Le ciel s’assombrit une fois de plus au-dessus du football haïtien. L’Association Sportive Capoise (ASC), fierté du Nord et monument vivant de notre patrimoine sportif, vacille sous le poids d’une réalité implacable : le manque cruel de moyens financiers. Selon les révélations du journaliste Frantzdy Presandieu, la participation du club capois au Caribbean Shield est aujourd’hui gravement compromise. En jeu, une somme de plus de 120 000 dollars américains que le club peine à réunir.
Le “Vieux Coq”, habitué aux joutes locales et aux passions régionales, pourrait bien être contraint de renoncer à représenter le pays sur la scène caribéenne. Une gifle non seulement pour le club, mais aussi pour un football national en chute libre.
Les racines du mal sont connues : absence de sponsoring, droits de télévision inexistants, championnat national à l’arrêt, tribunes silencieuses, recettes nulles. Une cascade de manques, une spirale de délaissement. En Haïti, les clubs survivent plus qu’ils ne vivent, et chaque engagement international devient une montagne presque impossible à gravir.
Ce drame silencieux en dit long sur l’état de notre sport roi. Pendant que les projecteurs du monde s’allument ailleurs, ici, la lumière faiblit. Les talents fuient, les terrains se vident, et les rêves s’effritent.
Jusqu’à quand devrons-nous regarder nos clubs lutter seuls contre l’abandon et l’oubli ?
L’ASC, aujourd’hui, n’est pas qu’un club en difficulté. Il est le symbole d’un football qui appelle à l’aide. Un football qui refuse de mourir mais qui, sans soutien, pourrait bien disparaître dans l’indifférence.
Ronald Vaval /Monopole




















