dans cette qualification, obtenue un 18 novembre, date symbolique qui n’a pas échappé aux historiens haïtiens.   Pour cette 6ᵉ et dernière journée des qualifications de la zone CONCACAF, Haïti, le Panama et Curaçao se sont qualifiés brillamment. Le Costa Rica, malgré un budget conséquent pour sa préparation, ainsi que le Honduras, ont été éliminés. La Jamaïque et le Suriname, meilleurs deuxièmes, devront passer par les barrages.   Une véritable liesse populaire a envahi les rues après cet exploit. Des milliers de personnes ont célébré la qualification historique, notamment à Pétion-Ville, Delmas et dans plusieurs communes du pays. Aucun incident n’a été signalé, même si certaines zones, comme Carrefour, sont restées calmes.   Dans une vidéo partagée sur les réseaux sociaux, les joueurs ont appelé les autorités à libérer les axes routiers actuellement bloqués par des gangs de la coalition « Viv Ansanm ». Comme de nombreux citoyens, ils réclament le retour de la paix et la libre circulation. « Nous voulons accueillir nos héros, mais pour cela, il faut que les routes soient dégagées », a témoigné une femme d’une cinquantaine d’années.   Avec cette victoire, Haïti rejoint la liste des 42 pays déjà qualifiés sur les 48 attendus pour la Coupe du Monde 2026, qui se tiendra au Mexique, au Canada et aux États-Unis. Les six dernières places seront attribuées à l’issue des barrages.   Eddy Trofort troforteddy@gmail.com   Download QR 🠋

Santé

14:33

18 novembre, 2025

Diabète en Haïti : L’urgence d’agir, la FHADIMAC veut gagner son pari

Le 14 novembre dernier, la Journée Mondiale du Diabète a rappelé l’impact dévastateur de cette maladie chronique, responsable de 3,4 millions de décès dans le monde en 2024. En Haïti, malgré l’absence de chiffres actualisés due à l’insécurité, le diabète fait des ravages, particulièrement chez les 30-60 ans.   Actuellement, 7% de la population adulte haïtienne, soit environ 450 000 personnes, est affectée par le diabète. Le groupe des plus de 30 ans est le plus touché, représentant 90% des cas. Les femmes sont particulièrement vulnérables : elles sont plus présentes aux consultations et cumulent des facteurs de risque comme l’excès de poids et la sédentarité. Le stress généré par l’insécurité ambiante aggrave encore le risque pour les personnes prédisposées. Pour la première fois cette année, le Ministère de la Santé Publique (MSPP) a mis l’accent sur cette journée mondiale. Une Unité de Coordination des Maladies Non Transmissibles a été créée en septembre 2025 pour développer des stratégies nationales.   Mais depuis 1987, c’est la Fondation Haïtienne de Diabète et de maladie cardiovasculaire (FHADIMAC) qui est en première ligne. Elle informe et sensibilise la population sur la maladie et fait l’éducation des patients et leurs familles. En 2022, la FHADIMAC a même reçu le Prix Centenaire de l’insuline décerné par la fédération Internationale du diabète (FID) lors de son congrès à Lisbonne en Portugal.   Dr Larco explique que ce Prix a été décerné à la FHADIMAC pour des initiatives inspirantes et innovantes après le Tremblement de Terre du 14 Août 2021 dans le Grand Sud et suite au passage de la Tempête Tropicale « Grace » au cours de la même période. Grâce à des agents déployés sur le terrain, la FHADIMAC a permis de faire la prise en charge de 2000 personnes susceptibles de développer le diabète et des maladies cardiovasculaires. Des jeunes volontaires sur le terrain ont sensibilisé la population dans ces deux régions sur les risques de cette maladie et les symptômes; des séances de dépistages ont également eu lieu ainsi que des distributions de médicaments avec l’appui de plusieurs infirmières dans la région.   Dr Larco a aussi indiqué que le personnel médical a bénéficié des séances de formation sur les maladies chroniques notamment le diabète. Ces séances ont également porté sur l’hypertension artérielle.   Après les activités réalisées dans les départements du Grand Sud, la FHADIMAC étend maintenant son action avec une nouvelle succursale à Jérémie (Grand’Anse) et plaide activement pour la cause des maladies chroniques auprès des autorités qui deviennent de plus en plus sensibles face à la multiplication des cas dans le Pays. Les besoins dans la région du Grand Sud sont l’une des principales motivations du choix d’implanter une succursale a souligné Dr Nancy Larco. Par ailleurs, elle a aussi révélé que son père originaire de Jérémie avait également motivé cette décision.   La majorité des personnes diabétiques dans le monde vivent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire. Haïti est aujourd’hui en première ligne. Sans diagnostic précoce et sans prise en charge globale (physique, éducative, mentale et économique), les patients développeront davantage de complications, dégradant leur qualité de vie et appauvrissant le pays.   Pour Dr Nancy Larco de la FHADIMAC, la solution passe par la sensibilisation du grand public pour un diagnostic précoce, l’éducation des patients pour une autogestion responsable. Elle souligne que la FHADIMAC a réalisé des séances de formation des professionnels de santé à cet effet et travaille pour faciliter la disponibilité permanente des intrants (lecteurs de glycémie, médicaments), à toute la population.   Eddy Trofort troforteddy@gmail.com  47272491 Download QR 🠋

Culture

12:55

18 novembre, 2025

18 Novembre-Boukman Eksperyans : Le miroir musical d’une Haïti en lutte, 222 ans après Vertières

Alors que nous commémorons le 222e anniversaire de la bataille de Vertières, qui scella notre indépendance, il est un héritage sonore qu’il est urgent de réécouter : celui de Boukman Eksperyans. Plus qu’un simple groupe racine, Boukman Eksperyans s’est imposé comme la conscience musicale de la nation, dressant, album après album, un portrait sans concession d’une société rongée par la corruption.   On se souvient de leur tube planétaire, « Ke m pa sote » en 1990, qui a imposé une meringue carnavalesque de qualité, fièrement enracinée. Mais leur véritable force réside dans ces chansons qui analysent et fait la dissection, avec une lucidité brutale, les maux qui gangrènent le pays.   « K+K=2K » : L’équation ronfleur Dès 2003, avec « K+K=2K », le groupe lançait une formule qui résonnait dans tous les foyers. C’était le cri du peuple lassé de se faire duper par une classe politique véreuse. La chanson commence par une supplique, invitant nos dirigeants à s’inspirer des géants comme Dessalines, Mandela ou Che Guevara. Mais le constat qui suit est accablant : le pays est méthodiquement détruit par ceux-là mêmes qui devraient le bâtir.   Boukman Eksperyans dénonce sans ambages ces politiciens capables de réclamer un embargo destructeur pour assouvir leur soif de pouvoir, avant d’aller, le pays une fois exsangue, tendre leur « bol bleu » à la communauté internationale. Le groupe rejette aussi avec virulence les plans d’ajustement structurel du FMI, qualifiant leurs promoteurs de « mercenaires » et de menteurs qui cherchent à « nous entraîner dans une misère encore plus abjecte ».   « Pèpè yè » : Le constat de la mafia institutionnalisée En 2015, après le séisme dévastateur de 2010, alors que des milliards de dollars étaient promis pour la reconstruction, le groupe sort « Pèpè yè ». Le bilan est sans appel : « C’est la mafia qui nous dirige. » La chanson peint un tableau sombre d’une coalition de politiciens, de religieux et d’ONG, tous unis pour « souse manmel », sucer les mamelles de la vache haïtienne. Des milliards de dollars volés en éclat avec des projets bidons.   Face à cette catastrophe absurde, les musiciens en appellent aussi bien aux « Lwa Ginen » qu’à Jésus, signe d’un désespoir profond et d’une recherche de salut face à un État « pèpè » et des dirigeants « pèpè », dont le seul projet est l’enrichissement personnel.    Le refrain n’a pas changé Aujourd’hui, ce 18 novembre 2025, force est de constater que les refrains de Boukman Eksperyans n’ont rien perdu de leur actualité. Le pays continue de s’appauvrir, ses ressources financières et sa jeunesse sont gaspillées entre une police impuissante et des chefs terroristes. C’est un spectacle hideux que le monde observe, impuissant ou indifférent.   222 ans après l’exploit de nos héros, qui ont livré bataille au péril de leur vie, cette situation est une honte. Haïti, le peuple à la plus belle histoire du monde, a besoin d’une nouvelle conquête. Comme le lança Dessalines dans la nuit du 18 novembre 1803 : « Que ceux qui veulent redevenir esclaves, sortent de ce camp. »   Notre hymne national nous enjoint : « Dans nos rangs, point de traîtres / Du sol, soyons seuls maîtres ! » Si ces mots pouvaient cesser d’être un simple slogan pour devenir notre réalité quotidienne, nous serions, 222 ans après la victoire, le peuple le plus heureux du monde. Dommage. Mais il nous faut travailler davantage comme le rappelle la meringue de 1999 de Boukman Esperyans car les “Giyon dylo Bokyè” sont nombreux. Il faut les faire partir, il est temps dans une démocratie en pourriture.   Eddy Trofort troforteddy@gmail.com Download QR 🠋

Elections

12:19

12 novembre, 2025

Haïti-élections : Le Premier Ministre Alix Didier Fils-Aimé veut mettre les bouchées doubles

  Une réunion importante s’est tenue mardi avec l’ensemble des acteurs nationaux et internationaux pour accélérer un processus électoral trop lent et coordonner la lutte contre l’insécurité. Dans un contexte d’urgence, le Premier Ministre Alix Didier Fils-Aimé a convoqué une réunion de haut niveau, envoyant un signal fort sur sa détermination à mener Haïti vers des élections crédibles. La présence unanime des acteurs clés, nationaux et internationaux, démontre une volonté commune de sortir de l’impasse.   Face aux lenteurs constatées, cette rencontre avait un objectif clair : insuffler un nouveau dynamisme. La présence remarquée du nouveau chef de l’ONU, M. Carlos Ruiz Massieu, et du Secrétaire d’État à la sécurité publique Mario Andrésol, souligne l’importance d’une coordination harmonieuse pour la réussite du scrutin. La sécurité, pierre angulaire du processus, était au cœur des discussions. Avec la participation du Directeur Général de la PNH, Jonas Paraison, et du Commandant en Chef des FAD’H, le lieutenant-général Derby Guerrier, l’accent a été mis sur une lutte plus coordonnée contre les gangs. Cependant, un défi de taille persiste : le besoin urgent de « nettoyer » la PNH des éléments corrompus qui, selon des témoignages de victimes de kidnappings, sabotent les efforts du Haut commandement.   Le Premier Ministre a saisi cette occasion pour fixer les responsabilités de chaque institution. Il a fermement réaffirmé que « le Gouvernement demeure le moteur du processus électoral et que l’État haïtien en assure pleinement la souveraineté ».   Sur le plan logistique, crucial pour la tenue du vote, une table sectorielle sera mise en place pour mobiliser les ressources nécessaires. Alors que le calendrier électoral du CEP se fait attendre, M. Fils-Aimé a rappelé l’engagement financier de l’État à hauteur de 70 millions de dollars déjà contribués depuis 2021 à aujourd’hui au ‘’Basket Fund’’ géré par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).   Le gouvernement mise également sur le renforcement des partis politiques. Plus de 3 milliards de gourdes est prévu pour leur financement dans le budget 2025-2026. Ce Programme qui veut insuffler une nouvelle dynamique dans la pratique politique en Haïti devrait bénéficier à plus de 225 formations régularisées et reconnues par le Ministère de la justice.   Du côté du Conseil Electoral Provisoire (CEP), le projet de décret électoral a été partagé. Son président, Jacques Desrosiers, annonce que 400 partis l’ont consulté. La publication du décret et du calendrier est promise pour fin novembre.   Alors que les rumeurs de remplacement au gouvernement circulent, Alix Didier Fils-Aimé semble concentré sur une seule mission : rompre avec une décennie sans élections. Cette absence d’institutions démocratiques élues est un handicap majeur pour le pays. Les citoyens, impatients attendent de pouvoir choisir leurs dirigeants pour assurer la stabilité du pays, mais pas à n’importe quel prix. La machine électorale est désormais en marche, le compte à rebours a commencé, chaque acteur doit jouer efficacement son rôle pour remobiliser les électeurs potentiels   Eddy Trofort Journaliste   Download QR 🠋

Economie

00:21

11 novembre, 2025

[Video] Vol historique à l’aéroport Antoine Simon : Les Cayes reliées au monde par un vol commercial direct

L’aéroport Antoine Simon a vécu un moment d’histoire ce lundi, marqué par les fleurs, le tapis rouge et les rythmes de tambours, pour accueillir le premier vol international commercial de la compagnie IBC Airways en provenance de Miami. Cet événement, très attendu, représente un pas décisif pour le développement et le désenclavement du Grand Sud.   L’atmosphère était à la fête et à la fierté. Sur les visages des responsables et de la population locale, un sourire unanime traduisait l’importance de cette connexion aérienne directe avec l’étranger notamment Miami où résident plusieurs de nos compatriotes. Le vol N-29 IBC qui a attéri à 10h10 du matin, n’a transporté que 30 passagers, au lieu de 50 possibles pour ce voyage inaugural. Mme Daphné France, Présidente de la commission communale des Cayes, a salué cette avancée majeure. « C’est un honneur et une fierté pour l’internationalisation de cet aéroport », a-t-elle déclaré, soulignant que cette initiative offre une alternative cruciale face à l’insécurité qui dissuade de nombreux natifs de la région de revenir au pays.   Le Consul Général d’Haïti à Miami, Yverick Delerme Cyril, a partagé son émotion. « Désormais la ville des Cayes est connectée au monde entier et je n’aurais jamais imaginé que cela se ferait un jour. Maintenant, il nous faut travailler pour agrandir et moderniser l’espace », a-t-il lancé, appelant à améliorer la piste pour permettre à davantage d’avions et de passagers d’utiliser cet axe.   Du côté des opérations, Dimitri Fouchard, Directeur de IBC Airways en Haïti, s’est montré confiant. Il a expliqué que la compagnie dessert désormais le trajet Miami-Cayes les lundi, mercredi et vendredi, et que des vols charters avaient précédé cette ouverture commerciale.   Pour les passagers, comme Francesse, une Haïtienne résidant aux États-Unis, c’est un soulagement immense. « J’ai attendu ce moment pendant deux ans et cela n’a pas de prix », a-t-elle confié, tout en souhaitant une amélioration des services avec des hôtesses pouvant parler créole à bord.   Astrel Joseph, un homme d’affaires et militant du mouvement « Nou Bouke tann », a saisi l’occasion pour plaider en faveur d’une vision plus large. Il a appelé à la création de trois grands pôles aéroportuaires à travers le pays, gérés par un partenariat public-privé, afin de générer des emplois et de désengorger la capitale comme cela a été mentionné dans un document du ministère de la planification en 2010. Malheureusement aucun suivi n’a été fait se désole-t-il.   Ce vol inaugural est l’aboutissement d’une initiative relancée en mars 2025 par M. Leslie Voltaire, ancien coordonnateur du Conseil Présidentiel de Transition (CPT). Si l’événement est célébré avec joie, il rappelle aussi que les travaux de modernisation de l’aéroport ne sont pas encore terminés. Une étude de six mois a été conduite, et la population attend désormais des actions concrètes pour transformer cet espace en un véritable pôle commercial moderne pour le Grand Sud.   Eddy Trofort Download QR 🠋

Sécurité

12:45

7 novembre, 2025

Haïti-Forum sur la violence Communautaire : Le secteur privé, un fer de lance important dans la recherche de la paix

Dans un contexte de crise sécuritaire persistante, Un hôtel à Pétion-ville a servi de cadre à un forum historique pour chercher une réponse nationale à la violence communautaire, le jeudi 6 novembre 2025. Ce forum déroulé autour de l’engagement du secteur Privé a réuni plus d’une centaine d’acteurs clés, allant des forces de l’ordre à la société civile, en passant par le secteur informel et les médias, se sont rassemblés à l’initiative de la Chambre du Commerce et de l’Industrie d’Haïti (CCIH).   L’objectif était de forger une alliance nationale pour réduire la violence communautaire qui paralyse tous les secteurs d’activités du pays.   Loin de se cantonner à un simple échange de discours, ce forum a marqué le début d’une « convergence nationale », comme l’a souligné le Conseiller-Président Frinel Joseph. Il a insisté sur le fait que cette rencontre n’était « pas une simple rencontre institutionnelle mais le début d’une main tendue de tous les secteurs pour reconstruire la Paix ». Un impératif, alors que la violence « ronge le tissu social, détruit l’économie et alimente la souffrance du peuple haïtien », a souligné M. Frinel Joseph.   La Ministre à la Condition Féminine, Pedrica Saint Jean, a placé la barre haut en plaidant pour une inclusion essentielle des femmes dans la recherche de solution à ce fléau qui frappe surtout les filles et les femmes de la société haïtienne. « Il n’y aura pas de Paix tant que les femmes ne sont pas impliquées », a-t-elle déclaré, appelant à une réponse spécifique à la violence basée sur le genre dont elles sont les premières victimes. Elle a également pointé le rôle crucial des médias comme leviers de sensibilisation massive.   Cette vision multidimensionnelle a été reprise par James Monazard, Ministre du Commerce, qui a présenté le contrôle du commerce des armes comme une pièce maîtresse de la stratégie gouvernementale. Une approche qui vise, selon lui, à apporter « des réponses structurelles aux enjeux de sécurité, de cohésion sociale et de respect des droits humains ».   Mais, l’intervention percutante de Mme Aimée Thérèse Diouf du Bureau Intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) a apporté une perspective critique. Elle a lancé un appel solennel au « pardon » et au dialogue, soulignant que « les armes sont dans les mains des gens trop jeunes ». Avec un constat glaçant, elle souligne que 50% des recrutements des gangs sont des enfants.   Son analyse a mis en lumière l’inefficacité d’une réponse purement militaire. Comment rivaliser, lorsque les jeunes recrutés par les gangs gagnent entre 700 et 750 dollars US par mois, soit bien plus que les policiers eux-mêmes ? Mme Diouf a préconisé des alternatives concrètes comme la mise en place d’une école militaire, d’un centre de formation professionnelle pour offrir un avenir à ces jeunes. Elle a aussi plaidé pour une traçabilité rigoureuse des armes dans le Pays. « Les armes ne sont pas arrivées aux mains de ces jeunes comme par magie », s’est-elle questionnée.   Mme Diouf préconise davantage le dialogue que la lutte armée uniquement contre les gangs. « Il faut désarmer les cœurs avant de désarmer les gangs, sinon le problème ne sera que cosmétique », a indiqué la fonctionnaire des Nations-Unies en Haïti expliquant que la haine ne doit pas être le premier mobile dans la lutte contre la violence communautaire.   Face à ce défi, Mme Kerlyne Marseille, Directrice Exécutive de la CCIH, a listé les obstacles rencontrés par les entrepreneurs pour vraiment s’engager dans cette lutte et offrir davantage d’opportunités d’emploi au niveau du secteur privé. Elle a cité notamment l’absence d’incitatifs fiscaux, la méfiance envers les autorités, le déficit de main-d’œuvre qualifiée.   Pour y remédier et ancrer son engagement, le secteur privé propose la création d’une structure permanente de dialogue, une unification de sa voix et une intégration formelle dans les instances de décision. La numérisation et l’organisation graduelle du vaste secteur informel, représenté par les « Madan sara », ont également été identifiées comme des leviers puissants pour intégrer l’économie et réduire les vulnérabilités.   Ce forum, qui s’est achevé sur un dîner en fin d’après-midi, a posé les premières pierres d’un édifice complexe : la paix en Haïti. Les propositions concrètes : traçage des armes, réforme législative, écoles de formation, dialogue inclusif, sont désormais sur la table.   La route sera longue, mais un message fort est passé : la sécurité et la gouvernance sont « deux faces d’une même médaille : la stabilité », comme l’a rappelé Frinel Joseph. Comme l’a annoncé la CCIH, la mobilisation doit continuer avec la tenue d’autres rencontres. Cet espoir, s’il est bien entretenu et le transformer en réalité pourrait faciliter cette convergence inédite et ouvrir enfin une nouvelle page pour Haïti.   Eddy TROFORT Download QR 🠋

Justice

15:58

5 novembre, 2025

Droits Humains bafoués en Haïti : Une ancienne élue a frôlé la mort au tribunal

L’ancienne mairesse de l’Arcahaie, Rosemila Saint-Vil Petit-Frère, a failli perdre la vie le mardi 4 Novembre 2025 au parquet du tribunal de première instance de Port-au-Prince, lors de son audition par le commissaire du gouvernement Me Fritz Patterson Dorval.   Accompagnée de son avocat Me Jean Riboul Casimir, Mme Petit-Frère n’a pas pu répondre aux questions du magistrat. Elle s’est évanouie à deux reprises, selon les déclarations confirmées par Me Dorval lui-même.     Malgré la fragilité de son état de santé, la justice n’a pas accédé aux demandes de ses avocats en habeas corpus pour obtenir sa libération. Plusieurs organisations de femmes avaient pourtant plaidé pour sa remise en liberté, soulignant que l’ancienne mairesse avait passé la majorité de sa détention à l’hôpital. Elle a subi quatre opérations chirurgicales à la tête mais ces faits n’ont pas été pris en compte.   L’ancien député de Kenscoff, Alfredo Antoine, a dénoncé « l’attitude passive de la justice haïtienne » face à ce qu’il qualifie de violation flagrante des droits fondamentaux de Mme Petit-Frère : « Peu importe nos différences politiques, Madame Rosemila Petit-Frère reste avant tout un être humain, une femme, une ancienne élue. Elle a besoin de soins urgents dans un centre hospitalier, sous contrôle des forces de l’ordre. Le respect de la vie et de la dignité humaine fait partie intégrante des droits de l’homme », a-t-il écrit sur sa page Facebook.     Le Directeur exécutif du Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), Pierre Espérance, après une visite à l’hôpital, avait également demandé une main levée en faveur de Mme Petit-Frère, compte tenu de son état critique.   Mme Marie-Yolène Gilles, de la fondation Je Klere, avait tiré la même sonnette d’alarme après une visite à la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ), soulignant l’urgence d’un transfert vers un centre hospitalier spécialisé. Malheureusement, aucune mesure n’avait été prise à temps.   Ce mercredi 5 novembre 2025, le commissaire du gouvernement, Me Fritz Patterson Dorval, a finalement annoncé que Mme Petit-Frère sera autorisée à se rendre à Cuba afin de recevoir des soins médicaux appropriés, après ses deux évanouissements survenus au parquet.   Cette affaire suscite l’indignation de nombreuses organisations féminines, qui dénoncent des motifs politiques non avoués derrière cette détention prolongée. Elles rappellent que Rosemila Petit-Frère est détenue depuis le 13 août 2025, et que son état de santé suscite de vives inquiétudes.   Dans une déclaration commune, plusieurs associations de défense des droits des femmes ont exigé la libération immédiate de l’ancienne mairesse. Lors d’une conférence de presse, elles ont exprimé leur solidarité et dénoncé une détention « injuste et illégale », arbitraire, car aucune preuve ni charge officielle n’a été présentée contre elle.   Selon elles, cette privation de liberté viole les principes élémentaires des droits humains. Les militantes féministes soulignent que les procédures légales n’ont pas été respectées.   À son arrivée à la DCPJ, Mme Petit-Frère ne faisait l’objet d’aucun mandat ni dossier judiciaire. Son cas met en lumière les dysfonctionnements profonds du système judiciaire haïtien, souvent accusé d’être instrumentalisé à des fins politiques.   Ces organisations appellent les instances nationales et internationales de défense des droits humains à intervenir face à ces violations répétées.   « Rosemila Petit-Frère a été mise en garde à vue pour son engagement politique et social envers les femmes et les plus vulnérables », a affirmé Renette Jean, porte-parole de plusieurs organisations féministes, dénonçant une justice à deux vitesses.   Elles rappellent qu’après plus de deux mois de détention à la DCPJ, l’ancienne élue n’avait toujours pas été présentée devant un juge, jusqu’à ce mardi 4 novembre 2025.  Le cas de Mme Petit-Frère s’inscrit dans un contexte judiciaire particulièrement fragile.   Le système pénal haïtien est régulièrement critiqué pour ses lenteurs, son manque de transparence et ses détentions prolongées sans jugement. Le pouvoir judiciaire, miné par des crises internes et des pressions politiques, peine à jouer pleinement son rôle de contre-pouvoir, notamment dans les dossiers impliquant d’anciens responsables politiques.   Cette affaire intervient à l’approche de périodes électorales cruciales, dans un climat politique tendu. Pour plusieurs militantes, il s’agit d’une manœuvre d’intimidation : « Cette attaque ne vise pas seulement Mme Petit-Frère, mais aussi sa famille politique, dans le but de détruire sa vie publique », ont-elles affirmé.   Selon elles, le traitement infligé à Rosemila Petit-Frère relève d’un sexisme politique visant à dissuader les femmes de s’engager dans la vie publique.   « C’est notre droit, c’est notre bataille, c’est notre dignité et notre respect de participer à la vie politique du pays », ont scandé les militantes à la fin de la conférence.   L’ancienne mairesse avait été retenue par les autorités dominicaines le dimanche 10 août, alors qu’elle revenait du Canada.   Elle avait été retenue pendant trois jours avant d’être remise à la police haïtienne à la frontière de Dajabón, le mercredi 13 août, sans qu’aucune charge ne soit formulée contre elle.   Alors que la pression s’intensifie pour que la justice haïtienne respecte ses propres lois, le cas de Rosemila Saint-Vil Petit-Frère est désormais devenu un symbole de la lutte pour les droits des femmes et pour l’indépendance de la justice dans un pays où le respect des droits humains demeure trop souvent un vœu pieux.   Rédaction : Monopole Download QR 🠋

