Dans la nuit du 12 au 13 mars dernier, un incendie criminel a ravagé les locaux de la station de radio Télé Caraïbes (RTVC), située rue Chavannes à Port-au-Prince. Cet acte de violence a suscité une vague d’indignation et de condamnations, notamment , de la part de l’ancien Président , Jocelerme Privert.
En effet, sur son compte Twitter (devenu X), l’ancien Chef de l’État de la transition, période 2016 – 2017, a fermement condamné ce qu’il qualifie de « menace absolue contre la liberté de la presse ».
Pour Jocelerme Privert, une telle sauvagerie ne peut être interprétée que comme une « volonté d’effacer un pan de la mémoire collective haïtienne ».
Il souligne que ces actes de vandalisme s’inscrivent dans une série d’agressions répétées contre des institutions culturelles et médiatiques, fragilisant ainsi les repères historiques du pays. Parmi les exemples cités, il mentionne l’incendie du journal Le Nouvelliste, la destruction partielle de la Bibliothèque Nationale et celle des Archives des Presses Nationales.
Une inquiétude grandissante face à la montée de la violence.
L’ancien Président s’interroge sur les prochaines cibles potentielles des criminels, notamment ceux regroupés au sein de la coalition de gangs « Viv Ansanm ».
Il appelle les forces vives de la société haïtienne à se mobiliser pour mettre un terme à cette escalade de violence qui vise non seulement les médias, mais aussi les institutions stratégiques chargées de préserver la mémoire collective.
Malgré la présence de la mission d’appui à la sécurité dirigée par le Kenya, la coalition « Viv Ansanm », menée par Jimmy Chérisier, alias « Barbecue », continue de semer la terreur dans la capitale haïtienne. Des quartiers résidentiels sont régulièrement le théâtre de pillages et d’incendies criminels, plongeant la population dans un climat de peur et d’insécurité. La Police Nationale d’Haïti (PNH) tente, tant bien que mal, de reprendre le contrôle des zones occupées par les gangs, mais ses efforts restent vains pour l’instant.
Un appel à l’action face à une crise multidimensionnelle.
Face à cette situation alarmante, Jocelerme Privert insiste sur la nécessité d’une réponse collective et coordonnée. Il en appelle à la mobilisation de toutes les composantes de la société haïtienne pour protéger les institutions essentielles à la préservation de l’identité et de l’histoire du pays. Selon lui, la lutte contre l’impunité et la restauration de l’État de droit sont des préalables indispensables pour enrayer cette spirale de violence.
En conclusion, l’incendie criminel des locaux de Télé Caraïbes ne doit pas être perçu comme un acte isolé, mais plutôt comme le symptôme d’une crise plus profonde que les fondements mêmes de la démocratie et de la culture haïtiennes.
La communauté internationale, tout comme les acteurs locaux, se doit d’agir rapidement pour éviter une aggravation de la situation.
Eddy Trofort
Journaliste





















