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Santé : 100 millions de dollars pour la réhabilitation de l’hôpital Justinien, un investissement contesté

Crédit photo: L'entrée de l'hôpital Justinien du Cap

Santé : 100 millions de dollars pour la réhabilitation de l’hôpital Justinien, un investissement contesté

L'entrée de l'hôpital Justinien du Cap

Lors du programme gouvernemental « Les Mardis de la Presse », le ministre de l’Économie et des Finances, Alfred Metellus, a annoncé que la Banque interaméricaine de développement (BID) a octroyé 243 millions de dollars à Haïti pour des secteurs clés : éducation, infrastructures routières et santé.

 

Parmi ces fonds, 100 millions de dollars sont destinés à la réhabilitation de l’hôpital Justinien du Cap-Haïtien, le principal centre hospitalier du Nord, dont l’état est critique avec manque de matériel, personnel sous-payé et les locaux inadaptés.

 

Un investissement contesté

Si cette enveloppe est une bonne nouvelle, certains estiment que ces fonds auraient pu être mieux utilisés en renforçant d’abord les centres de santé périphériques, souvent négligés. Actuellement, de nombreux patients parcourent de longues distances comme Dondon, Saint-Raphaël, Milot, et d’autres villes pour se faire soigner pour des cas mineurs, ce qui crée une énorme pression sur l’hôpital Justinien.

 

Le nouveau ministre de la Santé, Dr Sinal Bertrand, formé à Cuba, connaît bien l’importance des structures locales. Il aurait préféré une approche plus décentralisée, inspirée du modèle cubain, pour rapprocher les soins de la population.

 

Un système de santé en crise

Aujourd’hui, notre système de santé accuse un manque de personnel dans les centres de province. Dans la majorité des structures, souvent seulement des infirmières prodiguent des soins aux patients. 60 à 65 % des accouchements ont lieu en dehors des hôpitaux, avec des risques élevés.

 

Des femmes haïtiennes au niveau des villes frontalières meurent en République dominicaine, faute de soins dignes en Haïti. Le cas de Lourdia Jean qui a trouvé la mort après son accouchement refusant de se rendre à l’hôpital par crainte de se faire humilier par les agents de l’immigration dominicaine.

Dr Bertrand a récemment déclaré lors de la journée Internationale des infirmières le 12 mai dernier : « Les femmes ne doivent plus mourir faute de soins à l’accouchement. » Mais les Haïtiens attendent des actes concrets, pas seulement des discours. Des mesures courageuses doivent être prises pour renforcer le système sanitaire et rapprocher les structures de la population.

 

Pour un réel développement, les fonds doivent être utilisés efficacement, en priorisant l’accès aux soins de base. La santé ne se limite pas aux grands hôpitaux : renforcer les petites structures sauverait plus de vies.

 

Eddy Trofort

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