International

13:09

5 novembre, 2025

Zohran Mamdani, le nouveau maire socialiste au coeur du capitalisme américain

Le 4 novembre 2025 restera comme une date marquante dans l’histoire politique new-yorkaise. Ce jour-là, Zohran Mamdani, un socialiste de 34 ans, a été élu maire de New York, la ville phare de la finance mondiale. Son ascension représente un défi direct à l’establishment, tant républicain que démocrate, et incarne les aspirations d’une gauche américaine en quête de renouveau. D’origine indienne et né en Ouganda, Mamdani a immigré aux États-Unis à l’âge de 7 ans. Son parcours résonne avec une partie de l’électorat qui se reconnaît en lui : celui des laissés-pour-compte d’une métropole mosaïque mais devenue inabordable. New York, deuxième ville la plus chère au monde, est en effet le symbole des inégalités qu’il dénonce : un paradis pour les entrepreneurs, mais un enfer pour de nombreux travailleurs qui n’arrivent pas à vivre dignement de leur salaire. Plus de 80% de leurs gains vont au loyer. Son programme est un pavé dans la mare : gratuité des bus, logements accessibles, crèches publiques etc. Autant de mesures conçues pour « couper court à cette forme d’inégalité ». Une vision qui lui vaut des attaques virulentes. L’ancien président Donald Trump l’a qualifié de « jihadiste » et a menacé de couper les fonds fédéraux à la ville. Dans un contexte géopolitique tendu, Mamdani assume pleinement ses origines et ses positions, envoyant un signal clair à ses détracteurs. Si son élection est un coup de tonnerre, la route s’annonce difficile. Au sein même de son parti, l’enthousiasme n’est pas au rendez-vous. Les figures de proue du Parti démocrate, Chuck Schumer et Hakeem Jeffries, leaders de la minorité démocrate au Parlement américain, gardent leurs distances face à des idées jugées trop radicales. L’aile conservatrice du parti voit d’un mauvais œil ce jeune élu qui entend faire de l’État un « outil de progrès social actif » face à « l’agressivité du secteur des affaires ». Déjà, son nom circule pour la présidentielle. S’il n’a pas encore déclaré ses intentions, ses promesses comme celle de retirer Haïti de la liste noire des pays à risque de voyager, dépassent le cadre municipal et trahissent une ambition nationale. Son parcours, comparé à celui d’un Barack Obama à ses débuts, fascine et inquiète. L’ancien président l’a d’ailleurs félicité, mais avec une réserve notable, lui qui n’avait jamais pris autant de distance avec l’establishment économique des Etats-Unis d’Amérique. Pour l’heure, tous les regards sont braqués sur ce jeune leader de 34 ans. Porteur des espoirs d’une classe populaire pour qui le logement est devenu un luxe, il promet de rendre New York plus accessible. Une gageure dans la ville qui ne dort jamais, où chacun rêve de fortune. Entre les promesses et la réalité, Zohran Mamdani aura, certainement, du pain sur la planche. Eddy Trofort

Culture

17:15

4 novembre, 2025

Le film «Des rêves en bateaux papiers» triomphe en Italie

Le réalisateur haïtien Samuel Suffren vient de remporter trois prestigieux prix au Civitanova Film Festival en Italie pour son film Des rêves en bateaux papiers.   L’œuvre s’est distinguée dans les catégories Meilleur film, Meilleur scénario et Meilleur réalisateur, consacrant ainsi le talent et la sensibilité de son auteur.   Sur sa page Facebook, Samuel Suffren a partagé son émotion : « J’ai fait ces films dans la douleur mais aussi dans la joie et le besoin du geste. Merci à tous les comédiens, les techniciens de l’ombre.   Je pense fort à mon ami Jordany, mon collaborateur artistique depuis toujours, parti trop tôt, et aussi à mon frère chéri Suffren Israel. C’est pour vous. »   Une reconnaissance internationale qui confirme la place singulière de Samuel Suffren dans le cinéma contemporain, porté par une vision poétique et profondément humaine. Xaviera R. Élie Download QR 🠋

Société

13:18

4 novembre, 2025

Ouragan Mélissa-Haïti : Le nouveau bilan de la DGPC fait état de 49 morts, l’aide internationale s’organise lentement

Une semaine après le passage de l’ouragan Mélissa dans la Caraïbe, le bilan s’alourdit en Haïti. Selon la Direction de la Protection civile (DPC), la tempête a causé la mort d’au moins 49 personnes, dont 31 à Petit-Goâve, la commune la plus touchée. On dénombre également 13 disparus et 11 blessés, tandis que plusieurs zones demeurent isolées en raison des routes coupées et des infrastructures endommagées.   Les départements de l’Ouest, de la Grand’Anse, des Nippes et du Sud ont subi d’importants dégâts : maisons détruites, ponts effondrés, réseaux électriques endommagés et cultures anéanties. De nombreuses familles ont tout perdu et se réfugient désormais dans des abris improvisés.   Malgré la gravité de la situation, la réponse des autorités tarde à se concrétiser sur le terrain. Des reporters présents à Petit-Goâve rapportent le désarroi des sinistrés qui peinent à recevoir une assistance alimentaire ou sanitaire. Certains témoignent n’avoir reçu « ni eau potable ni nourriture ».   Selon une source gouvernementale, des fonds d’urgence ont été débloqués pour venir en aide aux familles endeuillées et pour financer les funérailles des victimes, prévues vendredi prochain. Toutefois, la logistique reste complexe en raison des routes coupées et du manque de coordination entre les différents services de secours.   Face à l’ampleur des dégâts dans l’ensemble de la région caribéenne, l’Union européenne (UE) a annoncé une enveloppe de 21,5 millions de dollars pour venir en aide aux pays touchés par Mélissa. Sur ce montant, 5 millions de dollars seront alloués à Haïti.   Ces fonds seront canalisés à travers des organisations humanitaires telles que la Croix-Rouge, le Programme alimentaire mondial (PAM) et des ONG locales, afin d’assurer une distribution équitable et rapide de l’aide. L’objectif est de fournir des abris temporaires, de l’eau potable, et des kits de premiers secours aux sinistrés.   De leur côté, les États-Unis, ont dépêché une équipe d’évaluation rapide à Port-au-Prince et annoncent la mise à disposition de matériels d’urgence, notamment des tentes, des générateurs et des rations alimentaires.   La Caricom et plusieurs pays de la région, dont la République dominicaine et Cuba, ont également offert leur assistance logistique. Des équipes de secours régionales pourraient être déployées dans les prochains jours pour soutenir les opérations de recherche et de réhabilitation. Pendant ce temps, la population sinistrée continue de réclamer une aide plus rapide et une meilleure coordination entre les acteurs humanitaires et les autorités locales.   Rédaction / Monopole   Download QR 🠋

Sports

12:38

4 novembre, 2025

Coupe du Monde U‑17-Qatar 2025 : Un début difficile pour les jeunes Grenadiers battus 4-1 par l’Egypte

Les jeunes Grenadiers de la sélection haïtienne U-17 ont connu un départ difficile ce mardi. Opposés aux Pharaons d’Égypte, ils se sont inclinés 4-1. Les Égyptiens ont ouvert le score dès la 3ᵉ minute, puis inscrit un second but à la 11ᵉ.   Nikolai Oliver Pierre réduira l’écart à la 20ᵉ minute, mais ce court avantage n’a pas duré. En seconde période, malgré trois changements orchestrés par le sélectionneur Eddy César, les Haïtiens n’ont pu inverser la tendance et ont concédé deux autres buts, scellant le score à 4-1. Les Grenadiers ont même encaissé un 5e but annulé par le VAR pour faute de main. Ils vont maintenant se tourner vers leur prochain match prévu vendredi, face à Angleterre U‑17.   La Coupe du Monde U-17 de la FIFA se déroule au Qatar du 5 au 27 novembre 2025. La sélection haïtienne s’est qualifiée après avoir terminé 1ʳᵉ du groupe E lors des éliminatoires de la zone CONCACAF, avec un bilan parfait soit trois victoires, 10 buts marqués, aucune encaissée. Le groupe E de ce Mondial comprend Haïti, l’Égypte et l’Angleterre. Il est donc impératif pour les Grenadiers de rebondir rapidement face aux anglais s’ils veulent se qualifier pour le deuxième tour du championnat. Il faut souligne que la sélection haïtienne U-17 en stage de préparation en Espagne a perdu une pièce importante de son jeu. Djouny Théodore Jr., âgé de 16 ans, s’est retiré alors qu’il allait assister au match Barcelone contre Girona avec le groupe. Il a laissé derrière lui son passeport et effets personnels. La Fédération haïtienne de Football a déposé une plainte dans un Commissariat de Barcelone.   Download QR 🠋

Société

16:31

3 novembre, 2025

Catastrophe en Haïti : 30 morts, des milliers de sans-abri, à qui la faute ?

Le bilan est lourd et le cœur aussi. Trente vies emportées, des régions entières réduites à l’état de ruines, et plus de 15 000 familles plongées dans la désolation et le dénuement. L’ouragan Melissa qui a frappé la Caraïbe, laisse un lourd bilan. La Jamaïque, pourtant directement sur la trajectoire du cyclone, déplore  20 morts avec des dégâts matériels considérables. Mais la comparaison est accablante avec notre pays.   On ne parle pas de chance quand il s’agit de gouvernance. La situation apocalyptique que traverse Haïti n’est pas une malchance, c’est le résultat amer de vingt-cinq années d’inconséquence, de marchandage politique et de corruption institutionnalisée. C’est l’aboutissement logique d’une irresponsabilité persistante de dirigeants insouciants.   La population haïtienne, elle, est en première ligne. Les images atroces de maisons emportées dans le lit de rivières en furie, à Petit-Goâve, crient l’ampleur de notre vulnérabilité. Elles révèlent aussi un laisser-faire mortifère, où des familles sont abandonnées à vivre dans des zones à haut risque. Où est donc passé le sens du service public ?   Face à ce drame, la compassion ne suffit plus. Il est urgent de fixer les responsabilités. Certes, l’autorité de l’État est mise à mal par l’insécurité provoquée par les gangs armés, entravant l’action des maires. Mais cette fragilité n’explique pas tout. On assiste, impuissant, à une dérive inquiétante : la transformation de la gestion publique en une chasse aux projets.   Toute action, même la plus élémentaire comme le ramassage des ordures, doit désormais se parer d’un “projet” et quémander des financements étrangers. Pendant ce temps, les taxes et impôts des citoyens, censés financer ces services vitaux, semblent se perdre dans les détours d’une administration obèse et dépensière.   Et que dire du Ministère de l’Environnement, créé en 1995 pour protéger le pays et sa population ? Nous regorgeons d’experts, mais les résultats sont désespérément absents. On s’y plaint d’un manque de budget, tandis que des fonds internationaux existent. L’initiative et la proactivité semblent avoir été sacrifiées sur l’autel de la routine. Alors, à qui la faute ? Les doigts accusateurs se tournent vers un système tout entier. La faute est à cette culture de la passivité qui attend les solutions de l’extérieur. La faute est à cette gabegie qui dilapide l’argent public en dépenses superflues plutôt que de le consacrer à la protection des vies.   La faute est à cette déliquescence qui a transformé l’État, conçu pour servir de rempart, en une coquille vide. Les 30 morts de cette tragédie ne sont pas seulement les victimes d’un ouragan ; ils sont les martyrs d’un État en faillite. Il faut revoir les plans et les priorités, il faut accorder plus de place au respect de la personne et des concitoyens. Il est impératif de prendre des décisions maintenant même si elles ne sont pas populaires.   Nous avons perdu des milliers de vies le 12 Janvier 2010, d’autres durant le Choléra, un peu plus loin lors du tremblement de terre d’Aout 2021 ; des bateaux ont fait naufrage avec des pertes importantes en vies humaines. Tout cela n’a pas servi d’exemples pour mieux planifier et administrer nos villes. Helas !   Eddy Trofort Download QR 🠋

Sécurité

21:12

2 novembre, 2025

Sécurité : la Police nationale lance une vaste opération à Cité à Soleil

Une importante opération de police est en cours dans le vaste bidonville de Cité Soleil, situé au nord-ouest de la capitale haïtienne. Plusieurs unités d’élite de la Police Nationale d’Haïti (PNH), incluant le SWAT, l’UTAG et l’UDMO, ont été déployées dans ce quartier réputé extrêmement dangereux et connu pour être le repaire de plusieurs gangs armés.   Selon les premières informations, cette opération de grande envergure ciblerait spécifiquement le chef de gang surnommé “Jouma”, qui serait dans la ligne de mire des forces de l’ordre. Les interventions se concentrent sur plusieurs quartiers et zones sensibles de Cité Soleil, notamment Village Solidarité, Simon, Pélé, Cité Reno et Cité Militaire.   Bien qu’un bilan officiel de la PNH soit toujours attendu, des sources font état de plusieurs bandits tués lors des affrontements. L’opération vise à démanteler les réseaux criminels responsables des nombreux actes de violence, kidnappings et extorsions qui terrorisent la population depuis plusieurs années dans ce bidonville.   Cette opération s’inscrit dans un contexte sécuritaire extrêmement tendu dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince où les gangs terroristes de « Viv Ansanm » occupent plus de 90% de la Capitale. Ces dernières semaines, la commune de Delmas a connu une recrudescence des actes de Kidnapping, et une montée des actes de violences sur de nouveaux quartiers et paralysant une bonne partie de l’activité économique à l’approche des fêtes de fin d’année.   Les principaux axes routiers, vitaux pour l’approvisionnement de la capitale, font régulièrement l’objet de blocages et d’attaques, entraînant des pénuries et une flambée des prix du transport. Des postes de payage continuent de fonctionner sans trop difficulté représentant un casse-tête pour les chauffeurs qui empruntent la route. Récemment, des chauffeurs de la Commune de Carrefour ont observé un arrêt de travail pour protester contre une augmentation des prix aux postes de payage.   L’opération à Cité Soleil apparaît donc comme une réponse forte de la PNH pour tenter de reprendre le contrôle de ce bastion symbolique de l’insécurité. Son succès ou son échec sera perçu comme un test crucial pour la capacité de l’État à rétablir un minimum d’ordre dans une capitale en proie au chaos alors que le gouvernement prépare l’organisation des élections pour l’année 2026.   Eddy Trofort Download QR 🠋

Politique

20:22

2 novembre, 2025

Ouragan Melissa : deuil national et état d’urgence en Haïti, le bilan s’alourdit dans certaines régions du Pays

Le gouvernement haïtien a décrété trois jours de deuil national, les lundi 3, mardi 4 et mercredi 5 novembre 2025, en mémoire des victimes et des disparus du violent ouragan Melissa qui a frappé le pays et semé la désolation dans plusieurs îles des Caraïbes. Cette décision a été annoncée dans un communiqué vendredi, alors que le bilan ne cesse de s’alourdir.   En hommage aux disparus, le drapeau national sera mis en berne et les discothèques resteront fermées. Les médias sont invités à adapter leur programmation en diffusant de la musique et des émissions de circonstance.   Face à l’ampleur de la catastrophe, l’état d’urgence a été déclaré pour une durée de trois mois, du 3 novembre 2025 au 3 février 2026, dans les départements les plus durement touchés : le Sud, le Sud-Est, la Grand’Anse, les Nippes, l’Ouest et le Nord-Ouest. Cette mesure, selon le gouvernement, a pour but de « faciliter le rétablissement du cours normal de la vie » et d’organiser l’assistance aux populations sinistrées.   Le dernier bilan partiel fourni par la Direction de la Protection civile fait état d’au moins 30 morts, une vingtaine de blessés, plus d’un millier de maisons inondées et 15 000 familles sinistrées. Les régions de l’Ouest et du Sud-Est paient un lourd tribut, avec des infrastructures gravement endommagées.   La situation est également décrite comme « catastrophique » dans la commune de Grande Saline dans l’Artibonite selon des correspondants sur place, tandis que les côtes des Gonaïves ont été durement éprouvées par les intempéries.   L’absence du Conseiller-Président Laurent Saint Cyr, en voyage au Qatar pour des raisons non divulguées, a été remarquée. C’est le Conseiller-Président Leslie Voltaire qui a présidé le Conseil des Ministres extraordinaire chargé d’organiser la riposte. Une absence jugée irresponsable par certains observateurs dans un contexte de crise nationale.   L’ouragan Melissa n’a pas épargné les voisins d’Haïti, laissant un lourd bilan à Cuba, avec de fortes pluies et des vents violents provoquant des inondations importantes dans la province de Guantánamo. Les autorités ont procédé à des évacuations préventives et font état de dégâts considérables sur l’agriculture, notamment les plantations de bananes et de café. Le réseau électrique est coupé dans plusieurs localités.   En Jamaïque, la situation est encore plus catastrophique où l’œil de l’ouragan est passé au large des côtes nord, entraînant des crues soudaines et des glissements de terrain dans des communautés montagneuses. La capitale, Kingston, a été paralysée par des inondations, et les premiers rapports indiquent de nombreux dommages aux habitations et aux routes, isolant plusieurs villages.   Pour Haïti, le prochain bilan complet des dégâts causés par le passage dévastateur de l’ouragan Melissa, est attendu dans les prochaines heures alors que le gouvernement et ses partenaires s’activent à porter secours aux victimes sur le terrain.   Eddy Trofort Download QR 🠋

Politique

14:46

2 novembre, 2025

Lancement du Programme de renforcement des partis politiques, une étape vers des élections dans un contexte incertain

Sans surprise, le Gouvernement a officiellement lancé, le samedi 1er novembre 2025 au Karibe Convention Center, le programme de renforcement des partis politiques en vue des prochaines élections. Cette cérémonie, qui a réuni plusieurs Conseillers-Présidents, des membres du corps diplomatique, des chefs de partis et de la société civile, vise à permettre à plus d’une centaine de partis et des milliers d’adhérents de bénéficier de formations directes dans plusieurs domaines.   Contrairement aux années antérieures, les partis bénéficieront d’un appui technique d’institutions privées dans trois secteurs clés : la gestion managériale, assurée par le Group Croissance ; la communication politique, par DAGMAR S.A ; et la gouvernance et l’éthique, par le Centre pour la Promotion de la Démocratie et l’Éducation participative (CPDEP).   Lors de ce lancement, les acteurs politiques ont également découvert une nouvelle plateforme d’enregistrement des partis mise en place par le Groupe support Informatique et statistique (GSIS). Cette initiative témoigne de la volonté des dirigeants de moderniser le système politique haïtien et de renforcer la transparence.   Si le renforcement des partis constitue une avancée, l’ombre de l’insécurité plane lourdement sur le processus électoral. La tenue d’un scrutin crédible et inclusif représente un défi de taille dans un pays où les gangs étendent leur emprise, rendant périlleux tout déploiement logistique, la campagne électorale et même le déroulement du vote. La question de la sécurisation des centres d’inscription, des bureaux de vote et du matériel électoral, ainsi que la garantie de libre circulation des électeurs et des candidats, reste une épineuse équation non résolue.   Le Conseil Électoral Provisoire (CEP), dirigé par le journaliste senior Jacques Desrosiers, a malgré tout mis à disposition des partis l’avant-projet de décret électoral. Ces derniers ont jusqu’au lundi 10 novembre pour soumettre leurs observations sur ce document, fruit de deux semaines de travail intense.   Dans son discours de circonstance, le Conseiller-Président Emmanuel Vertilaire a rappelé une réalité criarde : « Depuis 9 ans, il n’y a pas eu d’élections dans le pays. L’organisation des élections à des intervalles réguliers constitue un indicateur clé pour évaluer la démocratie ». Un constat qui souligne l’urgence de la situation. Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a, pour sa part, réaffirmé l’engagement du gouvernement à accompagner toutes les forces politiques vers un retour à l’ordre constitutionnel. « La démocratie se construit par la formation, la concertation et la responsabilité partagée », a-t-il déclaré. Des séances de formation sont d’ailleurs prévues dans les départements de l’Ouest, du Sud et du Nord dès ce mois de novembre.   Un calendrier électoral provisoire est attendu pour la mi-novembre. Cependant, dans une interview récente, le président du CEP, Jacques Desrosiers, a tempéré les attentes en indiquant clairement que les élections ne pourraient pas se tenir avant la fin de l’année. Cet aveu reflète les immenses défis pratiques, la sécurisation du processus étant un préalable incontournable que les autorités peinent encore à garantir.   La faisabilité du scrutin reste toutefois hypothéquée par deux obstacles majeurs. Le premier est l’insécurité endémique, qui rend tout processus électoral extrêmement périlleux. Le second réside dans la prolifération de partis politiques, un phénomène qui mine la crédibilité du système.   En effet, nombre de ces formations sont des structures fantômes, sans réelle assise, sans adhérents et souvent réduites à l’administration d’un seul individu, ce qui pose la question de leur légitimité et de leur rôle dans une démocratie naissante.   Eddy Trofort       Download QR 🠋

Météo

14:15

31 octobre, 2025

Ouragan Melissa : Nouveau bilan en Haïti, craintes d’épidémies et reprise progressive des activités

Le passage dévastateur de l’ouragan Melissa a laissé derrière lui un lourd bilan humain et matériel en Haïti. Selon les dernières informations communiquées par la Protection civile, on dénombre 30 morts, 20 blessés, plus d’un millier de maisons inondées et environ 15 000 familles sinistrées. Si l’alerte rouge et orange a été levée sur l’ensemble du territoire, la situation reste critique dans plusieurs régions, avec des risques sanitaires grandissants.   Malgré les dégâts importants, une normalisation progressive est observée. Les activités scolaires ont officiellement repris sur l’ensemble du pays. De plus, les activités en haute mer peuvent reprendre : la Direction de la Protection civile a annoncé une météorologie désormais favorable, et le Service maritime et de Navigation d’Haïti (SEMANAH) a levé les restrictions concernant le cabotage. Les vols interurbains devraient également reprendre progressivement au niveau des aéroports du pays.   La situation épidémiologique suscite de vives inquiétudes. Le ministre de la Santé publique, Sinal Bertrand, s’est rendu à l’hôpital public Eliazar Germain de Pétion-Ville pour évaluer la situation. Il était accompagné du Dr Helman Cénéus, responsable de l’épidémiologie, de la recherche et des laboratoires à la Direction sanitaire de l’Ouest. La commune ayant déjà enregistré plusieurs cas de choléra, les inondations généralisées pourraient aggraver la propagation de maladies hydriques.   « La situation pourrait s’empirer après le passage de l’ouragan Melissa, qui a provoqué des inondations un peu partout dans le pays », a souligné le ministre Bertrand. Il a ajouté que plusieurs équipes du Ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP) étaient déjà mobilisées pour venir en aide aux habitants des zones les plus sévèrement touchées.   Face à l’ampleur des dégâts, les autorités font face à un double défi : coordonner les secours d’urgence tout en anticipant une crise sanitaire potentielle. La priorité est d’apporter une aide immédiate aux 15 000 familles sinistrées, tout en renforçant la surveillance et la prévention des épidémies, dans un contexte déjà fragilisé.   La communauté humanitaire est en alerte, mais les besoins sur le terrain restent immenses. La reconstruction, tant des infrastructures que des vies brisées, s’annonce comme un défi de longue haleine pour le pays, déjà éprouvé par de multiples crises.   Eddy Trofort Download QR 🠋

Culture

11:17

30 octobre, 2025

Le Grand Prix du Roman de l’Académie française 2025 couronne Passagères de nuit de Yanick Lahens

