Dans une note rendue publique lundi 25 août 2025, la Fondasyon Je Klere (FJKL) a tiré la sonnette d’alarme sur l’état de santé préoccupant de Mme Rosemila Petit-Frère, détenue à la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ) depuis quatorze (14) jours sans aucune charge ni preuve formelle contre elle.
Selon l’organisation de défense des droits humains, l’ancienne mairesse de l’Arcahaie et PDG de Radio Télé Monopole souffrirait de crises à répétition, nécessitant une attention médicale urgente. Son état est d’autant plus fragile qu’elle a subi par le passé quatre opérations chirurgicales à la tête.
Le parcours de Rosemila Petit-Frère vers la détention soulève de graves questions. De retour d’un voyage au Canada où elle était allée se faire soigner, elle a été retenue par les autorités dominicaines le dimanche 10 Aout pour des contrôles de routine. Trois jours plus tard, elle était remise à la Police Nationale d’Haïti, bien qu’aucune charge n’ait été retenue contre elle.
Le dossier prend une tournure particulièrement inquiétante lorsque, selon les informations disponibles, l’ancien responsable de la DCPJ aurait initialement refusé de la recevoir, faute de mandat ou de motif légal. Pourtant, elle y est toujours retenue, en violation flagrante des principes fondamentaux du droit.
Cette affaire met en lumière les dysfonctionnements chroniques du système judiciaire haïtien. Normalement, le processus judiciaire devrait suivre une procédure claire c’est-à-dire l’arrestation motivée par un mandat d’arrêt ou une flagrance, la garde à vue n’excédant pas 48 heures avant présentation à un juge avec des charges formellement notifiées à la personne détenue.
Dans le cas de Mme Petit-Frère, cette procédure n’a visiblement pas été respectée. Le délai de 14 jours sans présentation à un juge constitue une violation manifeste du droit à un procès équitable et des dispositions du Code de procédure pénale haïtien.
Un cas qui scandalise la société civile
La situation de Rosemila Petit-Frère contraste singulièrement avec celle de la militante Magalie Habitant dont l’état santé est aussi préoccupant selon FJKL. Elle est également détenue à la DCPJ mais dans le cadre d’un mandat régulier. Cette différence de traitement souligne le caractère arbitraire de la détention de l’ancienne mairesse de l’Arcahaie.
Plusieurs organisations de femmes et de la société civile ont appelé à sa libération immédiate, dénonçant une violation flagrante de ses droits fondamentaux et y voyant une forme de persécution politique visant une personnalité connue pour son engagement en faveur des plus vulnérables.
Alors que son état de santé se dégrade, la question de la responsabilité des autorités judiciaires et policières se pose avec acuité. Cette affaire rappelle cruellement que sans indépendance judiciaire et sans respect des procédures légales, aucun citoyen n’est à l’abri de l’arbitraire.
La rédaction / Monopole

















