Les allégations de corruption au sein de l’Office de la Protection du Citoyen (OPC) circulaient depuis longtemps. Plusieurs employés de cette institution, censée défendre les droits des citoyens victimes d’abus, avaient sonné l’alarme. Pourtant, peu auraient imaginé que des malversations puissent émaner de cette structure.
Un rapport d’enquête de l’Unité de Lutte contre la Corruption (ULCC), transmis au Parquet, révèle des irrégularités graves dans la gestion de l’ancien Protecteur du Citoyen, Renan Hédouville. L’institution anticorruption demande l’ouverture de poursuites judiciaires contre lui ainsi que contre plusieurs membres de sa famille, accusés de détournement de fonds publics.
Selon le document, plus de 16 millions de gourdes ont été indûment perçues pour 17 voyages, dont 10 n’ont jamais eu lieu. Parmi ces déplacements fictifs, 7 millions de gourdes correspondaient à des billets d’avion et 9 millions à des indemnités journalières (Per Diem). Des montants qui ont purement et simplement disparu, selon les enquêteurs.
L’enquête a également mis en lumière des sommes suspectes sur les comptes bancaires de Régine Hédouville Louis et de son époux, Tex Louis – respectivement fille et beau-fils de l’ancien Protecteur. Le rapport souligne que Renan Hédouville viole la Loi du 12 mars 2014 sur la prévention et la répression de la corruption. En effet, aucune procédure de mise en concurrence n’a été respectée pour l’achat des billets auprès de l’Agence de Voyage Sans Souci, en violation des règles des marchés publics.
Lors de la présentation de son 56ᵉ rapport sur la corruption, le directeur de l’ULCC, Hans Ludwidge Joseph, a dénoncé une situation alarmante : “Le pays traverse des heures sombres, avec une population livrée à la violence. Aujourd’hui, il n’y a aucune différence entre ceux qui nous terrorisent et ceux qui nous volent, privant ainsi les plus vulnérables de soutien.”
L’ULCC conclut que l’ancien Protecteur a manqué à ses obligations de contrôle et de gestion des fonds alloués à l’OPC. Plusieurs personnes sont visées par cette affaire, dont Renan Hédouville, ex-Protecteur du Citoyen, Régine Louis et Tex Louis, sa fille et son gendre, Mimose Moyard, Juliana Thomas Simplice, Jean Jolin Dodier et Hugues Narcisse qui sont d’anciens collaborateurs.
D’autres anciens responsables publics sont également dans le collimateur de l’ULCC, notamment Carl François, ancien directeur de l’OFATMA et Stéphane Vincent ancien directeur de l’Immigration. L’affaire devrait prochainement être portée devant la justice.
La Rédaction


