Le Grand Prix du Roman de l’Académie française 2025 a été attribué à Passagères de nuit, le nouveau roman de Yanick Lahens, publié aux Éditions Sabine Wespieser. La prestigieuse distinction vient saluer une œuvre habitée par la grâce du récit et la puissance de la mémoire, entre Nouvelle-Orléans et Port-au-Prince, au XIXᵉ siècle.   Empêchée de se rendre à Paris en raison de difficultés administratives sur le continent américain, l’écrivaine haïtienne a exprimé, depuis la distance, toute sa gratitude envers les académiciens. Son discours de remerciement a été lu, au nom de l’autrice, par son éditrice Sabine Wespieser, dans la grande salle de l’Institut de France.   « Je reçois cette distinction avec d’autant plus de surprise qu’il s’agit d’un roman écrit à des milliers de kilomètres de Paris et qui évoque la Nouvelle-Orléans et Port-au-Prince au XIXᵉ siècle », a déclaré Yanick Lahens dans le texte lu pour elle.   « Cette distinction me conforte dans l’idée que la littérature est encore dotée d’un pouvoir immense, celui de transcender le temps et l’espace. De faire fi des frontières qui nous enferment pour nous faire grandir. »   Dans une envolée poétique et profondément humaniste, l’autrice, déjà lauréate du prix Femina en 2014 pour Bain de lune, a rappelé la mission essentielle de la littérature : relier les êtres au-delà des blessures du monde.   « Il me faut de la force pour avancer avec, pour seule boussole, l’idée d’une humanité partagée et, comme seule arme, des mots. Juste une poignée de lucioles lancée dans la nuit. […]   Aujourd’hui plus que jamais nous avons tant besoin de nous décentrer pour nous retrouver. » Par la poésie de son écriture et la portée universelle de ses personnages, Passagères de nuit réaffirme la capacité du roman à traverser les continents et à éclairer notre humanité commune.   Xaviera R. Élie   Download QR 🠋

Coopération

10:43

30 octobre, 2025

Les Etats-Unis annoncent une aide substantielle aux Pays frappés par les intempéries

Après le passage de l’ouragan Melissa dans les Caraïbes, le bilan est lourd. Rien qu’à la Jamaïque, les dégâts dans les infrastructures sont énormes. Des Ponts entiers coupés, les voies de communications inaccessibles. Pertes en vies humaines. En Haïti, les autorités ont dressé un lourd bilan avec 24 morts, 18 disparus, 506 maisons détruites ou endommagées suite aux inondations. Plus de 11 000 familles ont pris refuges dans d’autres espaces dont 3000 environ dans des abris provisoires.   Dans une déclaration rendue publique mercredi par l’Ambassade des États-Unis en Haïti, le Secrétaire d’État américain, Marco Rubio, exprime sa solidarité au peuple haïtien et les autres pays frappés par les intempéries notamment la Jamaïque, les Bahamas et la République.   « Des équipes de secours et d’intervention sont en route vers les zones sinistrées, acheminant également du matériel de première nécessité », a indiqué la note de l’ambassade signée du Secrétaire d’Etat Marco Rubio. Il faut rappeler qu’à l’arrivée de la nouvelle Administration à la Maison Blanche, le Président Donald Trump avait signé des décrets ordonnant des coupes significatives de l’aide américaine à l’étranger. Plusieurs bureaux de l’USAID ont été fermés dans le monde.   La Direction de la Protection civile en Haïti a souligné que 1156 familles sont sinistrées après le passage de l’ouragan Melissa aujourd’hui rétrogradé en catégorie 2 et qui continue sa route vers l’océan Atlantique. Des dégâts énormes ont été signalés dans la ville de Petit-Goave qui a concentré plus de 90% des décès soit 20 morts en majorité des enfants emportés par le débordement de la rivière « la Digue ». On signale également la disparition de 18 personnes.   Le Gouvernement s’est réuni en urgence pour planifier les interventions immédiates notamment au niveau des infrastructures qui seront prises en charge par le Ministère des travaux publics, l’Agriculture et l’élevage à la charge du ministère de l’agriculture et des ressources naturelles. Soulignons que plusieurs têtes de bétail et des cultures entières ont été emportées par les rivières en crue.   Pour les interventions humanitaires, le Fond d’assistance économique et sociale (FAES) est chargé de distribuer de l’eau et de la nourriture aux familles dans les abris. Toutefois, le gouvernement s’accorde avec les partenaires internationaux pour coordonner l’aide pour rendre plus efficaces les interventions dans les communautés affectées.  Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies en Haïti (OCHA) a déjà annoncé la mobilisation de quatre (4) millions de dollars à cette fin. Toutefois, l’enveloppe gouvernementale pour assister les victimes n’est encore révélée.   Eddy Trofort Download QR 🠋

Météo

12:05

29 octobre, 2025

Le Bilan s’alourdit à Petit-Goave, 20 morts selon les autorités et les recherches continuent

Environ 25 morts dans la ville de Petit-Goave et une dizaine de disparus, c’est le premier bilan du passage de l’ouragan Melissa rétrogradé en catégorie 3. Ces inondations meurtrières sont enregistrées dans l’Ouest d’Haïti. L’ouragan qui n’a pas frappé directement l’île, poursuit sa route vers le nord-ouest.   La ville de Petit-Goâve est en deuil. Alors que l’oeil de l’ouragan Melissa a épargné Haïti, ses pluies diluviennes ont provoqué une tragédie humaine et matérielle dans la localité, faisant environ 25 morts et une dizaine de disparus, selon un bilan provisoire communiqué par les autorités locales et confirmé par des journalistes sur place.   L’ouragan a particulièrement frappé la cité Faustin Soulouque, où la rivière la Digue, à l’entrée principale de la ville, a submergée les résidents qui se trouvent autour d’elle. La rivière en crue a emporté sur son passage plusieurs habitations, tragiquement construites dans le lit de la rivière. « Les victimes habitaient le long de la rivière. C’est une vraie catastrophe », ont confirmé des témoins du centre-ville, soulignant l’ampleur du désastre.   Si l’œil du cyclone n’a pas touché le pays, le phénomène météorologique n’a pas fini de menacer la région du Grand Sud d’Haïti toujours en alerte rouge. De fortes pluies se sont abattues encore ce mercredi sur cette région du Pays, alimentant les craintes de nouvelles inondations et de glissements de terrain.   L’ouragan Melissa, qui a balayé la Jamaïque mardi, a été rétrogradé en catégorie 3. Il génère des vents maximums soutenus de 165 km/h et continue sa progression vers le nord-ouest, s’éloignant progressivement d’Haïti. Les autorités maintiennent néanmoins une alerte rouge pour plusieurs départements, dont les Nippes, la Grand’Anse, le Sud-Est, le Sud et l’Ouest, en raison des risques persistants d’inondations soudaines.   Les conséquences se font déjà sentir ailleurs dans le pays. À Jacmel, dans le Sud-Est, plusieurs maisons ont été inondées, contraignant les résidents des zones côtières à être relocalisés en urgence.   La Direction de la Protection civile n’a pas encore établi un bilan définitif de la situation. Cependant, les premières observations laissent présager des dégâts économiques considérables, susceptibles de se chiffrer en millions de dollars. Les secteurs de l’agriculture et de l’élevage, vitaux pour la région, pourraient subir des pertes énormes, venant alourdir le terrible tribut payé en vies humaines.   Eddy Trofort   Download QR 🠋

Culture

23:49

28 octobre, 2025

20 ans de passion partagée : la DNL et le BHDA fêtent leur histoire commune

Ballons multicolores, planches affichant des vers du poète centenaire René Depestre, livres exposés un peu partout à l’entrée de la Direction Nationale du Livre (DNL) sur la route de Bourdon, service d’accueil et tables garnies pour la restauration gratuite des visiteurs : le décor était planté pour la réussite de la célébration commune de deux institutions au destin lié, dirigées par Ernst Saint Louis.   Artistes, journalistes, musiciens, étudiants et élèves ont défilé sur la cour de la DNL pour participer à cette magnifique fête dédiée à la littérature et à l’art. L’écrivain Marc Exavier y animait un atelier littéraire autour des œuvres de René Depestre, à l’intention d’élèves venus de plusieurs établissements scolaires de la capitale.   « On lit très peu les œuvres de René Depestre en Haïti, alors que dans certains pays africains, ses livres sont devenus une véritable dévotion quotidienne », a fait remarquer Marc Exavier.   L’ancien directeur général de la Radio Nationale d’Haïti a profité de l’occasion pour encourager les jeunes à lire, soulignant que : « Ceux qui ne lisent pas de livres sont ceux qui n’ont pas de monde ».   Me Maxène Dorcéan, responsable juridique du BHDA, a souligné que les activités de l’institution s’inscrivent dans une série d’initiatives visant à promouvoir les messages que l’organisme, chargé de la protection des créateurs, souhaite diffuser. « La DNL et le BHDA entendent marcher main dans la main afin de renforcer la lutte contre le piratage des œuvres en Haïti », a-t-il déclaré.   Il a également mis en garde ceux qui exploitent les créations artistiques : « Que ceux qui utilisent les œuvres s’assurent de le faire conformément à la loi », a rappelé Me Dorcéan.   Enfin, l’homme de loi a encouragé les créateurs à enregistrer leurs œuvres auprès du BHDA afin de bénéficier d’une protection optimale. Selon lui, les problèmes du pays sont en grande partie liés à un manque de connaissance de soi, conséquence directe du fait que de nombreux dirigeants ne lisent plus les écrivains haïtiens. Cette célébration a ainsi permis de remettre à l’honneur René Depestre, né en août 1924, qui fêtera ses 102 ans en 2026.   À l’occasion de cet anniversaire, un espace spécial a été aménagé pour permettre aux créateurs d’enregistrer gratuitement leurs œuvres auprès du Bureau Haïtien du Droit d’Auteur (BHDA). Les activités ne se sont pas limitées aux expositions et conférences : dans l’après-midi, les employés des deux institutions ont participé à une fête conviviale, et la journée s’est clôturée par un gala en l’honneur d’invités spéciaux du monde de la culture.   Ce coup de projecteur sur la DNL et le BHDA vient raviver un secteur littéraire en difficulté depuis plusieurs années. Le BHDA a parfois eu du mal à attirer les créateurs, tandis que la DNL a peiné à s’imposer dans le paysage culturel haïtien.   Cependant, plusieurs employés ont rappelé que le passage de l’ancien ministre de la Culture, Jean Emmanuel Jacquet, à la tête de la DNL, avait contribué à redynamiser les Centres de lecture et d’animation culturelle (CLAC) dans plusieurs villes de province, offrant ainsi à de nombreux jeunes la possibilité de découvrir les auteurs haïtiens.     La journée de célébration s’est achevée en beauté par une soirée de gala élégante, à laquelle ont pris part plusieurs personnalités éminentes du monde de la culture, parmi elles le ministre Patrick Delatour, l’ancien ministre de la Culture Pierre Raymond Dumas et le Directeur général du Théâtre National Yves Pénel.   L’événement, empreint de convivialité et de fierté nationale, a réuni écrivains, musiciens, plasticiens, danseurs et acteurs autour d’un même idéal : mettre en valeur la richesse de la culture haïtienne et rendre un hommage mérité à René Depestre, encore vivant et âgé de 101 ans. Toutefois, le Directeur de la DNL et du BHDA Ernst Saint Louis a fait observer une minute de recueillement en mémoire d’une autre figure de la culture Michel Philippe Lerebours décédé au cours du week-end.   La soirée s’est poursuivie avec une manifestation artistique vibrante, où plusieurs troupes de danse traditionnelle ont fait revivre les rythmes et symboles qui forment l’âme du pays. Au son des tambours, les danseurs ont interprété des chorégraphies inspirées du rara, du yanvalou et du petwo, expressions vivantes du patrimoine spirituel et musical d’Haïti.   Ces prestations, mêlant chants créoles, tambours et costumes colorés, ont rappelé la profondeur de la culture haïtienne, une culture forgée dans la résistance, la foi et la créativité. De la poésie de René Depestre la DNL et le BHDA pour leurs 20 ans ont su transformer l’inquiétude et la douleur provoquées par l’ouragan Melissa en beauté à travers l’histoire de la Littérature haïtienne, l’âme de cette terre éternisée par la plume de l’auteur d’Hadriana dans tous mes rêves.   Eddy Trofort Journaliste.         Download QR 🠋

Météo

14:53

28 octobre, 2025

Météo : L’ouragan Melissa frappe sévèrement la Jamaïque, déjà trois morts, Haïti l’alerte rouge maintenue

L’ouragan Melissa, frappe sévèrement le mardi 28 Octobre la Jamaïque avec des vents violents de 265 Km par heure. Plusieurs bâtiments à Kinston sont durement touchés et les infrastructures sérieusement endommagées.   Avant l’arrivée de l’ouragan, les autorités avaient déplacé plus d’un million de personnes dans les zones côtières. La Croix-Rouge qui accompagne les autorités jamaïcaines prévoit des dégâts majeurs lors du passage de l’ouragan qui a atteint le niveau 5 depuis lundi.   L’intensité des vents a déjà causé la mort de trois personnes sur l’ile de la Jamaïque ont indiqué les autorités locales. En Haïti, le secteur agricole et l’élevage sont durement touchés avec de fortes pluies qui s’abattent sur la région du Grand Sud. La Direction de la Protection civile a évacué plusieurs milliers de personnes sur les côtes Sud.   Melissa continue sa route dans les Caraïbes. Après la Jamaïque, l’ouragan devrait frapper la partie Est de Cuba avant de se diriger sur l’Océan atlantique touchant au passage plusieurs autres iles selon les prévisions. Mais, rien n’est encore arrêté avec la trajectoire incertaine de Melissa. Les autorités haïtiennes maintiennent l’alerte rouge pour les régions du Grand Sud et l’Ouest en alerte Orange.   En République Dominicaine, plusieurs villes ont subi des dégâts considérables. Plusieurs centaines de maisons sont inondées. Selon les premières estimations rapportées par la Presse, il y aurait des pertes évaluées à des centaines de millions de dollars. Des images circulant sur les réseaux sociaux montrent des résidents perchés sur leur toit en raison de la montée des eaux. Plusieurs régions sont privées d’électricité.   Le listin Diario rapporte que le Centre des opérations d’urgence (COE) maintient quatre provinces en alerte rouge, dix provinces et le District national en alerte jaune et neuf provinces en alerte verte en raison du puissant ouragan Melissa de catégorie 5.   ET/Monopole Download QR 🠋

Météo

11:42

26 octobre, 2025

Météo : La Tempête Tropicale Melissa se transforme en ouragan de catégorie 5 et couvre entièrement la Jamaïque

Ce lundi matin, la tempête tropicale Melissa s’est transformée en ouragan de catégorie 5 après une position quasi-stationnaire dans la mer des Caraïbes notamment entre la Jamaïque, Haïti et Cuba. Cette position a apporté plusieurs jours pluies en Haïti, en République dominicaine, en Haïti, en Jamaïque et une partie de Cuba et des inondations considérables. Ce lundi, le système traverse plus rapidement la Jamaïque et la couvre ebtièrement.   En Haïti, les autorités ont dénombré trois morts et plusieurs blessés suite à des glissements de terrain et la chute d’arbres. Les côtes Sud d’Haïti qui sont régulièrement touchées par des ouragans restent menacées avec des rafales de vents et de fortes pluies.   La Protection civile, l’UHM et le service maritime et de navigation d’Haïti (SEMANAH) ont maintenu l’alerte rouge et demandé à la population de suivre scrupuleusement les consignes des autorités lors du passage de l’ouragan Melissa.   Jusqu’à  dimanche, la trajectoire de l’Ouragan reste incertaine. Son déplacement très lent vers le nord-est et le nord génère une grande quantité de pluie dans la région Sud d’Haïti. La Jamaïque, Haïti et Cuba sont les iles menacées par l’Ouragan qui se renforce de plus en plus. Melissa, la 13e tempête tropicale de la saison, pourraient persister plusieurs jours dans les zones touchées.   Selon le Directeur de la Protection civile en Haïti, Emmanuel Pierre, Melissa a causé des dégâts matériels. La crue de la rivière Saint Martin, a détruit un pont à Sainte Suzanne, dans le Nord-Est. Dans la commune de Port-de-Paix plusieurs habitations ont été endommagées.   Les responsables de la protection civile de la Protection civile, ont rappelé que Melissa représente toujours un danger pour le pays. Les mesures de prudence restent de mise.   ET/Monopole Download QR 🠋

Météo

11:46

24 octobre, 2025

Tempête Melissa dans les Caraïbes : Haïti compte ses premières victimes, la Jamaïque et Cuba en alerte maximale

La tempête tropicale Melissa, présente dans la mer des Caraïbes, augmente rapidement en puissance, et les autorités de plusieurs îles se mobilisent face à une menace majeure. Selon le National Hurricane Center (NHC), Melissa pourrait se transformer en ouragan dès ce samedi et devenir un « ouragan majeur » d’ici dimanche.   Haïti enregistre ses premières victimes à la suite du passage de la tempête tropicale Melissa dans le Grand Sud. Avançant lentement le long des côtes sud d’Haïti, Melissa a déjà causé la mort d’un homme âgé, tué par la chute d’un arbre. Et les correspondants sur place dans le Sud rapportent plusieurs blessés.   Le 24 octobre, Melissa était localisée à environ 265 km au sud-sud-est de Kingston, Jamaïque et à environ 445 km au sud-ouest de Port‑au‑Prince, Haïti. Le déplacement reste très lent, ce qui augmente le risque : en Jamaïque, le système pourrait rester proche des côtes pendant plusieurs jours, alimentant des pluies diluviennes.   Les zones les plus menacées pour le moment sont le sud de la Jamaïque, la péninsule sud-ouest d’Haïti jusqu’à Port‑au‑Prince et l’est de Cuba. Des alertes ouragan ou tempête tropicale sont déjà en vigueur dans ces pays.   Entre 200 à 300 mm de pluie sont attendus dans le sud d’Haïti, l’est de la Jamaïque et le sud de la République Dominicaine d’ici dimanche. Des risques d’inondations et glissements de terrain dans les zones montagneuses d’Haïti et de la Jamaïque augmentent fortement. Le NHC parle d’inondations « catastrophiques » possibles en Haïti. Des rafales de vents et la montée de la mer sont à craindre, avec la possibilité de transformation de la tempête en catégorie 3 ou 4.   Pour les habitants des zones menacées en Haïti, à la Jamaïque et à Cuba, sont invités à consulter régulièrement les notifications du NHC, des services météorologiques locaux et des autorités civiles. Les résidents de la Région du Grand Sud d’Haïti doivent préparer des kits d’urgence avec lampe de poche, piles, radio, eau potable, au moins pour 3 jours, des vivres non périssables, documents importants et des médicaments.   La tempête Melissa présente un danger sérieux : sa lente progression signifie un impact prolongé plutôt qu’un passage rapide. Les Pays de la Caraïbe, notamment Haïti, doivent redoubler de vigilance. Si elle atteint l’ouragan majeur comme prévu, l’impact pourrait dépasser les simples pluies torrentielles comme les inondations massives, les routes coupées, et un isolement de communautés entières des villes touchées.   ET/Monopole Download QR 🠋

Coopération

13:28

23 octobre, 2025

Haïti : La communauté internationale décrète l’urgence des élections en Haïti pour mettre fin à la transition

Le Conseil de sécurité de l’ONU a tiré la sonnette d’alarme, mercredi, enjoignant aux dirigeants haïtiens d’accélérer d’urgence la transition politique. L’objectif : rétablir la sécurité et organiser des élections avant l’échéance du 7 février 2026, qui marquera la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT).   Devant les membres du Conseil, le représentant spécial du Secrétaire général pour Haïti, Carlos Ruiz Massieu, n’a pas caché son inquiétude. « Le temps de la transition est compté. Je crains qu’une voie stable vers le rétablissement de la gouvernance démocratique ne se dessine pas encore », a-t-il déclaré, soulignant le retard pris par le processus électoral.   Carlos Ruiz Massieu, a aussi exprimé sa vive préoccupation face à la lenteur du processus. « Le processus politique est entré dans les derniers mois des actuelles dispositions de gouvernance transitoire, lesquelles prévoient le transfert de l’autorité à des responsables élus d’ici au 7 février 2026. L’horloge de la transition tourne. Je suis préoccupé par le fait qu’une voie stable vers le rétablissement d’une gouvernance démocratique n’ait pas encore émergé », a-t-il déclaré devant le Conseil.     Si des progrès techniques sont enregistrés, avec plus de 1 300 centres de vote identifiés et un budget de 137 millions de dollars prévu pour le premier tour, l’insécurité reste un obstacle paralysant. Un rapport de l’ONU fait état de 2 123 victimes de violences liées aux gangs entre juin et août, les départements de l’Artibonite et du Centre étant les plus touchés.   La communauté internationale a multiplié les appels à la responsabilité. L’ambassadeur américain, Mike Waltz, a insisté sur le rôle crucial de la classe politique et du secteur privé haïtiens. Le Royaume-Uni, lui, a plaidé pour un renforcement des sanctions contre les soutiens des gangs.     Face à cette urgence, Éricq Pierre, Représentant permanent d’Haïti auprès des Nations Unies, a plaidé pour un renforcement du mandat du BINUH afin d’appuyer davantage les efforts nationaux de pacification et de réinsertion.   Toutefois, en coulisses, les désaccords persistent sur la structure même de la transition. Les propositions divergent : réduire la taille du CPT, nommer un juge à sa tête, ou même prolonger son mandat d’un an pour repousser les élections à octobre 2026.   Malgré ces tensions, Laurent Saint-Cyr, coordonnateur du CPT, assure que la tenue des élections est une « priorité nationale ». Il a confirmé que les travaux se poursuivaient pour finaliser le calendrier électoral et sécuriser un financement complémentaire.   À moins de quatre mois de l’échéance, Haïti se trouve à un carrefour décisif : opérer un retour à l’ordre démocratique ou s’enliser dans une crise institutionnelle sans fin.   Rédaction / Monopole   Download QR 🠋

Météo

18:28

22 octobre, 2025

Haïti en alerte maximale : Melissa se renforce et frappe déjà une bonne partie de la côte sud du Pays

Haïti est entrée en état de vigilance orange face à la progression inquiétante de la tempête tropicale Melissa, qui gagne en puissance dans les Caraïbes et menace de se transformer en ouragan dans les prochaines 24 heures. Les autorités redoutent particulièrement des inondations catastrophiques.   Selon le Centre national des ouragans de Floride, Melissa poursuit sa lente progression vers l’ouest. À la mi-journée, l’épicentre de la tempête était situé à environ 510 km au sud-sud-ouest de Port-au-Prince et à égale distance de Kingston, en Jamaïque. Se déplaçant à seulement 4 km/h, le système génère des vents soutenus de 80 km/h. Cette lenteur accroît le risque de précipitations prolongées et dévastatrices sur les terres qu’elle touchera.     Le Grand Sud haïtien, comprenant les départements du Sud, du Sud-Est, des Nippes et de la Grand’Anse, est déjà en état d’alerte. Des forts vents et de fortes pluies s’abattent sur la région, provoquant les premières inondations. En prévision de l’intensification du phénomène, la Direction de la Protection civile a décrété l’alerte orange et suit la situation heure par heure.   Par mesure de précaution, le Service Maritime et de Navigation d’Haïti (SEMANAH) a immédiatement suspendu toutes les activités de cabotage à travers le pays, en raison de la mer démontée et des violentes rafales de vent enregistrées depuis ce mercredi matin.   L’île d’Haïti toute entière touchée   La menace s’étend à l’ensemble de l’île. En République Dominicaine, dans la partie est, de fortes pluies ont déjà provoqué des inondations significatives, entraînant la fermeture d’écoles et endommageant sérieusement les réseaux d’eau potable. La situation météorologique devrait encore se dégrader jeudi, avec l’arrivée de vents plus violents sur les côtes sud et sud-est d’Haïti.   Les inondations restent la plus grande menace pour Haïti, un risque amplifié par la montée des eaux liée au changement climatique. Les dernières prévisions des météorologues sont alarmantes : Melissa pourrait atteindre la catégorie 3, celle des ouragans majeurs, ce week-end ou en début de semaine prochaine.   Face à cette menace croissante, la Direction de la Protection civile en Haïti renouvelle ses appels à la population pour la mettre en garde et l’invite à suivre scrupuleusement les consignes de sécurité. ET/Rédaction-Monopole     Download QR 🠋

International

14:40

20 octobre, 2025

Nations Unies–80 ans d’existence : entre célébration, réforme et défis mondiaux notamment la violence et la pauvreté

Les Nations Unies célèbrent cette année leur 80e anniversaire, marquant huit décennies d’efforts pour la paix, le développement et les droits humains depuis leur création à la fin de la Seconde Guerre mondiale en 1945 selon les propos de son Secrétaire Général Antonio Guterres.   Sous le thème « Mieux ensemble : 80 ans pour la paix, le développement et les droits humains », cette commémoration intervient dans un contexte mondial marqué par les tensions géopolitiques, les crises économiques et climatiques, ainsi qu’une remise en question du multilatéralisme.   Un appel à la réforme face aux crises mondiales Dans un message vidéo préenregistré, le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a souligné le rôle essentiel de l’organisation dans la lutte contre la pauvreté, les inégalités et la violence. Il a également lancé un appel vibrant à une réforme en profondeur du système onusien, estimant que ‘’pour relever les défis d’aujourd’hui, l’ONU doit s’adapter, se moderniser et rester fidèle à ses valeurs fondatrices de solidarité et de coopération internationale’’.   Les célébrations de ce 80e anniversaire mettent en lumière les grandes réalisations de l’Organisation depuis 1945, mais aussi ses limites, notamment face aux blocages persistants au sein du Conseil de sécurité, dominé par cinq puissances nucléaires (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni). Plusieurs États membres réclament aujourd’hui une révision de la Charte des Nations Unies afin de rendre cette instance plus représentative, plus démocratique et plus efficace.   Haïti, membre fondateur des Nations Unies, incarne à bien des égards les paradoxes et les échecs de l’organisation. Depuis plusieurs décennies, le pays a été le théâtre de multiples interventions onusiennes, censées restaurer la sécurité et favoriser la stabilité politique, sans résultats durables.   Parmi ces missions figurent : La Mission des Nations Unies en Haïti (UNMIH) (1993-1996), déployée pour appuyer le retour du président élu Jean-Bertrand Aristide. La Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) (2004-2017), la plus longue et la plus marquante, sous commandement brésilien, qui a pris fin dans la controverse, notamment après l’introduction du choléra ayant causé 8000 morts et touché 300000 haïtiens. La Mission d’appui à la justice (MINUJUSTH) (2017-2019), puis le Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH), encore actif aujourd’hui, axé sur le soutien à la police et aux institutions.   Malgré ces initiatives, le pays s’enfonce dans une crise sans précédent. La capitale, Port-au-Prince, est largement contrôlée par des groupes armés, responsables de milliers d’enlèvements, de viols et d’assassinats. Les structures de l’État sont quasi paralysées, et plus de 5.7 millions d’Haïtiens dépendent désormais de l’aide humanitaire selon les chiffres des Nations-Unies. Les écoles et les hôpitaux fonctionnent au ralenti, tandis que l’économie nationale s’effondre sous le poids de la violence et de la corruption.   Face à cette situation dramatique, le Conseil de sécurité a récemment autorisé la création de la Force de suppression des gangs (GSF), destinée à remplacer la mission multinationale précédente dirigée par le Kenya. Mais de nombreux observateurs doutent de l’efficacité de cette nouvelle structure, estimant qu’aucune mission onusienne n’a jusqu’ici permis de redresser durablement le pays. Une force qui pourrait se déployer en Avril 2026.   Haïti apparaît ainsi comme un miroir des faiblesses de l’ONU : une organisation capable d’intervenir, mais souvent impuissante à produire un changement structurel. Alors que l’ONU célèbre ses 80 ans, le cas haïtien rappelle l’urgence d’une réforme en profondeur du système international, pour que la promesse de « paix et de sécurité pour tous » ne soit pas un slogan de plus.   La rédaction / Monopole Download QR 🠋

Sécurité

17:02

19 octobre, 2025

L’ONU renouvelle les sanctions contre Viv Ansanm et alliés à Port-au-Prince

Le Conseil de sécurité des Nations Unies a voté à l’unanimité, vendredi, la prolongation du régime de sanctions imposé aux groupes armés en Haïti. Ces mesures comprennent le gel des avoirs, l’interdiction de voyager et un embargo sur les armes, dans le but de freiner l’escalade de la violence des gangs qui ravage le pays.   Cette décision fait suite à la transition de la Mission multinationale de soutien à la sécurité en Haïti (MSS) vers la nouvelle Force d’élimination des gangs (GSF), approuvée le 30 septembre dernier sous l’impulsion des États-Unis et du Panama.   La représentante américaine Jennifer Locetta a salué cette reconduction, estimant que les sanctions demeurent « indispensables pour promouvoir la sécurité en Haïti et dans la région ». Elle a précisé que l’embargo sur les armes vise à empêcher la circulation d’armes et de munitions vers les acteurs non étatiques et les groupes criminels.   Mme Locetta a également rappelé que les États-Unis ont récemment ajouté sur leur liste noire Dimitri Hérard, impliqué dans le complot ayant conduit à l’assassinat du président Jovenel Moïse en juillet 2021, ainsi que Kempes Sanon, accusé d’alimenter la violence à la tête du gang Bel-Air.   Pour le Panama, les sanctions constituent un levier essentiel pour briser la spirale de la violence. Le député panaméen Ricardo Moscoso a affirmé : « Ce renouveau nous rapproche d’un objectif commun : un Haïti sans armes, plus sûr et en paix. »   De son côté, le représentant de la Sierra Leone, Michael Imran Kanu, a insisté sur l’importance de l’embargo : « Le flux incontrôlé d’armes exacerbe la crise sécuritaire et favorise les violations des droits humains. » Kanu a réaffirmé la volonté du Conseil de mobiliser tous les outils disponibles pour rétablir la stabilité et la sécurité dans le pays.   Selon les Nations Unies, Haïti reste plongée dans une crise humanitaire majeure, alimentée par la violence endémique des gangs, les catastrophes naturelles et l’effondrement économique. Le pays a enregistré plus de 4 000 homicides au cours du premier semestre 2025, illustrant la gravité de la situation.   La Force d’élimination des gangs (GSF), désormais opérationnelle, travaille en étroite coordination avec la Police nationale d’Haïti (PNH) et les Forces armées d’Haïti (FAd’H). Des opérations logistiques ont récemment été menées dans la région de l’Artibonite.   Cette nouvelle force, qui remplace la MSS dirigée par le Kenya, vise à déployer jusqu’à 5 500 policiers ou militaires, appuyés par 50 civils, pour un mandat initial de 12 mois. Le gouvernement haïtien soutient pleinement ce dispositif, perçu comme une étape décisive vers la restauration de la sécurité et de la paix.   La Rédaction / Monopole   Download QR 🠋

Santé

14:34

17 octobre, 2025

Recrudescence inquiétante du choléra en Haïti : Cité Soleil, Pétion-Ville et Delmas en alerte maximale

Le spectre du choléra plane de nouveau sur Haïti. Plus d’une décennie après la terrible épidémie qui avait ravagé le pays, faisant plus de 8 000 morts et infectant plus de 300 000 personnes, la maladie refait surface avec force dans plusieurs communes de la région métropolitaine de Port-au-Prince.   Selon les chiffres récents du Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP), 1 296 cas de choléra ont été recensés dans la région métropolitaine. Les communes les plus touchées sont Cité Soleil (940 cas), Pétion-Ville (429 cas), Port-au-Prince (451 cas) et Delmas (279 cas). Ces chiffres, en hausse constante, placent les autorités sanitaires en état d’alerte maximale.   La commune de Cité Soleil, déjà identifiée comme l’un des premiers foyers de la résurgence, reste la plus touchée. Les conditions d’insalubrité, le manque d’eau potable et les déplacements fréquents des populations vers Delmas et Pétion-Ville accentuent le risque de propagation. « Les mouvements de population entre ces communes peuvent provoquer une flambée difficile à contrôler si des mesures rapides ne sont pas prises », avertissent plusieurs acteurs de la santé publique.   À Pétion-Ville, 64 cas suspects ont récemment été signalés, le MSPP quelques semaines plus tard rapporte plus de 400 cas. Les autorités locales tentent d’intensifier les campagnes de sensibilisation, tandis que dans certaines zones, les habitants dénoncent le manque d’accès à l’eau traitée et à des infrastructures sanitaires adéquates.   Le choléra n’est pas une maladie nouvelle pour Haïti. Introduite en 2010, après le séisme dévastateur, l’épidémie avait été attribuée à la contamination de la rivière Artibonite. En quelques mois, elle s’était propagée sur tout le territoire, entraînant une crise sanitaire sans précédent.   Aujourd’hui, des milliers d’enfants sont orphelins de Père et/ou de mère suite à l’intrusion de cette maladie par des soldats onusiens dans le Pays. Une recrudescence de la maladie dans les conditions actuelles avec des dizaines d’hôpitaux fermés en raison de l’insécurité pourrait poser de sérieux problèmes et aggraver la crise humanitaire. Grâce à des efforts conjoints du gouvernement haïtien et de ses partenaires internationaux, l’épidémie avait été officiellement déclarée terminée en février 2022. Mais la résurgence actuelle met en lumière la fragilité du système de santé et les carences structurelles dans la gestion de l’eau et de l’assainissement.   Face à cette recrudescence, le MSPP appelle à la prudence et encourage la population à traiter l’eau avant consommation, à se laver les mains régulièrement et à éviter les aliments non cuits. Toutefois, plusieurs organisations locales pointent du doigt le manque de mesures concrètes du ministère pour contenir la propagation. Certaines organisations réclament déjà une distribution urgente d’eau potable, la désinfection des points d’eau et une campagne nationale de sensibilisation pour éviter un nouveau drame sanitaire.   La résurgence du choléra intervient dans un contexte déjà tendu, marqué par l’insécurité, la pauvreté croissante et la fragilité des institutions. Sans une mobilisation rapide, les spécialistes craignent que cette épidémie ne se transforme en une crise majeure.   « Haïti ne peut pas se permettre de revivre le cauchemar de 2010. Chaque jour de retard dans la réponse sanitaire peut coûter des vies », alerte un épidémiologiste de Port-au-Prince.   Eddy Trofort   Download QR 🠋

Culture

15:20

15 octobre, 2025

Yannick Lahens signe Passagères de nuit à la Librairie La Pléiade

  L’écrivaine haïtienne Yannick Lahens sera ce mercredi 15 octobre en séance de signature à la Librairie La Pléiade, située au Complexe Promenade à Pétion-Ville, pour présenter son dernier roman Passagères de nuit, paru récemment en France.   Ce nouveau roman, salué par la critique, est en lice pour trois prestigieuses distinctions littéraires : le Prix Goncourt, le Prix Jean Giono et le Grand Prix du roman de l’Académie française. Une triple nomination qui confirme la place centrale qu’occupe Yannick Lahens dans le paysage littéraire francophone contemporain.   Déjà couronnée par le Prix Femina en 2014 pour Bain de lune, Yannick Lahens continue de porter haut les voix d’Haïti sur la scène internationale, avec des romans profonds, engagés et ancrés dans les réalités humaines de son pays natal.   Xaviera R. ELIE Download QR 🠋

Culture

11:20

15 octobre, 2025

Décès de Robert Denis, figure emblématique des médias et de la musique en Haïti

  Robert Denis, plus connu sous le surnom affectueux de Bobby, s’est éteint ce mardi 14 octobre 2025, selon les informations relayées par Le Nouvelliste.   Fondateur du célèbre studio d’enregistrement Audiotek, Bobby laisse derrière lui un héritage immense dans les domaines des médias, de la musique et de la communication en Haïti. Véritable pionnier du paysage audiovisuel haïtien, Robert Denis a été l’un des membres fondateurs de l’Association nationale des médias haïtiens (ANMH), dont il assumait la présidence.   Figure bien connue des téléspectateurs, il a dirigé la chaîne Télémax, l’une des plus populaires chaînes privées de Port-au-Prince, aujourd’hui disparue. Par la suite, il a poursuivi son parcours médiatique à la tête de Canal Bleu, une autre station ayant marqué le paysage télévisuel du pays. Mais c’est aussi dans le monde de la musique que Bobby a laissé une empreinte indélébile. Son studio Audiotek a été un lieu incontournable pour de nombreux artistes haïtiens et internationaux, devenant au fil des années un symbole de qualité et d’innovation sonore.   Les détails relatifs aux funérailles de Robert Denis seront communiqués ultérieurement.   Xaviera R. Elie Download QR 🠋

Culture

22:12

14 octobre, 2025

20 ans après sa création, le BHDA peine encore à protéger les œuvres haïtiennes

Le Bureau Haïtien du Droit d’Auteur (BHDA) a organisé, ce lundi 13 octobre, une journée portes ouvertes dans ses locaux à la ruelle Chériez. L’objectif de cette activité était de sensibiliser les acteurs et opérateurs culturels à l’importance de cette institution, fondée par décret le 12 octobre 2005.   Cette journée marquait également une double célébration, celle des 20 ans du BHDA et de la Direction Nationale du Livre (DNL), deux structures créées la même année et aujourd’hui dirigées par un seul et même directeur, Ernst St Louis.   Vingt ans après sa création, le BHDA peine toujours à trouver son envol. Pour un pays riche en talents et en créativité, seulement 3 105 œuvres ont été enregistrées à ce jour.   Selon Ralph Jean Baptiste, directeur de communication du BHDA, cette situation n’est pas nouvelle et reflète un conservatisme institutionnel comparable à celui de structures comme l’ULCC ou l’UCREF, qui ont également mis du temps à s’imposer dans le paysage administratif haïtien.   Un enjeu économique et de perception Pour Blenda Malande, assistante à la direction de communication, le principal frein reste l’intérêt économique. Elle explique que, malgré les nombreuses campagnes de sensibilisation menées à travers le pays, les créateurs demeurent réticents à enregistrer leurs œuvres. « Beaucoup connaissent le BHDA, mais la perception demeure un obstacle. Ils ne tirent que peu de bénéfices de leurs créations, souvent exploitées sans autorisation », déplore-t-elle.   Mme Malande souligne que l’institution ne peut intervenir en cas de piratage que si l’œuvre est préalablement enregistrée au BHDA. Face à ces limites, plusieurs artistes haïtiens choisissent de s’inscrire auprès de sociétés internationales telles que BMI aux États-Unis ou la SACEM en France, qui protègent efficacement les droits d’auteur de millions de créateurs à travers le monde.   Ralph Jean Baptiste rappelle que le BHDA est la seule institution en Haïti chargée de la gestion des droits d’auteur. Toutefois, son efficacité dépend d’un État fort et d’un système judiciaire fonctionnel, deux éléments actuellement déficients. « Le manque de confiance dans la justice et l’absence de sanctions freinent le travail du BHDA », souligne-t-il. Il ajoute que la question du droit d’auteur n’est pas perçue comme une priorité par le ministère de la Culture.   La tentative avortée du projet LEXA Le BHDA avait autrefois collaboré avec la firme LEXA pour assurer le monitoring des œuvres musicales diffusées dans les médias. Ce partenariat devait permettre de facturer les médias en fonction du nombre de diffusions, puis de redistribuer les redevances entre LEXA, le BHDA et les créateurs enregistrés. Mais le projet a échoué, faute de suivi et de moyens financiers du côté des médias. « Même les associations de médias n’ont jamais répondu aux invitations ».   Selon le BHDA, la plupart des créateurs ne s’inscrivent au bureau que lorsqu’ils doivent présenter un certificat de création à l’étranger. Pourtant, l’institution multiplie les initiatives pour marquer son 20ᵉ anniversaire : portes ouvertes, conférences, projections et débats tout au long du mois d’octobre. Malgré ces efforts, le BHDA reste à la croisée des chemins.   Dans un monde où l’intelligence artificielle redéfinit déjà les frontières de la création, la protection des œuvres haïtiennes devient plus urgente que jamais.   Eddy Trofort Journaliste Download QR 🠋

Société

12:00

14 octobre, 2025

Le réveil dessalinien : une nécessité devenue obligation pour les haïtiens aujourd’hui

Le 17 octobre 2025, le peuple haïtien commémorera le 219e anniversaire de la mort de Jean-Jacques Dessalines, fondateur de la nation et premier chef d’État d’Haïti indépendante sous le titre d’Empereur Jacques Ier. Tombé au Pont-Rouge le 17 octobre 1806 à 48 ans, Dessalines demeure une figure centrale de l’histoire nationale, symbole d’une lutte sans compromis pour la liberté et la souveraineté.   Né à la Grande-Rivière-du-Nord, Dessalines fut d’abord esclave avant d’être affranchi en 1794. Ancien lieutenant de Toussaint Louverture, il s’illustra comme stratège militaire et chef déterminé. Après avoir combattu aux côtés des Français, il se révolta contre eux face à la persistance de pratiques esclavagistes, malgré les idéaux proclamés de la Révolution française de 1789.   L’arrivée en 1802 du général Charles Victoire Emmanuel Leclerc, beau-frère de Napoléon Bonaparte, marqua un tournant. Dessalines opposa à cette expédition une diplomatie guerrière redoutable. À la tête d’une armée populaire, il mit en déroute les troupes françaises lors de la bataille de Vertières, le 18 novembre 1803. Cette victoire ouvrit la voie à la proclamation de l’indépendance d’Haïti le 1er janvier 1804, première république noire du monde moderne.   Après la victoire, Dessalines se heurta à de profondes tensions internes. Les généraux de l’armée indigène, désireux de s’enrichir par la possession des terres, s’opposèrent à sa politique de justice sociale. L’élite économique issue de l’ancienne colonie, quant à elle, tenta de maintenir ses privilèges, voire de renouer avec le modèle esclavagiste sous de nouvelles formes.   Dessalines, conscient du danger, chercha à instaurer un État fort et centralisé, capable de protéger les acquis de l’indépendance et de défendre les plus vulnérables. Mais cette volonté d’autorité et de contrôle fut interprétée par ses adversaires comme une dérive autoritaire. Le 17 octobre 1806, il fut assassiné au Pont-Rouge, victime d’un complot mêlant intérêts militaires, économiques et politiques.   Au-delà du chef militaire, Dessalines portait une vision profondément politique et sociale. Son idéal dessalinien reposait sur trois piliers : L’unité nationale, transcendant les divisions de couleur, de classe et de territoire ; la souveraineté absolue, refusant toute domination étrangère, qu’elle soit militaire, économique ou culturelle. Et la justice sociale, plaçant l’homme haïtien au cœur du développement, dans le respect de sa dignité et de son travail. Dans le Décret impérial de 1805, Dessalines affirmait que « tous les Haïtiens seront désormais connus sous le nom de Noirs », non comme une exclusion, mais comme une affirmation d’égalité et d’identité collective. Son rêve n’était pas seulement d’obtenir la liberté, mais de la conserver par la discipline, l’unité et la production nationale. Le réveil dessalinien aujourd’hui Deux siècles plus tard, l’idéal de Dessalines demeure une référence incontournable pour repenser la trajectoire du pays. Son message invite à un réveil collectif, fondé sur la responsabilité, la solidarité et la fierté nationale. Dans un contexte de crises multiples, politiques, économiques, sociales et environnementales, le retour à la pensée dessalinienne n’est pas un simple hommage historique, mais une obligation morale et civique.   Réaffirmer le rêve de Dessalines, c’est promouvoir une économie de production et de partage, au service du bien commun ; défendre la souveraineté nationale face aux ingérences extérieures ; renforcer la cohésion sociale par l’éducation, la mémoire et la justice et surtout, raviver le sens du devoir patriotique que Dessalines incarnait avec rigueur et courage.   Le 17 octobre ne doit pas seulement commémorer une mort tragique, mais aussi rappeler une exigence : celle de poursuivre le combat pour une Haïti libre, souveraine et solidaire. Dessalines n’a pas seulement libéré un territoire ; il a voulu fonder une nation digne et fière. Son héritage, 219 ans plus tard, appelle à une renaissance dessalinienne : celle d’un peuple conscient de sa valeur, maître de son destin et fidèle à la promesse de 1804.   Eddy Trofort   Download QR 🠋

Santé

11:10

12 octobre, 2025

La santé mentale en Haïti : une nouvelle préoccupation de santé publique nationale

La Journée mondiale de la santé mentale a été célébrée le vendredi 10 octobre. Comme chaque année, cette journée vise à sensibiliser les populations et les gouvernements à l’importance de la prise en charge des personnes souffrant de troubles mentaux, un mal silencieux, mais de plus en plus meurtrier à l’échelle mondiale. En 2025, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a choisi de mettre l’accent sur un thème particulièrement préoccupant : la santé mentale dans les zones de conflits.   Chaque année, des millions de personnes sont affectées par des situations d’urgence, notamment les guerres et les catastrophes naturelles. Ces crises bouleversent la vie des familles, détruisent les moyens de subsistance et désorganisent les services essentiels, rappelle l’OMS. Les conséquences sur la santé mentale sont considérables : presque toutes les personnes concernées ressentent une détresse psychologique, et une minorité significative développe des troubles graves tels que la dépression ou le stress post-traumatique.   En Haïti, la population vit depuis des décennies sous le poids de catastrophes récurrentes avec le tremblement de terre de 2010 qui a causé la mort de plus de 300 000 personnes et entraîné plus de 8 000 amputations et plus d’un million de sans-abris. Les ouragans successifs ont aggravé la précarité de milliers de familles rurales ; depuis quatre à cinq ans, une crise sécuritaire sans précédent ravage la région métropolitaine, où des groupes armés qui imposent une violence extrême. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), plus d’un million de personnes ont été contraintes de fuir leurs habitations.   « La santé mentale en situation d’urgence » : un thème pertinent L’OMS justifie donc pleinement le choix du thème « La santé mentale en situation d’urgence » pour cette année. En Haïti, les crises s’accumulent, rendant le quotidien des citoyens de plus en plus difficile. Des familles autrefois stables se retrouvent à vivre dans des abris de fortune, souvent dans une promiscuité extrême, avec des conséquences psychologiques graves. Certains parviennent à s’adapter, mais beaucoup sombrent dans la détresse.   L’OMS recommande une prise en charge immédiate des personnes affectées. Or, en Haïti, la situation sécuritaire a conduit à la fermeture de plusieurs hôpitaux psychiatriques. Les patients internés ont souvent été abandonnés à eux-mêmes, voire victimes de violences. Malgré la gravité de la situation, les autorités haïtiennes semblent ignorer ce dossier sensible. Pendant que des millions de gourdes sont dépensées dans des projets politiques incertains, 5.7 millions d’Haïtiens et d’haïtiennes vivent aujourd’hui dans une insécurité alimentaire aiguë.   Urgence humanitaire et crise mentale L’OMS reconnaît que les situations d’urgence aggravent non seulement les troubles mentaux, mais aussi les problèmes sociaux tels que la pauvreté et la discrimination. Elles entraînent de nouveaux drames comme la séparation des familles, les violences domestiques et la consommation accrue de substances nocives.   Les directives internationales recommandent plusieurs approches pour assurer un soutien psychosocial et psychiatrique en période de crise notamment auto-assistance communautaire, premiers secours psychologiques, soins cliniques adaptés.   L’OMS insiste également sur la préparation et l’intégration des services de santé mentale dans les politiques de réduction des risques de catastrophe. Les périodes de crise peuvent même devenir des occasions d’investissement durable dans ce domaine. Malgré les investissements considérables consentis au secteur de la santé, la santé mentale reste négligée en Haïti. La fermeture prolongée de grands hôpitaux comme l’HUEH et l’HUM fragilise encore davantage un système déjà à bout de souffle. Face à la multiplication des crises, la santé mentale devrait désormais être reconnue comme une priorité de santé publique nationale.   Eddy Trofort   Download QR 🠋

Politique

13:01

10 octobre, 2025

Plus de Référendum : le gouvernement renonce au projet de Nouvelle Constitution

Le Référendum sur l’Avant-projet de Nouvelle Constitution n’aura finalement pas lieu. La décision a été entérinée jeudi en Conseil des ministres, marquant un revirement majeur dans le processus politique en cours.   Selon le Conseiller-Président Emmanuel Vertilaire, un décret a été adopté pour abroger les travaux du Comité de pilotage chargé du projet constitutionnel ainsi que sa création officielle. Parallèlement, un autre décret redéfinit la mission du Conseil électoral provisoire (CEP), désormais mandaté pour organiser exclusivement des élections générales à l’échelle nationale, sans référendum, contrairement à ce qui avait été prévu initialement.   Vertilaire a précisé que plusieurs consultations ont été menées avant la prise de cette décision. Des experts en droit constitutionnel ont d’ailleurs estimé que le pouvoir de transition ne disposait pas de la légitimité nécessaire pour engager un processus de réforme constitutionnelle d’une telle ampleur.   « Plusieurs secteurs s’étaient opposés à l’organisation du référendum sur l’Avant-projet de Nouvelle Constitution », a-t-il rappelé lors d’un entretien accordé à un média en ligne vendredi. Il faut aussi souligner que le Comité de Pilotage n’a pas pu organiser la Conférence Nationale comme prévu dans sa mission. Une rencontre historique tant attendue qui donnerait l’opportunité à tous les acteurs de discuter de leurs désaccords et de trouver un terrain d’entente pour doter le Pays d’un plan de gouvernance sur plusieurs années.   De nombreux acteurs politiques et de la société civile avaient demandé la suspension du processus, invoquant la dégradation de la situation sécuritaire dans le pays. Selon eux, cette insécurité rendait impossible la tenue de débats publics sur le projet de Constitution, certaines régions toujours inaccessibles à cause des violences et du contrôle de groupes armés.   Certains observateurs ont qualifié la démarche du gouvernement d’amateurisme politique, reprochant au Conseil présidentiel de transition de ne pas avoir anticipé les obstacles logistiques et sécuritaires. Des organisations politiques dénoncent également un gaspillage de fonds publics, estimant que ces ressources auraient pu être mieux utilisées dans un contexte de crise nationale.   La décision de mettre fin au processus de réforme constitutionnelle intervient aussi dans un contexte de pression diplomatique. Plusieurs diplomates et partenaires internationaux présents à Port-au-Prince avaient appelé le gouvernement à se concentrer sur la tenue d’élections générales afin de rétablir les institutions démocratiques.   Face à ces pressions et à la complexité du contexte sécuritaire, le gouvernement semble désormais privilégier la voie électorale pour amorcer un retour progressif à la stabilité politique, malgré les défis persistants sur le terrain.   Rédaction / Monopole Download QR 🠋

International

11:55

10 octobre, 2025

Maria C. Machado Prix Nobel de la Paix 2025 : Donald Trump écarté pour des ambitions jugées trop politiques

Le Prix Nobel de la Paix 2025 a été attribué à María Corina Machado, ex-députée et militante vénézuélienne. L’opposante a reçu cette distinction pour son courage et sa détermination face à l’autoritarisme du président Nicolás Maduro, au pouvoir depuis 2013. Contrainte à la clandestinité depuis plusieurs années, Machado est activement recherchée par le régime pour ses prises de position jugées subversives par Caracas.   Le Comité Nobel de la Paix a rendu son verdict pour l’édition 2025 en attribuant le prestigieux prix à María Corina Machado, opposante vénézuélienne en exil. Mais l’un des faits marquants de cette édition demeure le rejet de la candidature de Donald Trump, pourtant cité parmi les personnalités pressenties.   Depuis plusieurs mois, l’ancien président américain avait multiplié les déclarations et initiatives diplomatiques autour de la crise à Gaza, se positionnant comme un médiateur potentiel entre Israël et le Hamas. Ses proches présentaient cette implication comme une tentative sincère de restaurer la paix au Moyen-Orient, dans la continuité des Accords d’Abraham signés durant son mandat.   Cependant, le Comité Nobel a estimé que les démarches de Donald Trump relevaient davantage de la stratégie politique que d’un engagement désintéressé pour la paix. Selon un membre du jury cité par des sources proches du comité, « son attitude s’apparentait à une manœuvre diplomatique orientée par des objectifs électoraux et géopolitiques, plutôt qu’à une réelle volonté de réconciliation durable ».   À l’inverse, María Corina Machado, militante vénézuélienne et figure emblématique de l’opposition à Nicolás Maduro, a été récompensée pour son courage face à la répression et son combat pour la démocratie. Vivant dans la clandestinité, elle incarne selon le jury « la persévérance et la foi en la liberté, malgré la persécution ».   Machado n’a jamais baissé les bras devant le Pouvoir fort au Venezuela depuis 2013. Cette militante est aujourd’hui symbole d’une résilience face à la crise politique que traverse ce Pays. Des millions de vénézuéliens sont en difficulté pour trouver de la nourriture avec un Taux d’inflation qui explose et une économie précaire. La Pauvreté a atteint des sommets inimaginables depuis ces dix dernières années.   Le choix du Comité Nobel de privilégier une figure de résistance civile à une personnalité politique mondiale traduit un message clair : la paix véritable ne se mesure pas à l’influence ou au pouvoir, mais à la constance et au courage de ceux qui la défendent, souvent au péril de leur vie.   Rédaction / Monopole   Download QR 🠋

Economie

15:34

9 octobre, 2025

Un nouveau budget adopté ! Mais pour faire quoi, au juste ?

Ce Jeudi, le Gouvernement haïtien a adopté un nouveau budget pour l’exercice 2025-2026, d’un montant de 345 milliards de gourdes, lors d’un conseil des ministres tenu symboliquement au Palais national. Un événement marqué autant par les tirs nourris que par le manque total de transparence autour de ce document crucial pour l’avenir du pays. Sur le papier, il y aurait de quoi se réjouir : 70 % du budget sera financé par les recettes internes, une amélioration notable par rapport aux exercices précédents, souvent soutenus à plus de 60 % par l’aide internationale. Mais au-delà de cette performance fiscale apparente, une question persiste : ce budget élevé et équivalant à plus de 2.6  milliards de dollars US servira-t-il réellement à changer le quotidien des Haïtiens ? Car le paradoxe est là : aucun débat public, aucune communication préalable, aucune consultation élargie. Ce budget a été préparé dans un flou quasi total. À tel point que certains observateurs n’hésitent pas à parler d’un “document confidentiel”, tellement son accès a été limité, même pour les acteurs de la société civile.   L’analyse du document montre officiellement, les priorités du gouvernement restent : Restauration de la sécurité publique ; Organisation d’élections inclusives ; Stabilisation macroéconomique ; Amélioration des conditions de vie. Des axes stratégiques essentiels, certes. Et dans les grandes lignes, les chiffres semblent cohérents notamment au niveau social. 35 % du budget est alloué aux salaires, dont ceux de la PNH, du MENFP, et l’intégration de 4 promotions de policiers et de 2 500 soldats ; la sécurité publique et les élections occupent 16 % de la loi de finance et 15 % à l’éducation.   Le budget n’inclut malheureusement aucune nouvelle taxe en reprenant les mesures fiscales du budget rectificatif d’avril 2025. Certaines dispositions visent à soutenir la production locale, à protéger les investissements et à adapter l’application du Code des impôts (CGI) en réponse aux doléances des secteurs privés.   Haïti a un environnement extrêmement dégradé et une production agricole très faible. Il est certain que le Pouvoir de transition ne peut que penser aux élections, toutefois la dégradation de l’environnement reste un élément important pour le Pays avec le changement climatique qui a des incidences sérieuses sur la vie des gens.   Mais tout cela se heurte à une réalité accablante : Haïti est en asphyxie économique. Les ports peinent à fonctionner, les aéroports tournent au ralenti, et la dépendance alimentaire atteint des sommets. Environ 6 millions de personnes sont menacées par l’insécurité alimentaire. L’activité économique est quasiment paralysée. Le chômage explose, et l’exode des jeunes diplômés se poursuit.   Alors, à quoi bon un budget aussi ambitieux dans un pays qui n’arrive même pas à assurer le minimum vital ? L’absence de débat, l’opacité du processus d’élaboration et le décalage entre les ambitions affichées et les réalités du terrain posent problème. Ce budget est-il un instrument de relance ou simplement un exercice technocratique ?   L’année 2026 s’annonce cruciale avec, en ligne de mire, l’organisation d’élections. Mais sans sécurité, sans croissance, sans stabilité, les chiffres ne suffisent pas à bâtir une nation. Le peuple attend des résultats concrets, pas des documents budgétaires aux promesses abstraites.   La rédaction / Monopole Download QR 🠋

Sécurité

11:22

9 octobre, 2025

Haïti : Reprise des activités au Centre-ville, entre mystère, scepticisme et espoir fragile

Ce jeudi, un conseil des ministres s’est tenu au Palais national d’Haïti, bâtiment emblématique du Pouvoir Exécutif mais déserté depuis plusieurs années en raison de la montée de l’insécurité. Ce retour surprenant des autorités dans le centre-ville de Port-au-Prince coïncide avec la rentrée judiciaire, marquée par la cérémonie qui s’est déroulée lundi à la Cour de cassation, située à quelques mètres du Palais présidentiel.   Pour certains, cette réappropriation du cœur administratif de la capitale est le fruit des efforts de l’actuel gouvernement qui aurait misé sur une relance progressive de l’activité dans la zone. Selon des sources proches du gouvernement, des ministères stratégiques comme l’Intérieur, le Commerce ou encore le Tourisme pourraient bientôt réintégrer leurs locaux situés au Champ de Mars. Une annonce qui suscite l’espoir d’un retour à la normale, mais aussi de nombreuses interrogations.   Les citoyens comme les journalistes restent prudents. Comment la Police Nationale d’Haïti (PNH) a-t-elle pu reprendre le contrôle d’un centre-ville en grande partie sous la coupe de gangs lourdement armés depuis des mois, sans véritable affrontement publicisé ? Aucun bilan officiel n’a été communiqué, aucun blessé ni mort rapporté, ce qui alimente les doutes sur la réalité des opérations de « reconquête ».   La présence de tirs entendus près du Champ de Mars pendant la tenue du Conseil des ministres témoigne aussi d’une insécurité persistante, malgré l’affichage de fermeté du gouvernement.   Le Directeur général a.i de la PNH, Jonas Vladimir Paraison, présenté comme un homme de terrain, s’est montré évasif face aux questions des journalistes : « Il faut surtout apprécier ce qui se fait », a-t-il répondu, sans fournir de détails sur les conditions de la reprise du contrôle de la zone.   Les observateurs s’interrogent : s’agit-il d’un vrai succès tactique ? Ou y a-t-il eu des négociations discrètes avec certains groupes armés ? L’absence de réactions sur les réseaux sociaux de figures connues du banditisme alimente aussi le mystère.   Rappelons que le retour à la normale reste loin d’être acquis. Le centre hospitalier de l’Hôpital général, tout proche du Palais national, reste fermé, et le gouvernement envisage même sa relocalisation. Une contradiction, alors qu’il encourage dans le même temps le retour des fonctionnaires dans le centre administratif.   L’arrivée annoncée d’une force de répression des gangs : espoir ou incertitude ? Ce regain d’activités coïncide avec l’annonce de l’arrivée prochaine d’une force de répression des gangs (FRG), prévue par la résolution 2793 du Conseil de sécurité des Nations Unies, adoptée récemment. Mais pour de nombreux Haïtiens, ce soutien international soulève autant d’attentes que de méfiances : la capacité réelle de cette mission à reprendre le contrôle des zones rouges, démanteler les groupes criminels et sécuriser les axes routiers reste à prouver.   La tenue d’un Conseil des ministres au Palais national peut être perçue comme un geste fort, mais la réalité sur le terrain montre que la sécurité reste précaire. Tant que les chefs de gangs ne sont pas arrêtés, que les axes principaux restent sous le contrôle de Viv Ansanm, et que la population vit encore dans la peur, le retour à la normale reste un objectif lointain.   La Rédaction / Monopole   Download QR 🠋

Justice

19:59

6 octobre, 2025

Rentrée judiciaire 2025-2026 : entre discours et réalités, la justice haïtienne toujours à la dérive

La rentrée judiciaire 2025-2026 s’est tenue ce lundi 6 octobre dans les locaux de la Cour de cassation et du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ), au Champ-de-Mars. Une rentrée exceptionnelle, marquée par le climat d’insécurité qui pousse depuis plusieurs années les institutions publiques à fuir le centre-ville.   Des membres du Conseil présidentiel de transition (CPT) étaient présents, parmi eux Lesly Voltaire, remplaçant Laurent St-Cyr actuellement en mission aux Etats-Unis et au Japon, ainsi qu’Emmanuel Vertilaire, responsable des dossiers judiciaires au CPT, Edgard Leblanc et Fresnel Joseph.   En l’absence du garde des Sceaux Patrick Pélissier, en déplacement, c’est le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé qui a pris la parole. Il a réaffirmé son engagement en faveur d’une justice indépendante. Emmanuel Vertilaire, conseiller-président du CPT, a pour sa part appelé les acteurs du système à agir avec constance pour restaurer l’autorité de l’État. Épinglé dans le scandale de corruption à la BNC, il a néanmoins insisté sur la nécessité de poursuivre les auteurs d’actes répréhensibles et de garantir les droits des citoyens.   De son côté, le président de la Cour de cassation, Me Joseph Lebrun, a salué le travail accompli, rappelant que plus de 150 arrêts ont été rendus par les cinq cours d’appel du pays malgré une année 2024-2025 particulièrement difficile. Le bâtonnier de l’Ordre des avocats de Port-au-Prince, Me Patrick Pierre-Louis, a dénoncé les conditions précaires dans lesquelles travaillent les avocats et plaidé pour un véritable renforcement du système judiciaire.   Un système à bout de souffle Derrière les discours, la réalité demeure sombre : prisons surpeuplées, détenus en attente interminable de jugement, grèves répétées de greffiers et de magistrats, corruption endémique. Le ministère de la Justice s’illustre par son instabilité, incapable de maintenir un commissaire du gouvernement à Port-au-Prince dans un contexte de « chaise musicale » liée aux pressions et aux scandales.   Les infrastructures judiciaires, elles aussi, reflètent ce naufrage : tribunaux insalubres, relogés dans des maisons étroites et inadaptées, murs décrépits, chaleur suffocante et conditions indignes pour les justiciables comme pour les professionnels du droit. Quant aux écoles de droit, elles sont décriées comme de simples « banques de borlette », sans véritable formation structurée.   La justice, un idéal toujours trahi Chaque rentrée judiciaire apporte son lot de belles paroles et de promesses. Mais pour la population, la lassitude grandit face à un système incapable de garantir équité et dignité. Comme le rappelait une ancienne maxime : « La justice est ce besoin où tout le monde doit être traité avec respect, équité et dignité. Elle ne se limite pas aux lois, elle vit aussi dans nos choix quotidiens : écouter, défendre, partager, réparer. » Un idéal qui, en Haïti, reste encore bien lointain.   Bonne année judiciaire aux hommes de la basoche!   La Rédaction / Monopole Download QR 🠋

International

10:38

6 octobre, 2025

Une grave crise politique frappe la France : Mélenchon accuse Macron de « chaos » institutionnel

La France traverse une crise politique sans précédent. À peine quatorze heures après la formation de son gouvernement, le Premier ministre Sébastien Lecornu a présenté sa démission au président Emmanuel Macron, qui l’a acceptée ce lundi 6 octobre. Dans une déclaration prononcée à Matignon, Lecornu a reconnu son incapacité à former une majorité, malgré plus de vingt-cinq jours de négociations intensives avec les partis d’opposition. Selon lui, « le réveil de quelques appétits partisans, parfois liés à la prochaine présidentielle », aurait torpillé les compromis envisagés.   Pour Jean-Luc Mélenchon, chef de file de La France insoumise (LFI), les responsabilités sont claires : « Le président Macron est responsable de ce chaos », a-t-il dénoncé, accusant le chef de l’État d’avoir ignoré « la voix du peuple », pourtant exprimée lors des législatives anticipées de 2024 après la dissolution de l’Assemblée nationale. Mélenchon a même appelé à une réunion des partis de gauche, mais sa proposition a été sèchement rejetée par Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes. Selon elle, les attaques répétées du leader de LFI contre certains alliés de gauche rendent toute coopération difficile.   À droite, la nomination surprise de Bruno Le Maire au ministère des Armées a provoqué un tollé. Bruno Retailleau, chef des Républicains au Sénat, dénonce « une rupture manquée » et déplore qu’Emmanuel Macron confie un portefeuille régalien à celui qu’il juge « responsable de la catastrophe économique de la France ». Retailleau appelle le président à clarifier sa position « après la chute du gouvernement Lecornu ». Le Parti socialiste, de son côté, a adopté une posture mesurée. Olivier Faure, premier secrétaire du PS, a salué la démission « avec dignité et honneur » de Sébastien Lecornu. Avec une pointe d’ironie, il a déclaré sur X : « Je me demandais s’il restait un gaulliste dans ce pays. Il en restait un. » Mais il a soigneusement évité de réagir à l’appel de Mélenchon. Arthur Delaporte, porte-parole du PS, a lui rappelé que « ce n’est pas à Jean-Luc Mélenchon de convoquer les forces de gauche ».   Une Cinquième République en crise Depuis son adoption en 1958, la Ve République n’avait jamais connu un tel enchaînement d’échecs gouvernementaux : trois censures en moins de trois ans. Pensée par le général de Gaulle pour mettre fin à l’instabilité chronique de la IVe République et à la crise algérienne, elle vacille aujourd’hui sous les coups d’une fragmentation politique inédite. Le parallèle avec 1969 est frappant : de Gaulle avait quitté le pouvoir après l’échec de son référendum sur la réforme du Sénat. Les Français, las de onze années de gaullisme, avaient dit « non » à 52 %. Cinquante-cinq ans plus tard, Emmanuel Macron semble à son tour confronté à une usure du pouvoir, aggravée par une inflation persistante, un pouvoir d’achat en berne et une dette publique abyssale de 3 000 milliards d’euros.   La contestation sociale ne faiblit pas. Des manifestations massives, organisées par les syndicats, rappellent les grandes mobilisations contre la réforme des retraites et les révoltes des Gilets jaunes. Pourtant, Emmanuel Macron reste inflexible, poursuivant une politique jugée déconnectée par une majorité de Français. Macron en chute libre Un récent baromètre Odoxa publié le 30 septembre confirme l’effondrement du président : sa cote de popularité atteint 22 %, son plus bas niveau depuis le début de son mandat. Près de 8 Français sur 10 estiment qu’il n’est « pas un bon président de la République ». Une dégringolade historique, en baisse de 6 points par rapport à juin, qualifiée de « record absolu en huit ans » par l’institut de sondage.   ET/Rédaction Monopole Download QR 🠋

Éducation

16:03

1 octobre, 2025

Rentrée scolaire 2025 en Haïti : entre retrouvailles des élèves, revendications des enseignants et climat d’insécurité

Les élèves haïtiens ont repris officiellement le chemin de l’école ce mercredi 1er octobre 2025, date fixée par le Ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP). Pour l’occasion, la commune de Fort-Liberté, dans le Nord-Est, a été choisie afin d’éviter les risques liés à l’insécurité qui sévit dans le département de l’Ouest.   En parallèle, une cérémonie symbolique a eu lieu au Lycée Jean Marie Vincent de Carradeux, dans la commune de Tabarre, en présence de plusieurs responsables éducatifs de la zone métropolitaine, dont M. Étienne Louisseul France, Directeur départemental de l’Éducation de l’Ouest.   Alors que les élèves se réjouissaient de retrouver leurs camarades, la journée a pris une autre tournure pour les enseignants. Plusieurs professeurs du Lycée Jean Marie Vincent ont profité de la présence des autorités pour manifester leur mécontentement et réclamer la remise de leurs lettres de nomination.   « Le MENFP nous méprise. Il ne nous écoute pas et ne répond jamais à nos revendications », ont dénoncé certains d’entre eux, visiblement en colère. Une telle situation soulève des inquiétudes sur le nombre réel de jours de cours dont bénéficieront les élèves cette année, au vu du risque de grèves à répétition et de l’absentéisme chronique des enseignants, notamment dans les classes d’examen.   Au-delà des revendications, la rentrée 2025 s’inscrit dans un climat d’extrême précarité sécuritaire. Dans la capitale, Port-au-Prince, la réouverture des classes n’a pas eu l’effervescence habituelle. De nombreuses écoles ont été incendiées, détruites ou contraintes de déménager à cause des attaques armées. Déjà en 2022, alors que la situation sécuritaire n’était aussi détériorée, l’Unicef avait relevé dans un rapport de juin de l’année indiquée que 55 000 élèves n’éaient pas retournés en classe à cuase de l’insécurité.   Malgré un important dispositif policier déployé pour rassurer la population, la présence des élèves dans les rues est restée faible. Quelques artères de la région métropolitaine ont connu un regain de circulation et de petits embouteillages, mais sans véritable relance des activités économiques.   Cette situation pèse lourdement sur les élèves haïtiens, particulièrement ceux des écoles publiques. Entre les grèves à répétition, le manque d’encadrement pédagogique, et la menace permanente des gangs, l’éducation devient un parcours difficile et semé d’embûches.   Certains parents, encore sceptiques, ont préféré retarder la rentrée de leurs enfants, attendant le lundi, faute de s’habituer à une réouverture en milieu de semaine.   Rédaction / Monopole Download QR 🠋

International

17:22

30 septembre, 2025

Haïti : L’ONU autorise une nouvelle force “anti-gangs” musclée, le dernier espoir de la nation

Le Conseil de sécurité des Nations Unies a donné son feu vert ce mardi à une force de sécurité multinationale considérablement renforcée en Haïti. Désignée comme la Force de Répression des Gangs (FRG), cette nouvelle mission succède à la Mission d’Appui à la Sécurité (MSS) dirigée par le Kenya, mais avec un mandat bien plus robuste et des moyens accrus pour contrer la violence qui paralyse le pays. Approuvée pour une période initiale de 12 mois par un vote de 12 voix pour et 3 abstentions, cette résolution marque un tournant. Seuls trois pays : la Russie, la Chine (détenteurs d’un droit de veto) et le Pakistan, se sont abstenus, après d’intenses négociations, notamment sur le financement et la structure de commandement de la mission.   Un nouveau mandat et l’urgence d’agir L’urgence d’une nouvelle approche était palpable. La précédente mission kényane, de l’avis général, a été un échec qui n’a pas réussi à stopper la progression des groupes armés, lesquels contrôlent désormais jusqu’à 90 % de la capitale, Port-au-Prince, et étendent leur emprise vers le nord. Malgré cela, le président kényan William Ruto a créé la surprise en qualifiant la mission d’appui de “réussie”, tout en reconnaissant son manque criant d’équipement, de personnel et de ressources. Les responsables américains ont insisté sur la nécessité d’un effort plus “létal et accru”. Contrairement à la MSS, la nouvelle FRG se voit conférer l’autorité d’opérer indépendamment de la police haïtienne lorsque nécessaire. Cette clause essentielle vise à surmonter l’obstacle majeur qui entravait l’efficacité des forces de sécurité face aux réseaux de gangs coordonnés. La résolution adoptée confère à la FRG un plafond de 5 550 personnes, dont 5 500 militaires et policiers en uniforme et 50 civils. Un élément clé de cette nouvelle résolution est la création d’un Bureau d’Appui des Nations Unies pour superviser les opérations et la logistique de la FRG, y compris la gestion de la base actuelle construite par les États-Unis à Port-au-Prince. L’ONU est également sollicitée pour fournir un soutien technique à l’Organisation des États américains (OEA), qui assistera la FRG et la Police Nationale Haïtienne (PNH) en fournissant du carburant, des transports, de l’eau et de l’équipement de communication. La FRG sera dirigée par un commandant de force sous la supervision d’un groupe de pays contributeurs. De plus, un représentant spécial civil assurera la direction politique et la coordination. Ce dispositif vise à pallier le manque de soutien et de coordination évident entre des troupes et des policiers n’ayant pas l’habitude de travailler ensemble. La résolution mentionne spécifiquement les Forces Armées Haïtiennes (FAD’H), signalant leur rôle de plus en plus crucial dans le combat contre les gangs. L’objectif principal de la FRG est de soutenir la PNH et les FAD’H pour rétablir des conditions de sécurité permettant la tenue d’élections libres et équitables, l’acheminement sécurisé de l’aide humanitaire. La mission met également un accent particulier sur la protection des enfants et des femmes, particulièrement vulnérables au recrutement et à la violence sexuelle perpétrée par les gangs. Malgré le fait que le coût exact de la nouvelle mission et l’origine du financement de sa logistique restent les principales zones d’ombre, la force comptant toujours sur des contributions volontaires, le vote du Conseil de sécurité est perçu comme un pas décisif. La communauté internationale et, surtout, les Haïtiens et les déplacés internes épuisés par des mois de terreur, considèrent cette nouvelle approche, plus musclée et mieux soutenue, comme leur ultime recours. Des milliers de familles ont été chassées de leurs foyers, des quartiers entiers sont soumis à la loi des gangs, et plus de 3 000 Haïtiens ont perdu la vie cette année dans cette spirale de violence. Pour eux, cette Force de Répression des Gangs n’est pas qu’une simple résolution onusienne ; elle est le dernier espoir que l’État de droit sera restauré et que la vie pourra reprendre son cours normal, loin de la peur et de la famine. La survie du pays, tant sécuritaire qu’humanitaire, repose désormais sur le succès de cette mission. Rédaction Monopole / DSB Download QR 🠋

Justice

12:08

29 septembre, 2025

Haïti : L’ULCC, dans l’œil du cyclone, mais un rempart sûr contre la corruption

Face à une corruption endémique qui asphyxie son développement, Haïti a érigé en 2004 un outil institutionnel censé être un rempart : l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC). Créée par le décret du 8 septembre 2004, dans le cadre des initiatives de bonne gouvernance soutenues par la Banque Mondiale, l’ULCC est une entité autonome dotée de la personnalité juridique. Elle est la pièce maîtresse du dispositif national de lutte contre les détournements de fonds et les abus de pouvoir dans l’administration publique.   Avec la vague de corruption qui s’est abattue sur l’administration publique, certains observateurs pointaient du doigt la passivité de cet instrument mis en place pour combattre la corruption comme son nom l’indique. Depuis quelque temps, les choses semblent prendre une autre tournure. Au cours du mois de septembre 2025, l’ULCC a publié sept (7) rapports d’enquête impliquant de hauts responsables de l’Administration publique. Un signal très positif envoyé par l’institution qui entend jouer son rôle et lancer une mise en garde aux abonnés corrompus du secteur public.   Rôle : Enquêter, Prévenir, Transmettre La mission de l’ULCC, détaillée et ambitieuse, se déploie sur plusieurs fronts cruciaux, couvrant l’ensemble du territoire national : L’Investigation au Cœur de l’Action : L’unité a pour vocation d’enquêter sur tout acte de corruption et d’infractions assimilées (concussion, enrichissement illicite, détournement, etc.) qui touchent l’administration. Ses agents assermentés, jouissant du statut d’Officiers de Police Judiciaire (OPJ), sont habilités à collecter des preuves et à rechercher les auteurs, souvent suite à des dénonciations reçues via la ligne d’alerte “5656” ou d’autres canaux.   Un Rôle de Prévention et de Transparence : L’ULCC est également chargée d’établir un climat de confiance en promouvant la transparence. Elle travaille à la mise en place de codes d’éthique et assure la garde et le contrôle des déclarations de patrimoine des agents publics, un outil essentiel pour dépister l’enrichissement illicite.   Le Lien avec la Justice : Le rôle de l’ULCC est strictement limité à l’investigation. Elle ne jouit d’aucune attribution de poursuite ou de jugement. Une fois les enquêtes terminées, son devoir est de déférer les dossiers à la justice en saisissant les Parquets compétents, qui doivent alors prendre le relais pour engager les poursuites pénales.   Le débat crucial : L’ULCC respecte-t-elle ses attributions ? Si la mission de l’ULCC est claire sur le papier, son efficacité réelle et son impartialité sont un sujet de débat constant en Haïti, soulevant une question fondamentale : l’unité respecte-t-elle pleinement ses attributions face aux réalités politiques du pays ?   Pour de nombreux observateurs, l’ULCC est une institution aux mains liées. Dépendance Politique : Bien qu’autonome, l’ULCC est placée sous la tutelle du Ministère de l’Économie et des Finances (MEF) et son Directeur Général est nommé par l’Exécutif. Cette proximité avec le pouvoir politique fait craindre un manque d’indépendance et une vulnérabilité aux pressions, notamment lorsque les enquêtes ciblent de hauts fonctionnaires ou des proches du pouvoir en place. Et ce n’est pour rien que le Conseil Présidentiel de Transition veut à tout prix apporter des changements au sein de la Direction générale. Une anomalie que la nouvelle constitution entend corriger.   Le Mur Judiciaire : Le principal indicateur de l’échec n’est pas l’ULCC elle-même, mais le faible taux de poursuites et de condamnations après la transmission de ses rapports. L’ULCC produit régulièrement des dossiers solides, mais ceux-ci s’enlisent souvent dans un système judiciaire jugé faible et politisé, conduisant à une impunité généralisée qui annule l’effet dissuasif de ses enquêtes.   Des Moyens Limités : Des rapports antérieurs ont également pointé du doigt l’insuffisance des ressources humaines et financières allouées à l’Unité, limitant sa capacité à mener des enquêtes complexes et à se déconcentrer efficacement sur l’ensemble du territoire.   Malgré ces contraintes, l’ULCC continue de jouer un rôle essentiel. Chaque rapport d’enquête transmis à la justice est un acte qui expose publiquement les présumés auteurs de corruption, alimentant le débat public et la demande de redevabilité. L’Unité remplit donc son rôle légal d’investigation et de dénonciation, même si les rouages de la justice ne parviennent pas, ou ne veulent pas y donner suite.   L’ULCC est un instrument vital dans la lutte anti-corruption en Haïti, mais elle fonctionne sous une forte pression structurelle. Elle respecte ses attributions formelles en enquêtant et en transmettant les dossiers. Cependant, tant que le pouvoir judiciaire ne garantira pas l’indépendance et la diligence nécessaires pour traduire ces enquêtes en condamnations effectives, le combat de l’ULCC restera largement celui d’un Sisyphe : ses efforts constants ne suffiront pas à briser le cycle dévastateur de l’impunité et de la corruption endémique.   Au cours des vingt dernières années, des millions de dollars destinés à divers projets se sont volatilisés, sans que l’on sache réellement qui sont les véritables auteurs de ces détournements. D’anciens hauts fonctionnaires de l’administration publique ont affiché leur richesse au grand jour, ignorant totalement l’existence et les missions de l’ULCC, puisque cette institution était sous l’emprise de proches du pouvoir.   Aujourd’hui, des millions d’Haïtiens sont menacés par la faim, tandis qu’une grande partie de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. Cette situation dramatique est la conséquence directe d’un pillage systématique orchestré par ceux qui avaient pourtant la responsabilité de travailler pour le bien-être collectif.   Rédaction Monopole / DSB Download QR 🠋

Justice

18:42

28 septembre, 2025

Affaire Rosemila Petit-Frère : Une détention arbitraire prolongée, témoin d’une dérive judiciaire inquiétante

La situation de Mme Rosemila Petit-Frère, Présidente-Directrice Générale de Radio Télé Monopole et ancienne mairesse de l’Arcahaie, est devenue extrêmement préoccupante et complexe depuis son placement en garde à vue, le 13 août dernier, à la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ).   Sa santé, déjà précaire suite à quatre interventions chirurgicales à la tête, tant en Haïti qu’à l’étranger, s’est dangereusement dégradée en détention. Elle a dû être hospitalisée pour une deuxième fois après avoir subi plusieurs crises dans sa cellule.   Une détention sans sondement légal ni suivi judiciaire Mme Petit-Frère est détenue depuis plus d’un mois dans des conditions qui s’apparentent à une aberration judiciaire : -Elle est sous le contrôle de la justice haïtienne sans mandat d’arrêt valide. – Elle est maintenue sans qu’aucun chef d’accusation formel n’ait été retenu contre elle. – Elle n’a jamais été présentée devant un juge (comparution légale).   Cette situation est d’autant plus troublante qu’elle fait suite à une brève rétention en République dominicaine le 10 Août dernier, où la Direction Générale de la Migration a formellement conclu, dans un rapport, que sa présence ne compromettait nullement la sécurité dominicaine.   Malgré l’absence de charges locales ou internationales, la détention persiste. Les rumeurs ont servi de prétexte à la presse sensationnaliste, mais ne constituent en rien une base légale.   Les Silences Alarmants La question centrale demeure : Pourquoi la maintenir en détention arbitraire ? Rosemila Petit-Frère menait activement ses activités professionnelles et commerciales en Haïti sans être inquiétée avant son incarcération, que la DCPJ elle-même avait initialement hésité à opérer sans motif légal. Le plus frappant dans ce dossier est l’absence de réaction institutionnelle : -Les avocats ont déposé une demande d’habeas corpus pour obtenir sa libération immédiate, mais les démarches restent sans résultat jusqu’à présent. – Aucune organisation de défense des droits humains ni les médias n’ont, jusqu’à présent, réussi à intervenir efficacement pour dénoncer ou modifier cette situation. Ces faits suggèrent une forte instrumentalisation politisation de la justice à des fins inavouées. Le cas de Mme Petit-Frère est emblématique des graves dysfonctionnements du système judiciaire haïtien : – Arrestations arbitraires de personnalités. – Non-respect flagrant des procédures légales (détention sans mandat ni chef d’accusation). – Lenteur ou inefficacité des recours (échec de l’habeas corpus). – Manque d’indépendance des instances judiciaires face aux pressions politiques ou autres. Ces dérives systémiques minent la confiance des citoyens dans la justice, renforcent l’impunité et contribuent à la fragilisation d’un pays déjà instable. Il est urgent d’exiger que la justice agisse librement et sans arbitraire pour garantir les droits fondamentaux et la préservation de la santé de Mme Petit-Frère voire de sa . ..VIE.   La PDG de Radio Télé Monopole apparait comme la nouvelle victime de ceux qui ont la nostalgie de la période de la dictature des Duvalier avec une justice inexistante et totalement contrôlée par l’Exécutif.   Rédaction Monopole / DSB Download QR 🠋

Coopération

10:00

23 septembre, 2025

Réunion de haut niveau à l’ONU : Laurent St Cyr réclame des moyens plus efficaces pour combattre les gangs

Une réunion de haut niveau s’est tenue lundi au siège des Nations Unies autour de la crise sécuritaire qui ravage Haïti depuis plusieurs années. Le Président en exercice du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), Laurent St Cyr, a réaffirmé son soutien aux forces kenyanes déployées en Haïti dans le cadre de la Mission multinationale de soutien à la sécurité (MMSS), dont le mandat actuel prend fin le 2 octobre prochain.   Devant un parterre de diplomates étrangers, M. St Cyr a une nouvelle fois exhorté la communauté internationale à agir en toute urgence afin de rétablir la sécurité sur le territoire national. Il en a profité pour remercier les États-Unis d’Amérique ainsi que certains pays de la Caraïbe, notamment la Barbade, pour leur appui constant et inconditionnel en cette période de crise multidimensionnelle.   Au cours de son intervention, le chef du CPT a rappelé que la priorité absolue demeure la neutralisation de la puissance de feu des gangs armés qui exploitent la faiblesse de la Police nationale et des Forces armées d’Haïti pour occuper de plus en plus de territoires. « Aujourd’hui, nous avons besoin davantage de personnels, de moyens logistiques, d’équipements adaptés, de financements suffisants et de renforts opérationnels adéquats pour détruire définitivement la puissance de feu des gangs », a-t-il lancé.   Il a également souligné les avancées notables réalisées par le Conseil Électoral Provisoire (CEP) en seulement 11 mois de fonctionnement, précisant que l’institution a déjà identifié plusieurs sites devant accueillir les opérations électorales et référendaires. Toutefois, la dégradation de la situation sécuritaire reste le principal obstacle à la tenue du scrutin. « La priorité est de permettre à chaque citoyenne et à chaque citoyen de circuler librement sur le territoire. Nous devons reprendre le contrôle du Centre administratif, cœur du pouvoir, et assurer la libération des axes stratégiques reliant le Nord et le Sud », a-t-il insisté.   Cette rencontre s’inscrit dans une longue série de réunions déjà organisées au sein du Conseil de sécurité de l’ONU et de l’Assemblée générale, où la question haïtienne figure régulièrement à l’agenda. Ces dernières années, plusieurs résolutions ont été adoptées, notamment la Résolution 2699 (octobre 2023) autorisant le déploiement d’une mission multinationale de soutien à la sécurité, ou encore celles renouvelant l’embargo sur les armes destinées aux gangs et renforçant les sanctions individuelles contre certains chefs criminels et acteurs politiques accusés de collusion. Malgré ces initiatives, les résultats concrets tardent à se faire sentir sur le terrain.   En effet, malgré la présence limitée de forces étrangères et les efforts de la Police nationale d’Haïti, les gangs continuent de défier l’autorité de l’État et d’étendre leur emprise territoriale. Certains responsables politiques n’hésitent pas à accuser ouvertement certains secteurs, notamment des élites économiques, d’être de connivence avec les groupes armés, transformant ainsi des zones entières de Port-au-Prince en véritables zones franches criminelles.   La circulation dans plusieurs artères de la capitale et de sa périphérie est devenue un pari risqué, chaque citoyen se retrouvant à tout moment exposé à la mort. Une réalité tragique pour un pays situé à seulement deux heures d’avion de la plus grande puissance économique et militaire du monde. Un constat amer et navrant qu’aucune logique humaine n’aurait pu imaginer, et pourtant, c’est bien la triste réalité d’Haïti aujourd’hui.   Rédaction / Monopole Download QR 🠋

International

11:33

22 septembre, 2025

ONU : Vers la reconnaissance d’un Etat Palestinien, de nouveaux soutiens diplomatiques

La question palestinienne revient au centre de la scène internationale à la veille de la 80ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies. Plusieurs pays, parmi lesquels la France, prévoient d’annoncer officiellement leur reconnaissance de l’État palestinien, une initiative qui élargirait considérablement le cercle des soutiens diplomatiques à la Palestine.   Cette démarche intervient alors que le conflit israélo-palestinien connaît une nouvelle escalade. En Cisjordanie, le gouvernement israélien poursuit et menace même d’accélérer la colonisation, accentuant les tensions sur le terrain. À Gaza, les opérations militaires israéliennes se sont intensifiées ces dernières semaines, aggravant une crise humanitaire déjà dramatique.   Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a réaffirmé son opposition catégorique à la création d’un État palestinien. Il a également laissé entendre que Tel-Aviv pourrait procéder à de nouvelles annexions de territoires en Cisjordanie, une position qui isole encore davantage Israël sur la scène diplomatique face à la montée des soutiens en faveur de la Palestine.   La perspective de nouvelles reconnaissances de l’État palestinien à l’ONU marque une étape importante dans la diplomatie mondiale. À ce jour, plus de 140 pays membres des Nations unies reconnaissent déjà la Palestine, mais l’entrée en lice de nations européennes de poids, telles que la France, pourrait changer la donne et accroître la pression sur Israël et ses alliés.   La session de l’Assemblée générale qui s’ouvre ce lundi s’annonce donc sous haute tension, entre les discours attendus des dirigeants mondiaux, la mise en avant des revendications palestiniennes et les réactions d’Israël, déterminé à bloquer toute avancée vers une solution à deux États.   Rédaction / Monopole Download QR 🠋

Politique

11:09

22 septembre, 2025

Haïti-Élections : Le Conseil électoral provisoire se dote d’un nouveau bureau

Malgré l’incertitude persistante entourant la tenue des prochaines élections, le Conseil électoral provisoire (CEP) vient de renouveler sa direction. Un nouveau bureau a été installé au cours du weekend, avec à sa tête Jacques Desrosiers, représentant de la presse, désormais président du CEP.   Après plusieurs mois de blocages et de planifications avortées, Patrick St-Hilaire a été écarté de ses fonctions. Le nouveau bureau hérite d’une mission cruciale : organiser le référendum constitutionnel et les élections générales avant la date butoir du 7 février 2026. Toutefois, de nombreux observateurs estiment qu’au vu de l’insécurité et du manque de préparation logistique, seul un miracle permettrait de respecter ce calendrier.   Le Conseil présidentiel de transition et le gouvernement misent actuellement sur la diplomatie pour obtenir un délai supplémentaire, tout en cherchant à contenir la violence des gangs. Ces derniers contrôlent une grande partie de la capitale et étendent leur emprise dans plusieurs villes de province, compliquant toute perspective d’organisation électorale sereine.   La nomination de ce nouveau bureau illustre les tensions internes au sein du CEP, dont les membres restent divisés sur les moyens à déployer pour atteindre les objectifs fixés.   Aux côtés de Jacques Desrosiers, la nouvelle équipe dirigeante est composée de Jaccéus Joseph, vice-président, Nemrod Sanon, trésorier et Peterson Pierre-Louis, secrétaire.   Le CEP, ancienne version, a déjà lancé plusieurs initiatives, notamment la mise en place des Bureaux de Distribution de Cartes (BDC) et des Bureaux de Recensement (BCR) à travers le pays. Mais l’efficacité de ces structures demeure incertaine, compte tenu de la crise sécuritaire et institutionnelle.   Le grand défi du nouveau CEP reste la restauration du processus démocratique. Haïti n’a pas organisé d’élections depuis octobre 2018, date des dernières élections partielles pour le Sénat. Depuis, toutes les échéances électorales ont été reportées ou annulées. Les conséquences sont visibles : Le Parlement est dysfonctionnel depuis janvier 2020, faute d’élections législatives. Les municipalités sont dirigées par des agents intérimaires désignés par l’exécutif, en remplacement des maires élus dont le mandat a expiré. Les ASEC et CASEC, structures locales de gouvernance, sont également inexistants, laissant un vide institutionnel dans les sections communales.   Ainsi, le pays se trouve dans une situation où aucune autorité politique élue n’est en fonction, ce qui affaiblit la légitimité des institutions et nourrit une profonde crise de confiance entre l’État et la population.   Pour l’instant, l’attention est tournée vers le référendum constitutionnel, dont le projet a déjà été transmis aux conseillers-présidents. Ces derniers sont chargés d’en faire la promotion et d’ouvrir le débat public avant de soumettre le texte au verdict des urnes.   La population devra alors décider s’il est nécessaire de remplacer la Constitution de 1987 amendée, jugée par certains comme un frein à la stabilité politique, mais considérée par d’autres comme l’un des derniers remparts démocratiques du pays.   La question demeure : Jacques Desrosiers réussira-t-il là où son prédécesseur a échoué ? La réponse dépendra non seulement de la capacité du CEP à préparer techniquement les élections, mais aussi de la volonté politique des acteurs nationaux et du soutien de la communauté internationale face aux défis sécuritaires et logistiques.   En attendant, les Haïtiens continuent de vivre dans une transition politique sans fin, marquée par un vide institutionnel inédit depuis 2018 et par l’incertitude quant à l’avenir démocratique du pays.   La Rédaction / Monopole   Download QR 🠋

Culture

18:02

19 septembre, 2025

BHDA : Deux jours d’atelier pour réfléchir aux défis de la gestion collective en Haïti

Le Bureau haïtien du droit d’auteur (BHDA) organise, les 23 et 24 septembre prochains, un atelier de travail de deux jours autour du thème : « Droit d’auteur et gestion collective en Haïti : Défis et perspectives ».   Cette activité se tiendra à la salle de créativité du BHDA et réunira plusieurs acteurs concernés par la gestion collective des droits d’auteur : avocats, économistes, créateurs, institutions publiques et privées. La Direction Générale des Impôts (DGI), représentée par son directeur général Romial Petit, sera également de la partie et interviendra sur la thématique ” .   L’économiste Enomy Germain, invité de marque de cet atelier, abordera la dimension économique des droits d’auteur. Selon lui, la gestion efficace de ces droits ne vise pas seulement à protéger les créateurs contre l’exploitation abusive, mais également à leur garantir une juste rémunération.   « Trop d’artistes, écrivains, musiciens et créateurs en Haïti meurent dans la pauvreté alors même que leurs œuvres sont exploitées quotidiennement », rappelle-t-il.   Le BHDA, sous la direction de Ernst Saint Louis, entend ouvrir un débat franc sur cette réalité préoccupante. « Les solutions doivent être trouvées collectivement et appliquées concrètement », insiste le directeur, conscient de la complexité de la question.   L’avocat Me Maxène Dorcéan, figure connue du barreau, interviendra sur un sujet particulièrement sensible : « Contentieux entre créateurs et utilisateurs des œuvres ».   Avec la montée en puissance des réseaux sociaux et des plateformes numériques, la violation des droits d’auteur est devenue encore plus fréquente. « Si toutes les plaintes d’artistes contre des exploitants illégaux étaient déposées, le BHDA croulerait sous les dossiers », confie un cadre de l’institution.   La problématique du droit d’auteur en Haïti reste complexe et multiforme avec un cadre juridique fragile. Bien que la loi haïtienne sur le droit d’auteur existe depuis 2005, son application demeure très limitée. Le manque de sensibilisation de nombreux acteurs du secteur culturel ignorant de leurs droits et obligations reste également un autre facteur important. Il faut aussi souligner la faiblesse des structures de gestion collective.   Le BHDA peine encore à instaurer un système efficace de perception et de redistribution des redevances. Et enfin, l’explosion du numérique, le développement des plateformes sociales et les diffusions en ligne échappent en grande partie au contrôle juridique.   Ces deux journées de réflexion permettront d’ouvrir un dialogue constructif entre les parties prenantes. L’objectif est de renforcer la compréhension des enjeux et de proposer des pistes concrètes pour une meilleure gestion collective. Cet atelier de reflexion qui se fera au bénéfice des opérateurs culturels permettra également aux utilisateurs de contenus sous droit, de prendre connaissance d’outils légaux existant en la matière ainsi que d’autres mécanismes à la protection des oeuvres intellectuelles.   Le BHDA souhaite ainsi que cet atelier soit le point de départ d’une nouvelle dynamique en faveur de la protection des créateurs haïtiens, afin que ceux-ci puissent enfin vivre de leurs œuvres et non survivre malgré elles.   Eddy Trofort Journaliste Download QR 🠋

Culture

11:34

19 septembre, 2025

Haïti : FJKL dénonce un scandale de corruption impliquant l’ISPAN et le Ministère de la Culture

Des fonds destinés au patrimoine national détournés L’organisation de défense des droits humains Fondasyon Je Klere (FJKL) accuse l’Institut de Sauvegarde du Patrimoine National (ISPAN) de détournement de fonds publics estimés à 675 millions de gourdes. Ces ressources devaient servir à des travaux de restauration sur plusieurs sites historiques du pays.   Selon la FJKL, une partie de cet argent aurait été transférée sur les comptes personnels de hauts responsables du Ministère de la Culture, dont l’actuel ministre Patrick Delatour et le directeur de l’ISPAN Jean Patrick Durandis. L’organisation invite l’Unité de Lutte contre la Corruption (ULCC) et l’Unité Centrale de Renseignements Financiers (UCREF) à mener une enquête approfondie.   Une affaire qui fragilise davantage le pouvoir Ce scandale survient alors qu’Haïti est plongée dans une crise humanitaire et économique aiguë. Selon le Bureau Intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH), plus de 6 millions d’Haïtiens sont aujourd’hui menacés par l’insécurité alimentaire. Avec un taux d’inflation avoisinant 30 % et un chômage massif, le pays subit de plein fouet les conséquences d’une instabilité structurelle.   En moins de vingt ans, Haïti a connu trois chocs majeurs : le séisme de 2010, celui d’août 2021, et l’actuelle crise sécuritaire, qui a provoqué le déplacement de plus d’un million de personnes, fait plus de 4 500 morts et entraîné la destruction de milliers de foyers.   Le cas de l’ISPAN illustre un phénomène récurrent. Depuis plusieurs décennies, la corruption gangrène l’administration publique haïtienne et freine toute perspective de développement. Des rapports successifs de l’ULCC, de l’UCREF et d’organismes internationaux comme Transparency International classent régulièrement Haïti parmi les pays les plus corrompus du monde.   Les détournements de fonds publics, l’enrichissement illicite et le clientélisme politique se retrouvent au cœur de la gouvernance. L’affaire PetroCaribe, qui a révélé le détournement de milliards de dollars provenant d’un fonds destiné au développement, reste le symbole le plus frappant de cette dérive.   Pour de nombreux observateurs, l’absence de sanctions réelles, le manque d’indépendance de la justice et l’impunité généralisée favorisent un cycle de corruption qui mine la confiance des citoyens dans les institutions.   Patrick Delatour est désormais le deuxième ministre du gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé à être mis en cause. Avant lui, la ministre Niola Lynn Sarah Devaris Octavius avait été éclaboussée par une enquête de l’ULCC : plus d’un million de gourdes en liquide avaient été découverts dans un coffre-fort à son bureau du MJSAC.   Rédaction / Monopole   Download QR 🠋

Société

14:32

17 septembre, 2025

Mort de Wilford Ferdinand, alias « Ti Will » : une figure controversée des Gonaïves s’éteint

La mort de Wilford Ferdinand, plus connu sous le surnom de « Ti Will », continue d’alimenter débats et interrogations dans la Cité de l’Indépendance. L’ancien membre du Front de résistance de 2003-2004 a été tué mardi, au volant de son véhicule, en compagnie d’un jeune homme. Cet assassinat suscite de vives réactions, tant l’homme avait marqué la vie sociale et politique des Gonaïves, notamment lors de la chute de Jean-Bertrand Aristide en 2004.   Issu du ghetto des Gonaïves, Wilford Ferdinand était reconnu pour sa capacité à mobiliser les quartiers populaires, mais aussi pour ses méthodes brutales et souvent controversées. Activiste redouté, il ne reculait devant rien pour asseoir son pouvoir ou accumuler de l’argent. « Ti Will » n’était pas un enfant de chœur, et son passé judiciaire le démontre clairement.   En 2007, lors d’une opération conjointe de la Police et de la MINUSTAH, lui et son cousin, Alix Suffrant alias « Bout Zòrèy », furent arrêtés puis condamnés à neuf ans de prison pour l’assassinat du journaliste Johnson Edouard, correspondant de Haïti Progrès et cadre régional du parti Fanmi Lavalas.   Prisons et évasions Après le tremblement de terre du 12 janvier 2010, Wilford Ferdinand réussit à s’évader du Pénitencier national. Mais loin de se retirer, il poursuivit ses activités. Accusé d’être impliqué dans le meurtre de la jeune Francesca Gabriel (12 ans) en 2004, arrêté à Dajabon en 2012, puis de nouveau condamné en 2014, il recouvrit finalement la liberté grâce à une grâce présidentielle accordée par Michel Martelly.   Son nom resta toutefois associé à plusieurs scandales : détention illégale d’armes, affaires de vol, altercations violentes et conflits fonciers dans la région de l’Artibonite, qu’il cherchait à contrôler.   Malgré ses multiples démêlés judiciaires, Wilford Ferdinand demeurait une figure influente. Il participa à des manifestations contre l’ancien Premier ministre Ariel Henry, et continua d’incarner pour certains un symbole de contestation du pouvoir central. Depuis la chute de Jean-Claude Duvalier en 1986, les Gonaïves ont souvent été le théâtre de mobilisations décisives, et « Ti Will » s’était imposé comme l’un des acteurs majeurs de ces mouvements.   Son assassinat relance aujourd’hui les tensions dans la commune des Gonaïves. Des manifestants accusent le nouveau directeur départemental de la PNH dans l’Artibonite, Jacques Ader, de liens indirects avec cette affaire. Certains avancent même que « Ti Will » entretenait des rapports avec les gangs de la région. La Police des Gonaïves, pour sa part, n’a pas encore communiqué officiellement sur ces accusations.   Avec la disparition de Wilford Ferdinand, c’est un chapitre à la fois sombre et marquant de l’histoire récente des Gonaïves qui se referme, laissant la ville partagée entre soulagement, inquiétude et incertitude.   Rédaction / Monopole Download QR 🠋

Culture

10:24

17 septembre, 2025

Année René Depestre: La DNL rend hommage à l’immensité de l’œuvre de l’écrivain

La Direction Nationale du Livre (DNL), dirigée par M. Ernst St Louis, ouvre une année entière consacrée à René Depestre, l’un des géants incontestés de la littérature haïtienne et mondiale.   Écrivain centenaire, Depestre demeure une figure universelle : poète, romancier, nouvelliste, essayiste, il est l’auteur d’une œuvre monumentale qui s’étend sur plus de sept décennies. Depuis la publication de son premier recueil, Étincelles (1945), il n’a jamais cessé de créer, enrichissant la littérature de textes qui traversent le temps et les frontières.   Traduites en plus d’une dizaine de langues, ses œuvres ont été couronnées par de prestigieuses distinctions, dont le Prix Renaudot pour Hadriana dans tous mes rêves en 1988. Pourtant, paradoxalement, cette œuvre immense, universellement reconnue, reste encore trop peu explorée et lue en Haïti, sa terre natale.   L’« Année René Depestre » se veut une invitation pressante faite aux jeunes générations, aux lecteurs et aux chercheurs de revisiter cette bibliographie foisonnante, où se croisent l’histoire et la mémoire, l’amour et la sensualité, le vaudou et le surréalisme, la révolte et l’espérance. À travers conférences, ateliers de lecture et d’écriture, organisés dans plusieurs bibliothèques du pays, la DNL offre au public la possibilité de redécouvrir la densité et la beauté de cette œuvre. Ces rencontres seront animées par des professeurs et écrivains familiers de l’univers Depestre.   René Depestre est célébré comme un poète de la vie, des femmes et de la liberté, mais aussi comme un chantre de la culture haïtienne, dont il a su mettre en valeur la peinture, la musique et les traditions populaires. Pour certains critiques, son écriture naît d’une synergie rare entre le surréalisme, le marxisme et le vaudou, faisant de lui un créateur unique, à la fois enraciné dans son identité haïtienne et ouvert sur l’universel.   Par son expérience cubaine et ses prises de distance avec les partis politiques, Depestre a également forgé une posture intellectuelle singulière : critique mais respectueuse des idéaux révolutionnaires, fidèle à sa vision humaniste de la liberté. « Nègre aux vagues espoirs », ainsi qu’il se définit lui-même, il se place comme porteur de rêves immenses, mobilisant la conscience collective pour transformer la vie.   L’année René Depestre n’est pas seulement un hommage ; c’est une reconnaissance de l’inépuisable fécondité de son œuvre. Car Depestre n’est pas seulement un écrivain haïtien : il est un écrivain du monde, dont les mots résonnent encore avec force pour dire la beauté, la douleur et l’espérance humaine. Eddy Trofort Journaliste Download QR 🠋

International

11:23

16 septembre, 2025

Luis Abinader discutera de la crise haïtienne avec Marco Rubio à l’ONU à New York

Le président dominicain Luis Abinader a annoncé, lundi, qu’il rencontrera la semaine prochaine le secrétaire d’État américain Marco Rubio en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies. L’objectif : discuter de la crise haïtienne, devenue l’un des dossiers les plus sensibles pour la République dominicaine et la région.   « Nous allons à l’ONU discuter de la nouvelle vision du gouvernement américain sur la gestion de la situation en Haïti. Nous tiendrons des réunions bilatérales, y compris celles demandées par les États-Unis », a déclaré Abinader lors de son point de presse hebdomadaire au Palais national.   Le président dominicain a rappelé que la question haïtienne reste au cœur de la politique étrangère de son pays. « Nous ne pouvons pas être absents de ces discussions à New York, pendant l’Assemblée générale des Nations Unies », a-t-il souligné.   Depuis plusieurs années, la République dominicaine multiplie les mesures de sécurité le long de sa frontière avec Haïti, longue de près de 400 km. Un mur frontalier a été érigé et des milliers de soldats ont été déployés pour contrer l’infiltration des gangs haïtiens, ainsi que le trafic de drogue, la traite humaine et la contrebande.     En mai dernier, Marco Rubio avait suggéré que l’Organisation des États américains (OEA) joue un rôle plus actif en Haïti, estimant que le pays est désormais « pris en otage par des gangs criminels ». L’administration Trump, a-t-il ajouté, est « prête à jouer un rôle de leader » dans cette crise, mais avec la coopération d’autres partenaires régionaux « tout aussi affectés ».     La rencontre intervient alors que la Mission multinationale de soutien à la sécurité (MSS) en Haïti, dirigée par le Kenya et soutenue par les États-Unis, s’apprête à arriver à son terme en octobre prochain. Le président kényan William Ruto a récemment appelé le Conseil de sécurité de l’ONU à organiser une « transition responsable et opportune ». Créée en 2023 à la demande du gouvernement haïtien, la MSS compte aujourd’hui environ 1 000 membres, dont la majorité sont kényans. Sa mission : épauler la Police nationale haïtienne (PNH) face à la montée en puissance des gangs, qui contrôlent près de 90 % de Port-au-Prince et de vastes zones du pays.   Une crise humanitaire alarmante Malgré cette présence internationale, la violence continue de s’aggraver. Selon l’ONU, Haïti a enregistré une hausse de 24 % des homicides volontaires au premier semestre 2024, atteignant 4 026 meurtres. Dans le même temps, les violences ont forcé plus de 1,3 million de personnes à fuir leur domicile, aggravant une crise humanitaire déjà critique.   Face à cette situation, la République dominicaine insiste sur la nécessité d’un engagement international renforcé. La rencontre entre Abinader et Rubio à New York devrait marquer une nouvelle étape dans les discussions autour de l’avenir d’Haïti mais encore de la gouvernance. Des doutes planent quant à la continuité des Conseillers-Présidents au sein du CPT. Le Temps passe et aucun signe ne semble montrer que des élections auront lieu avant le 7 Février 2026, date de la fin du mandat du Conseil Présidentiel de Transition.   Rédaction / Monopole Download QR 🠋

Justice

11:03

16 septembre, 2025

Haïti : Amnesty International réclame justice pour les victimes des massacres

Amnesty International a appelé, mardi, à des actions immédiates afin de garantir protection et justice aux victimes des massacres en Haïti. L’organisation réagit à l’attaque meurtrière survenue le 11 septembre à Laboderie, à une quarantaine de kilomètres au nord de Port-au-Prince, où 42 personnes ont été tuées par la coalition armée Viv Ansanm.   « Ce massacre rappelle tragiquement la fragilité de la protection offerte par l’État en Haïti. Ni les autorités nationales ni la communauté internationale ne peuvent rester indifférentes alors que la population subit encore des crimes atroces », a déclaré César Marín, directeur des Campagnes pour les Amériques d’Amnesty International.   L’ONG a de nouveau exhorté le Conseil de sécurité de l’ONU à agir d’urgence pour mettre en place des mesures garantissant les droits fondamentaux et répondant aux besoins humanitaires du peuple haïtien.   Amnesty a également appelé l’Organisation des États américains (OEA), la Communauté des Caraïbes (CARICOM), les bailleurs internationaux et les autorités nationales à renforcer leur implication dans la recherche de solutions durables à la crise des droits humains, en veillant à inclure activement la société civile haïtienne.   Selon Marín, « le peuple haïtien a droit à une vie digne et sécurisée, sans vivre dans la peur constante des gangs armés ». Il a souligné que l’absence de réponse efficace entretient l’impunité et expose davantage de communautés comme celle de Laboderie.   En réaction au massacre, le gouvernement haïtien a annoncé hier une série de mesures sécuritaires. Le Haut Commandement de la Police Nationale d’Haïti (PNH) a été convoqué en urgence et des unités spécialisées ont été déployées dans la région pour protéger la population.   D’après le Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH), la violence a déjà fait au moins 1 520 morts et 609 blessés entre avril et juin de cette année, conséquence des affrontements entre gangs, groupes d’autodéfense, civils armés et forces de sécurité. Download QR 🠋

Culture

09:21

16 septembre, 2025

Robert Redford, légende du cinéma américain, est mort à 89 ans

Robert Redford, acteur iconique, réalisateur et fondateur du Festival de Sundance, s’est éteint mardi matin à l’âge de 89 ans, a annoncé son attachée de presse Cindi Berger. L’acteur est décédé « dans les montagnes de l’Utah, l’endroit qu’il aimait, entouré de ses proches », a-t-elle précisé, demandant le respect de l’intimité de sa famille. Figure majeure d’Hollywood, Redford s’était imposé dès la fin des années 1960 avec des rôles cultes dans Butch Cassidy et le Kid ou encore Les Hommes du président. Reconnaissable à son allure solaire et son charisme magnétique, il fut l’un des visages les plus emblématiques de sa génération. Mais Redford n’était pas seulement un acteur adulé : il était aussi un réalisateur oscarisé (Ordinary People, 1980), un producteur audacieux et un militant infatigable en faveur du cinéma indépendant. Visionnaire, il avait fondé en 1981 le Sundance Institute, qui a donné naissance au Festival du film de Sundance, vitrine incontournable des nouvelles voix du cinéma. Au cours d’une carrière de plus de soixante ans, il a remporté deux Oscars (dont un honorifique en 2002) et trois Golden Globes, dont le prestigieux Cecil B. DeMille Award en 1994. Au-delà de son parcours artistique, Robert Redford restera comme un pionnier, un passeur et un amoureux de la liberté créative. Sa disparition suscite une immense émotion dans le monde du cinéma et bien au-delà. La Maison-Blanche a fait savoir qu’un hommage officiel sera rendu dans les prochaines heures. La Rédaction / Monopole Download QR 🠋

Justice

15:50

15 septembre, 2025

Où est le dossier de Rosemila Petit-Frère plus d’un mois après sa détention ?

Depuis plus d’un mois, Rosemila Petit-Frère, Présidente Directrice Générale de Radio Télé Monopole et ancienne mairesse de l’Arcahaie, est détenue à la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ). Sa garde à vue prolongée s’effectue dans des conditions opaques, sans qu’aucun dossier judiciaire n’ait été officiellement présenté. Malgré son état de santé fragile, qui a nécessité une hospitalisation sur ordre du Commissaire du Gouvernement de Port-au-Prince, aucune décision judiciaire concrète n’a été prise.   Le vendredi 5 septembre, ses avocats ont plaidé en habeas corpus devant le doyen du tribunal de Port-au-Prince, Bernard Saint-Vil. Pourtant, l’ancienne mairesse reste détenue, dans un silence incompréhensible de la part des autorités judiciaires.   Un dossier invisible Son avocat, Me Mario Delcy, est catégorique : « Si le dossier de Rosemila existe, qu’on le rende public pour que je puisse préparer la défense de ma cliente ». Jusqu’à présent, ni la DCPJ, ni le parquet n’ont présenté de preuves ou de documents justifiant sa détention.   Des organisations féministes et de défense des droits humains dénoncent une détention arbitraire, qui pourrait être motivée par des pressions politiques. Rosemila Petit-Frère, connue pour son militantisme et son engagement en faveur de l’émancipation des femmes, a dirigé la Fédération des Femmes Maires d’Haïti et formé des centaines de jeunes leaders dans les zones reculées du pays.   Le miroir brisé de la justice haïtienne Cette affaire illustre un problème plus large : l’effondrement du système judiciaire haïtien avec actuellement un docteur au Ministère de la justice. Depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse en 2021, la justice fonctionne au ralenti, paralysée par la corruption, l’insécurité et les ingérences politiques. Plus de 80 % des détenus en Haïti sont en détention préventive prolongée, parfois pendant des années, sans procès ni chef d’accusation clair. Les tribunaux peinent à siéger régulièrement : grèves des greffiers, menaces des gangs et absence de moyens paralysent le système. La Cour de cassation fonctionne avec un effectif réduit, faute de nomination de juges. Dans ce contexte, le cas de Rosemila Petit-Frère n’est pas isolé : il reflète un État de droit moribond, où la justice devient instrument de règlement de comptes et où la présomption d’innocence est bafouée.   Silence complice et inquiétude de la famille Ce qui choque davantage, c’est le silence des grandes organisations de défense des droits humains, habituellement promptes à réagir. Pourquoi ce mutisme face à la détention arbitraire d’une femme figure politique publique et militante ? Pour beaucoup, la réponse réside dans la politisation extrême du système : la justice haïtienne apparaît comme un outil aux mains de certains secteurs influents, au détriment de l’équité et de la transparence.   Après la plaidoirie de Me Delcy, le doyen Saint-Vil a transmis son ordonnance au Commissaire du Gouvernement. Celui-ci doit la signer, puis la notifier à la DCPJ pour obtenir la libération de l’ancienne mairesse. Mais les jours passent et rien ne bouge.   La question demeure : pourquoi cette procédure simple n’est-elle pas exécutée ? Quels intérêts cachés se dressent contre la libération de Rosemila Petit-Frère ?   L’affaire Rosemila Petit-Frère est plus qu’un cas individuel : elle symbolise la faillite d’un système judiciaire incapable de protéger les droits fondamentaux des citoyens. Tant que l’arbitraire primera sur la justice, tant que la loi sera instrumentalisée, Haïti restera une démocratie fragile, à la merci des plus forts.   La libération de Rosemila n’est pas seulement une exigence juridique : c’est une question de principe, un test pour savoir si l’État de droit existe encore en Haïti.   La rédaction / Monopole Download QR 🠋

Sécurité

14:20

15 septembre, 2025

Massacre de Cabaret : le cri de trop contre l’horreur des gangs en Haïti

Jeudi 11 septembre dernier, la ville de Cabaret, sur la route nationale numéro 1, a été plongée dans l’horreur. Une attaque sanglante menée par des gangs de la coalition criminelle « Viv Ansanm » a coûté la vie à une quarantaine de personnes, parmi lesquelles des femmes, des enfants et des personnes âgées. Les assaillants ont pillé, incendié et massacré sans pitié.   Cabaret n’est pas une exception. Depuis près de trois ans, cette coalition de gangs a inscrit la terreur dans son ADN. Mirebalais, Saut-d’Eau, Kenscoff, Port-au-Prince, l’Estère, Liancourt ou encore Pont-Sondé : partout, les mêmes scènes d’horreur se répètent, au prix de centaines de vies innocentes.   Cette spirale de violence illustre l’incapacité de l’État haïtien à rétablir la sécurité depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse. Malgré des annonces répétées, la population demeure abandonnée face à des criminels mieux armés, organisés et déterminés.   Le Haut-Commissariat des Nations-Unies pour les droits de l’Homme (HCDH) s’alarme de cette dérive. Dans un rapport accablant, il souligne que la violence des gangs n’est plus un simple problème d’insécurité mais une véritable attaque coordonnée contre la société haïtienne.   Entre juillet 2024 et février 2025, le HCDH a recensé 4 239 meurtres et 1 356 blessés. À Cité Soleil seulement, 207 personnes ont été massacrées en l’espace de cinq jours. Volker Türk, Haut-Commissaire des Nations-Unies aux droits de l’Homme, rappelle que ces bandes sont lourdement armées grâce à un trafic d’armes venu des États-Unis.   À Cabaret comme ailleurs, la douleur est immense. Dans la capitale, trois frères d’une même famille ont récemment été assassinés. Les foyers pleurent leurs morts tandis que l’État semble impuissant. La rentrée scolaire approche, mais la question brûle les lèvres : les enfants haïtiens peuvent-ils encore aller à l’école sans risquer leur vie ?   Les familles investissent tout dans l’éducation de leurs enfants. Mais comment préparer l’avenir quand le présent est pris en otage par des gangs assoiffés de sang ?   Le massacre de Cabaret est un massacre de trop. Il incarne le ras-le-bol d’un peuple qui réclame sécurité, justice et dignité. La passivité ne peut plus durer.   Haïti se trouve à la croisée des chemins : céder définitivement au règne de la terreur ou choisir de défendre coûte que coûte son avenir. Le silence de l’État est une complicité indirecte. Les enfants, les familles, la nation entière ne peuvent plus attendre. Download QR 🠋

Culture

12:30

12 septembre, 2025

Montréal rend hommage à l’histoire haïtienne : une station de métro portera le nom de Vertières

Dans une initiative empreinte de symbolisme et de reconnaissance interculturelle, la Ville de Montréal a annoncé aujourd’hui que l’une de ses prochaines stations de métro portera le nom Vertières, en hommage à la célèbre bataille de la guerre de l’indépendance haïtienne, survenue en novembre 1803.   Cette bataille décisive, menée par les troupes révolutionnaires haïtiennes contre l’armée napoléonienne, scella la victoire du peuple haïtien et ouvrit la voie à la proclamation d’indépendance du 1er janvier 1804. Haïti devint ainsi la première république noire libre du monde et le premier pays à abolir définitivement l’esclavage, marquant une rupture historique majeure dans l’histoire universelle.   L’annonce montréalaise s’est déroulée en présence de l’écrivain et académicien Dany Laferrière, figure majeure de la littérature francophone. Ce dernier a largement contribué à faire rayonner le nom de Vertières dans l’espace culturel, notamment en l’introduisant dans le dictionnaire de l’Académie française. Pour lui, la bataille de Vertières ne représente pas seulement une victoire militaire, mais un symbole universel de dignité et de résistance face à l’oppression.   Ce geste fort marque un tournant dans la valorisation de l’héritage haïtien au sein du paysage montréalais, où vit une importante communauté d’origine haïtienne. Présente depuis les années 1960, cette diaspora a profondément enrichi la vie culturelle, sociale et politique de Montréal. L’ouverture d’une station portant un nom si chargé d’histoire vient souligner la profonde filiation entre Haïti et le Québec, deux sociétés liées par la langue française, mais aussi par des échanges humains et culturels constants.   En choisissant le nom Vertières, Montréal s’inscrit dans une démarche de mémoire collective qui rappelle que l’histoire haïtienne ne se limite pas à ses difficultés contemporaines, mais qu’elle est également une source de fierté et d’inspiration universelle. L’écho de Vertières résonne encore aujourd’hui comme une victoire de la liberté sur la servitude, et comme une invitation à bâtir des sociétés fondées sur l’égalité et la justice. Rédaction / Monopole Download QR 🠋

Société

12:16

12 septembre, 2025

Haïti : le gouvernement lance une vaste opération de nettoyage au centre-ville de Port-au-Prince

Le gouvernement haïtien a annoncé une série de mesures destinées à redonner vie au centre-ville de Port-au-Prince, paralysé et quasiment déserté depuis près de trois ans en raison de la violence des gangs. Depuis deux semaines, des opérations d’envergure mobilisant des engins lourds, tracteurs, pelleteuses, camions-bennes, ont été déployées pour remettre en état certaines zones stratégiques de la capitale.   D’après les chiffres officiels, environ 1 000 mètres cubes de déchets et près de 200 carcasses de véhicules abandonnés ont déjà été enlevés. Ces travaux, menés en coordination avec la Police nationale d’Haïti (PNH) et une Task Force spéciale, concernent notamment des rues autrefois très fréquentées par les écoliers, comme la rue Capois. Le gouvernement affirme que ces actions visent à faciliter la circulation et à préparer la réouverture des classes dans un environnement plus sûr.     Depuis 2021, Port-au-Prince vit au rythme des affrontements entre groupes armés, dont le puissant « Viv Ansanm », dirigé par Jimmy Cherizier, alias « Barbecue ». Ces violences ont provoqué l’abandon de nombreuses institutions publiques du centre-ville, incendiées ou vandalisées, et forcé des milliers de familles à fuir.   La capitale concentre aujourd’hui près de 80 % des enlèvements recensés dans le pays, selon l’ONU, tandis que les zones contrôlées par les gangs dépassent la moitié de la superficie urbaine. Dans ce contexte, la reprise des espaces centraux en si peu de temps interroge : simple victoire sécuritaire des forces de l’ordre, ou résultat de tractations discrètes avec certains groupes armés ? Jimmy Cherizier auvait récemment demandé à ses hommes de céder certains quartiers afin de permettre aux déplacés internes de regagner leur domicile. La PNH a toutefois mis en garde la population contre un éventuel piège, estimant que les gangs pourraient utiliser les habitants comme boucliers humains en cas de nouvelles offensives policières. Dans les quartiers de Delmas 19 et ses environs, les tensions et affrontements entre bandits et forces de l’ordre continuent.   Le gouvernement insiste sur la dimension sociale et économique de son initiative : au-delà de la rentrée scolaire, il s’agit de créer un climat favorable à la reprise des activités commerciales et au retour des riverains. Les autorités appellent la population à coopérer afin que les efforts conjoints portent leurs fruits.   Mais la tâche reste titanesque. Entre insécurité chronique, déplacement massif de populations et effondrement des infrastructures, la reconstruction du centre de Port-au-Prince s’annonce comme l’un des plus grands défis de l’État haïtien.   La rédaction / Monopole Download QR 🠋

International

11:34

12 septembre, 2025

Brésil : Jair Bolsonaro condamné à 27 ans de prison pour tentative de coup d’État

L’ancien président brésilien Jair Bolsonaro a été reconnu coupable jeudi par la Cour suprême d’avoir orchestré une tentative de coup d’État après sa défaite électorale de 2022. Âgé de 70 ans, il a été condamné à 27 ans et trois mois de prison, une décision historique qui plonge encore un peu plus le Brésil dans une crise politique profonde. Une décision judiciaire sans précédent Par quatre voix contre une, les juges ont estimé que l’ex-chef de l’État avait dirigé une « organisation criminelle » visant à maintenir son pouvoir par des moyens illégaux, allant jusqu’à envisager l’assassinat de son successeur Luiz Inácio Lula da Silva. Le plan aurait échoué faute de soutien de la hiérarchie militaire. Assigné à résidence et déclaré inéligible jusqu’en 2030, Bolsonaro n’a pas assisté aux audiences, son entourage invoquant des problèmes de santé. Son fils Flavio, sénateur, a dénoncé une « persécution politique » et promis de mobiliser le camp conservateur autour d’un projet d’amnistie La condamnation a déclenché des réactions contrastées dans un Brésil déjà fortement polarisé. Dans certains quartiers de Brasilia, des citoyens ont applaudi la décision, la qualifiant de « victoire de la démocratie ». Ailleurs, des partisans de l’ex-président se sont rassemblés devant son domicile, estimant qu’il « finira par mourir en prison » en raison d’un procès jugé « injuste ».   L’affaire prend aussi une dimension internationale. Le président américain Donald Trump, allié de longue date de Bolsonaro, a exercé de fortes pressions pour tenter d’influer sur le verdict. Après l’annonce de la condamnation, son secrétaire d’État Marco Rubio a dénoncé une décision « inacceptable » et promis des représailles économiques. Le Brésil, de son côté, affirme qu’il ne cédera pas aux « menaces ». Déjà, Washington a imposé une surtaxe de 50 % sur une large part des exportations brésiliennes, ouvrant une période de tensions inédites entre les deux plus grandes puissances de l’hémisphère. La rédaction/ Monopole Download QR 🠋

International

16:36

9 septembre, 2025

France : À 39 ans, Sébastien Lecornu succède à François Bayrou à la tête du gouvernement

Issu de la droite et longtemps resté en retrait de la scène médiatique, Sébastien Lecornu, 39 ans, accède à Matignon en tant que Premier ministre. Fidèle compagnon d’Emmanuel Macron depuis 2017, il s’est progressivement imposé comme l’un des rouages essentiels de la macronie. Toujours présent dans les gouvernements successifs depuis l’élection du chef de l’État, il avait déjà été pressenti pour Matignon fin 2023. Ses affaires n’étaient d’ailleurs « jamais totalement défaites », tant sa nomination rue de Varenne avait semblé imminente, avant que François Bayrou ne soit finalement préféré. Malgré l’absence de majorité claire et l’instabilité politique qui en résulte depuis 2022, Lecornu s’est maintenu trois ans à la tête du ministère des Armées, travaillant successivement avec Élisabeth Borne, Gabriel Attal, Michel Barnier et François Bayrou. Discret par nature et peu enclin à la prise de parole publique, il a consolidé son influence surtout en coulisses. « C’est un fidèle de Macron qui ne lui fera pas d’ombre. Son bilan à la Défense est jugé solide », confie un diplomate à l’AFP. Leur proximité remonte notamment à la crise des Gilets jaunes, période durant laquelle Lecornu avait co-animé les « grands débats ». Un conseiller ministériel le décrit comme « un bon soldat, sans véritable charisme ». Proche de Gérald Darmanin et d’Édouard Philippe, il s’est démarqué par son habileté à négocier avec les parlementaires de tous bords. Son principal fait d’armes reste l’adoption quasi unanime de la loi de programmation militaire 2024-2030, dont le budget a été relevé de 40 % par rapport à la précédente. La Rédaction / Monopole Source : France 24 Download QR 🠋

International

16:15

9 septembre, 2025

Népal : La démission du Premier ministre après une révolte populaire meurtrière, 19 morts et 400 blessés

 Une crise politique d’une ampleur sans précédent secoue le Népal, provoquée par la décision controversée du gouvernement d’interdire l’accès aux réseaux sociaux. La situation a atteint un point de non-retour ce mardi avec l’incendie du Parlement et la démission du Premier ministre KP Sharma Oli.   Les manifestations, qui ont débuté en début de semaine, ont viré à l’insurrection. Selon des bilans provisoires, les affrontements entre protestataires et forces de l’ordre ont causé la mort de dix-neuf personnes et fait plus de quatre cents blessés. Malgré l’instauration d’un couvre-feu, l’autorité de l’État a été sévèrement mise à mal. Des bâtiments publics et des résidences officielles ont été attaqués et incendiés.   L’agence de presse AFP rapporte que des manifestants sont parvenus à s’emparer d’armes appartenant à la police postée autour du complexe de Singha Durbar. La résidence du Premier ministre a elle aussi été ravagée par un incendie dans la matinée. Face à cette escalade de la violence, M. Oli a présenté sa démission, déclarant vouloir ainsi « faciliter une sortie politique à la crise ».   Au sein d’une foule en liesse, les Népalais expriment un profond soulagement. Ils voient dans la chute du gouvernement la défaite d’un pouvoir qu’ils jugent autoritaire et corrompu. « C’est le début d’un nouveau chapitre. Le pays nous appartient désormais », ont clamé certains, voyant dans ces événements tragiques l’aube d’une ère nouvelle pour le Népal. Rédaction /Monopole Source : AFP Download QR 🠋

Sécurité

16:01

4 septembre, 2025

Haïti : Une force internationale renforcée de 5500 hommes pour faire face à l’urgence sécuritaire

Alors qu’Haïti s’enfonce dans une crise sécuritaire sans précédent, marquée par des enlèvements massifs, des violences quotidiennes et la mainmise de près de 90 % de la capitale par des gangs lourdement armés, les États-Unis et le Panama ont soumis au Conseil de sécurité de l’ONU un projet de résolution visant à déployer une force multinationale de 5 500 hommes.   Une force plus robuste face à une crise hors de contrôle Cette nouvelle mission, bien plus conséquente que la précédente, serait composée de 5 500 militaires et policiers, appuyés par 50 civils. Son mandat est clair : traquer et neutraliser les gangs, sécuriser les infrastructures vitales et tenter de restaurer un minimum de stabilité dans un pays où la population vit prise en étau entre la terreur et l’effondrement de l’État.   La Cheffe adjointe de mission des États-Unis à l’OEA, Kimberly J. Penland, avait déjà annoncé cette initiative. Le projet de résolution, long de six pages, reconnaît le rôle du Kenya à la tête de la Mission multinationale de soutien à la sécurité (MSS), mais acte également son incapacité à enrayer l’expansion rapide et la militarisation des groupes armés.   Arrivés en juin 2024, les premiers contingents kenyans devaient initialement former une force de 2 500 hommes. Mais faute de financement et face à la complexité du terrain, leurs effectifs n’atteignent toujours pas 1 000 membres, un nombre dérisoire face à des gangs mieux armés et structurés.   Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, souligne dans son rapport que la MSS n’a pas les moyens de freiner la spirale de violence. D’où la nécessité d’une mission renforcée, prévue pour 12 mois, financée par des contributions volontaires et dotée d’un mandat offensif basé sur le renseignement.   Des défis logistiques et une crise humanitaire aiguë La nouvelle force aurait pour priorité de protéger écoles, hôpitaux, ports et aéroports, tout en luttant contre le trafic d’armes qui alimente la violence. Mais de nombreux précédents soulèvent des doutes : en juin dernier, plusieurs cargaisons d’équipements sophistiqués avaient été livrées à l’aéroport Toussaint Louverture, sans impact tangible sur la situation sécuritaire. Mais avec des dépenses énormes pour chaque vol charter.   Parallèlement, la population s’enfonce dans une détresse humanitaire. Plus de la moitié des Haïtiens est menacée par l’insécurité alimentaire. Les violences ont déjà provoqué plus d’un million de déplacés internes, tandis que l’accès à l’eau, à la nourriture et aux soins de base reste gravement compromis. Dans ce contexte, les milliards de dollars mobilisés pour les opérations sécuritaires apparaissent pour beaucoup comme des dépenses déconnectées des besoins urgents du peuple haïtien.   La capitale est paralysée : port et aéroport fonctionnent au ralenti, limitant l’acheminement de l’aide humanitaire. Dans les campagnes, les gangs étendent désormais leur influence, accentuant l’isolement de communautés entières.   Si la proposition reçoit un accueil favorable de plusieurs États membres du Conseil de sécurité, reste à savoir quels pays accepteront de fournir des troupes. Mais la société haïtienne, échaudée par des décennies d’interventions étrangères aux résultats mitigés, demeure profondément méfiante.   Alors que le projet de résolution est examiné, la population observe avec un mélange d’espoir et de circonspection. Le défi pour cette future force est double : lutter efficacement et dans le respect des droits humains contre des gangs ultra-violents, tout en regagnant la confiance d’un peuple meurtri, qui réclame avant tout une solution politique et souveraine, durablement haïtienne, à une crise qui n’a que trop duré.   La Rédaction / Monopole Download QR 🠋

Justice

17:52

2 septembre, 2025

Me Mario Delcy réclame la libération de Rosemila Petit-Frère et dénonce une détention arbitraire

Dans une entrevue accordée à deux stations de radio de la capitale, l’avocat Mario Delcy a livré un vibrant plaidoyer en faveur de la libération de l’ancienne mairesse de l’Arcahaie, Rosemila Petit-Frère. « Pourquoi est-elle encore retenue à la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ) ? », s’interroge l’homme de loi, visiblement indigné par cette situation.   Selon ses explications, Mme Petit-Frère avait été interceptée le dimanche 10 août à l’aéroport de Puerto Plata, alors qu’elle revenait du Canada. Après les contrôles de routine, les agents de l’immigration dominicaine l’avaient escortée à la frontière de Dajabon pour des raisons de sécurité, avant de la remettre aux autorités haïtiennes.   Me Delcy précise que le procès-verbal établi par les autorités dominicaines ne mentionne aucune charge à son encontre. Seuls deux téléphones portables et 20 dollars américains avaient été enregistrés. Contrairement à certaines rumeurs, il réfute catégoriquement l’idée qu’elle aurait transporté un million de dollars. « Je n’ai pas cru une seconde à cette farce. C’était un Fake News, diffusé par des personnes étrangères au métier de journaliste », a-t-il regretté.   L’avocat dénonce le fait que, depuis plus de 21 jours, sa cliente soit détenue dans des conditions qu’il juge inhumaines, sans qu’aucun dossier ne justifie cette privation de liberté. « Il faut éviter de répéter les mêmes erreurs judiciaires dans un État de droit », a-t-il lancé, évoquant un possible règlement de comptes politiques visant Mme Petit-Frère, qui a occupé des postes politiques dans le passé.   Il a également insisté : « S’il existe un dossier, qu’il soit rendu public pour permettre à la défense de faire son travail ». L’avocat a souligné que la PDG de Radio Télé Monopole est gardée dans une cellule surchauffée à la DCPJ, ce qui a provoqué une hémorragie nasale nécessitant une hospitalisation d’urgence dimanche dernier.   Me Delcy rappelle que les articles 24 à 27 de la Constitution définissent clairement les conditions de détention en Haïti, mais que dans ce cas, aucune de ces dispositions n’a été respectée. Il met en garde les autorités judiciaires : « Si un malheur survient à Mme Petit-Frère, le commissaire du gouvernement devra en assumer la responsabilité ».   Pour l’heure, l’ancienne mairesse est hospitalisée à Port-au-Prince après avoir subi une hémorragie nasale suivie de convulsions a induiqué Me Delcy. Des organisations de défense des droits humains ont exprimé leur vive inquiétude quant à son état de santé et à la légalité de sa détention, prolongée sans qu’aucune charge formelle ne soit retenue contre elle.   Rédaction / Monopole Download QR 🠋

Justice

10:30

2 septembre, 2025

Rosemila Petit-Frère hospitalisée : la famille et les proches inquiets appellent à sa libération

Mme Rosemila Petit-Frère, ancienne Mairesse de l’Arcahaie et ancienne Présidente de la Fédération Nationale des Femmes Maires d’Haïti (FENAFEMH), a été hospitalisée d’urgence dimanche en raison d’une crise. Sa famille et ses proches n’ont pas caché leur frustration et leur colère sur les conditions de détention de la Présidente Directrice Générale de Radio Télé Monopole. Elle est détenue depuis 21 jours à la Direction Centrale de la Police Judiciaire sans aucun motif d’accusation.   Durant toute cette période, elle ne s’est pas présentée devant un juge, ni formellement accusée d’aucun crime. Une situation dénoncée comme une violation flagrante de ses droits fondamentaux selon Me Mario Delcy et comme un signe inquiétant du dysfonctionnement chronique de la justice haïtienne. L’état de santé de la PDG de Radio télé monopole est préoccupant avec une hémorragie nasale inquiétante qui l’oblige depuis dimanche à prendre des soins dans un hôpital de la région métropolitaine. D’autant plus, Rosemila Petit-Frère a été opérée à quatre reprises à la tête.   Plusieurs organisations de femmes se mobilisent pour exiger sa libération, dénonçant un traitement jugé sexiste et discriminatoire à l’égard d’une femme engagée politiquement. « Les femmes ont-elles donc le droit de faire de la politique dans ce pays ? », s’interrogeaient-elles face à ce qu’elles considèrent comme une volonté d’exclure les femmes des sphères décisionnelles.   Connue pour son implication dans les communautés locales et son travail au sein de la Fédération Nationale des Femmes Maires d’Haïti (FENAFEMH), Rosemila Petit-Frère a longtemps milité pour renforcer la place des femmes en politique et promouvoir leur formation citoyenne.   La Fondasyon Je Klere (FJKL), qui avait supervisé sa détention, s’était dite préoccupée par son état de santé. Selon l’organisation, Mme Petit-Frère avait subi plusieurs crises à la DCPJ sans prise en charge adéquate. Un médecin avait finalement été autorisé à lui prodiguer des soins, à la suite de fortes pressions de la société civile. Mais dimanche, la crise a été d’une extrême violence obligeant sa famille à l’hospitaliser.   La détention prolongée de Rosemila Petit-Frère sans jugement malgré son état de santé illustre les graves carences du système judiciaire haïtien. En théorie, la Constitution et les Lois de la République prévoient que toute personne arrêtée doit être présentée dans un délai de 48 heures devant un juge, afin de statuer sur la légalité de son arrestation. En pratique, ces délais sont rarement respectés.   Plusieurs facteurs expliquent cette dérive. Le manque d’indépendance judiciaire avec des magistrats soumis à des pressions politiques. La surpopulation carcérale avec plus de 80 % des détenus en Haïti sont en détention préventive prolongée, parfois pendant plusieurs années, sans jugement.   Il faut aussi souligner la faiblesse institutionnelle et l’absence de moyens financiers, de juges formés et de tribunaux fonctionnels ralentit considérablement les procédures. Et enfin le plus grand facteur reste l’Impunité et la non application de la loi ou une application de manière sélective, selon les rapports de force.   Ce cas rappelle que la détention illégale reste une pratique courante en Haïti, malgré les dénonciations répétées des organisations de défense des droits humains. La libération de Mme Petit-Frère devrait être une victoire pour ses partisans et les organisations de femmes, mais aussi pour la justice haïtienne.   « Vingt et un jours de rétention sans charges et sans juge naturel, c’est une atteinte grave à la démocratie », souligne un militant des droits humains contacté par Monopole.   La Rédaction / Radio Télé Monopole   Download QR 🠋

Culture

16:53

29 août, 2025

Haïti prête à enflammer la scène du Carifesta XV à la Barbade

  Au cœur du Carifesta XV, qui bat actuellement son plein à la Barbade, la délégation haïtienne s’apprête à offrir une prestation artistique de haut niveau lors de la très attendue soirée « Country Night 2 », prévue ce 30 août 2025.   Sous le signe de la rigueur et de la créativité, les artistes haïtiens peaufinent les derniers détails. La compagnie 21 Nanchon, en collaboration avec Nègès Fla Vodou, enchaîne les répétitions intenses, mêlant danse traditionnelle, théâtre et spiritualité.   De leur côté, les musiciens de Nanm Vodou A finalisent une ambiance sonore immersive, profondément enracinée dans l’âme haïtienne.   Haïti promet ainsi un moment vibrant et authentique, entre héritage culturel et expression contemporaine.   Xaviera R. Elie Download QR 🠋

Justice

12:55

26 août, 2025

Haïti : L’ex-mairesse de l’Arcahaie Rosemila Petit-Frère détenue arbitrairement malgré son état de santé, FJKL tire la sonnette d’alarme

Dans une note rendue publique lundi 25 août 2025, la Fondasyon Je Klere (FJKL) a tiré la sonnette d’alarme sur l’état de santé préoccupant de Mme Rosemila Petit-Frère, détenue à la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ) depuis quatorze (14) jours sans aucune charge ni preuve formelle contre elle.   Selon l’organisation de défense des droits humains, l’ancienne mairesse de l’Arcahaie et PDG de Radio Télé Monopole souffrirait de crises à répétition, nécessitant une attention médicale urgente. Son état est d’autant plus fragile qu’elle a subi par le passé quatre opérations chirurgicales à la tête.   Le parcours de Rosemila Petit-Frère vers la détention soulève de graves questions. De retour d’un voyage au Canada où elle était allée se faire soigner, elle a été retenue par les autorités dominicaines le dimanche 10 Aout pour des contrôles de routine. Trois jours plus tard, elle était remise à la Police Nationale d’Haïti, bien qu’aucune charge n’ait été retenue contre elle.   Le dossier prend une tournure particulièrement inquiétante lorsque, selon les informations disponibles, l’ancien responsable de la DCPJ aurait initialement refusé de la recevoir, faute de mandat ou de motif légal. Pourtant, elle y est toujours retenue, en violation flagrante des principes fondamentaux du droit.   Cette affaire met en lumière les dysfonctionnements chroniques du système judiciaire haïtien. Normalement, le processus judiciaire devrait suivre une procédure claire c’est-à-dire l’arrestation motivée par un mandat d’arrêt ou une flagrance, la garde à vue n’excédant pas 48 heures avant présentation à un juge avec des charges formellement notifiées à la personne détenue.   Dans le cas de Mme Petit-Frère, cette procédure n’a visiblement pas été respectée. Le délai de 14 jours sans présentation à un juge constitue une violation manifeste du droit à un procès équitable et des dispositions du Code de procédure pénale haïtien.   Un cas qui scandalise la société civile La situation de Rosemila Petit-Frère contraste singulièrement avec celle de la militante Magalie Habitant dont l’état santé est aussi préoccupant selon FJKL. Elle est également détenue à la DCPJ mais dans le cadre d’un mandat régulier. Cette différence de traitement souligne le caractère arbitraire de la détention de l’ancienne mairesse de l’Arcahaie.   Plusieurs organisations de femmes et de la société civile ont appelé à sa libération immédiate, dénonçant une violation flagrante de ses droits fondamentaux et y voyant une forme de persécution politique visant une personnalité connue pour son engagement en faveur des plus vulnérables.   Alors que son état de santé se dégrade, la question de la responsabilité des autorités judiciaires et policières se pose avec acuité. Cette affaire rappelle cruellement que sans indépendance judiciaire et sans respect des procédures légales, aucun citoyen n’est à l’abri de l’arbitraire.   La rédaction / Monopole Download QR 🠋

Culture

11:55

26 août, 2025

Anie Alerte en lice pour deux prix aux Meilleurs Vidéos Africa Awards 2025

  L’artiste haïtienne Anie Alerte, lead vocal du groupe Zile, vient d’être doublement nominée aux prestigieux Meilleurs Vidéos Africa Awards (MVAA).   L’annonce a été faite ce mardi 26 août par les organisateurs du concours, qui récompense chaque année les meilleures productions audiovisuelles musicales du continent africain et de la diaspora.   Anie Alerte est nominée dans les catégories «Meilleure artiste performante de l’année 2025» et «Meilleure musique en vidéo» pour son clip Trayizon, extrait de son dernier album Vwayaj.   Cette double nomination confirme l’impact croissant de son travail artistique sur la scène internationale. Anie Alerte n’est pas la seule star haïtienne nominée pour ce Prix. Bedjine et K-dilak sont éegalement en lice.   La cérémonie de remise des prix se tiendra le 11 octobre 2025 à l’hôtel Oriental de Lagos, au Nigeria, en présence de nombreuses personnalités du monde musical africain et caribéen.   Xaviera R. Elie   Download QR 🠋

Justice

10:02

25 août, 2025

Détention de l’ex-mairesse de l’Arcahaie : les organisations de femmes dénoncent une injustice et une procédure illégale

Rosemila Saint-Vil Petit-Frère est détenue depuis 13 jours sans aucune charge ni présentation devant un juge, dans un contexte de fragilisation judiciaire et politique.   Plusieurs organisations de défense des droits des femmes ont exigé, samedi, la libération immédiate de l’ancienne mairesse de l’Arcahaie, Rosemila Saint-Vil Petit-Frère, lors d’une conférence de presse tenue à Port-au-Prince. Son incarcération prolongée sans motif légal expose les profondes défaillances du système judiciaire haïtien, dans un climat politique tendu à l’approche d’échéances électorales.   Une privation de liberté arbitraire Les signataires de la déclaration commune affirment que Rosemila Saint-Vil Petit-Frère est détenue de manière « arbitraire et illégale », aucune preuve ni accusation formelle n’ayant été portée contre elle. Elles soulignent le non-respect criant de la procédure judiciaire : après 13 jours de détention à la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ), l’ancienne édile n’a toujours pas été présentée à un juge, pourtant une obligation légale dans un délai maximal de 48 heures.   « Rosemila Petit-Frère est détenue uniquement pour son engagement en faveur des femmes et des plus vulnérables. Son incarcération relève de l’intimidation politique », a déclaré Renette Jean, l’une des porte-paroles. La détention de Mme Petit-Frère intervient dans un contexte où le système judiciaire haïtien est régulièrement critiqué pour son manque d’indépendance, ses lenteurs et ses détentions abusives. Affaibli par des crises institutionnelles et des pressions externes, il peine à garantir les droits fondamentaux des justiciables, en particulier dans les affaires politiquement sensibles. Les organisations dénoncent une justice « à deux vitesses » et estiment que cette arrestation vise autant la personne de l’ex-mairesse que son entourage familial et politique, dans une logique d’élimination des opposantes. Dénonciation du sexisme politique Les militantes présentes lors de la conférence ont vivement dénoncé ce qu’elles qualifient de « sexisme politique », affirmant que le traitement réservé à Rosemila Petit-Frère décourage la participation des femmes à la vie publique. « C’est notre droit, c’est notre bataille, c’est notre dignité et c’est notre respect de participer à la vie politique du pays », ont-elles clamé.   Retenue le 10 août par les autorités dominicaines à son retour du Canada, Rosemila Saint-Vil Petit-Frère a été remise à la Police Nationale d’Haïti le 13 août, sans qu’aucune charge ne soit jamais formulée. Transférée successivement à la Direction Départementale du Nord de la PNH, puis à la DCPJ à Port-au-Prince, elle y reste détenue illégalement, malgré un état de santé fragile, ayant subi quatre interventions chirurgicales à la tête.   Alors que la pression internationale et civile s’accentue la violation de droits humains en Haïti, son cas symbolise à la fois les lacunes structurelles de la justice haïtienne et les risques encourus par les femmes engagées en politique. Les appels se multiplient pour que les autorités respectent le droit et libèrent l’ex-mairesse sans délai.   La Rédaction / Monopole Download QR 🠋

Politique

16:49

22 août, 2025

Les Etats-Unis envisagent de changer le leadership de la MMS, le Canada donne son appui

L’administration du président américain Donald Trump envisagent des changements de leadership à la tête de la Mission multinationale de soutien à la sécurité (MSS) en Haïti. Actuellement, c’est le Kenya par le biais de son l’inspecteur général adjoint Godfrey Otunge, qui occupe le poste de commandant de la force MSS. Cependant, la chef de mission adjointe des États-Unis, Kimberly J. Penland, a déclaré le 20 août que les États-Unis prévoyaient de doubler la taille des forces étrangères déployées en Haïti, avec la possibilité qu’un autre pays, plutôt que le Kenya, dirige la nouvelle équipe.   Mme Kimberly J. Penland a déclaré aux dirigeants étrangers présents à l’Organisation des États américains (OEA) que les États-Unis rédigeaient une résolution à présenter au Conseil de sécurité des Nations unies afin de “doter de ressources suffisantes” la lutte d’Haïti contre les gangs et de reprendre le contrôle de son territoire. Si elle est adoptée, la proposition devrait être modifiée, même si elle s’aligne sur une proposition antérieure du secrétaire général des Nations unies, António Guterres.   Guterres avait proposé que le soutien logistique et opérationnel soit financé par les fonds destinés au maintien de la paix. “Si le Conseil de sécurité des Nations unies adopte ce modèle, nous chercherons également à obtenir une participation régionale forte afin d’assurer le leadership stratégique de la force”, a déclaré Mme Penland.   Elle n’a toutefois pas souhaité donner plus de détails sur cette proposition. Mme Penland a commencé son exposé en remerciant le Kenya pour son dévouement, son leadership et son soutien au cours de l’année écoulée, ainsi que pour avoir répondu à l’appel lancé pour venir en aide à Haïti à un moment critique.   Elle a déclaré que le Kenya avait fait preuve de compassion et de courage, en exposant son peuple à des dangers à des milliers de kilomètres de chez lui et en empêchant l’effondrement complet de l’État haïtien.     La présentation du secrétaire général de l’OEA, Albert Ramdin, lors de la réunion a également révélé les plans des États-Unis visant à modifier la mission du MSS et à repenser ses opérations.   Ramdin a présenté une feuille de route de trois ans, d’un montant de 2,6 milliards de dollars, pour Haïti aux ministres des Affaires étrangères représentant le groupe des 35 pays d’Amérique latine et des Caraïbes, ainsi qu’à une poignée de pays observateurs.   Il a déclaré que ce plan reflétait le manque de coordination dans l’aide apportée à Haïti pour faire face à sa crise. Ramdin a également déclaré que la proposition rassemble toutes les parties sous l’égide d’une commission inter-Haïti pour la reconstruction. Il a expliqué que cette proposition est similaire à ce que les États-Unis et les Nations unies ont cherché à faire après le tremblement de terre de 2010 dans le pays.   “Il ne s’agit pas de dire aux autres ce qu’ils doivent faire, mais cette proposition repose sur un cadre logique. Aucun acteur ou donateur ne peut résoudre seul la crise ; cela nécessitera que nous travaillions tous ensemble en fonction de nos capacités et de notre engagement spécifique, que nous pouvons mettre à profit.”   La proposition est une révision de la version précédente de 1,4 milliard de dollars qui allouait 908 millions de dollars à l’aide humanitaire plutôt qu’à la lutte contre les gangs. La proposition américaine prévoit un investissement de 1,33 milliard de dollars pour reconstruire la police nationale haïtienne, réformer le système judiciaire et démanteler les réseaux criminels transnationaux des gangs.     Le Kenya a déployé son premier contingent de 400 policiers en Haïti en juin 2024. Le dernier déploiement remonte à février 2025, lorsque le Kenya a envoyé 144 agents, portant le nombre total de policiers kenyans en Haïti à 744.   Dans une déclaration faite en avril 2025, la porte-parole du département d’État américain, Tammy Bruce, a déclaré que le gouvernement américain soutiendrait la mission MSS après des discussions avec la Première ministre de la Barbade et présidente de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), Mia Mottley. Mme Bruce a déclaré que l’administration Trump soutenait la mission et continuerait à mener des discussions avec d’autres gouvernements de la région.   Les États-Unis soutiennent les efforts déployés par la Mission multinationale de soutien à la sécurité dirigée par le Kenya et la CARICOM pour aider le gouvernement dans ses efforts visant à ramener la paix et la stabilité en Haïti face aux gangs criminels armés. Les États-Unis continuent de consulter les gouvernements de la région.   Une résolution qui a déjà l’appui du Canada. Lors d’une réunion ce vendredi avec le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio, la Chancelière canadienne Anita Anand a donné son approbation à cette résolution qui prévoit également d’augmenter le nombre de troupes en Haïti pour combattre les gangs.   La Rédaction / Monopole   Download QR 🠋