Les États-Unis viennent de porter un coup dur aux gangs haïtiens en désignant officiellement la coalition « Viv Ansanm » et le gang « Gran Grif » comme organisations terroristes étrangères (FTO) et entités terroristes mondiales spécialement désignées (SDGT). Ces groupes, responsables de 5 000 à 6 000 homicides selon le Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH), sèment la terreur dans le pays, paralysant les institutions et poussant des milliers de civils à fuir.
Dirigée par l’ancien policier Jimmy Chérisier, alias « Barbecue », la coalition « Viv Ansanm » contrôle désormais plus de 80 % de la capitale. Ses méthodes incluent les Attaques contre des infrastructures clés comme les prisons, les commissariats et l’aéroport international de Port-au-Prince (Toussaint Louverture). Cette coalition paralyse la Capitale avec le blocage des routes principales, rendant des quartiers entiers inhabitables et incendiant des maisons devenues des pratiques violentes et systématiques pour chasser les habitants.
Ces actions rappellent les tactiques utilisées par les rebelles lors de la chute de Jean-Bertrand Aristide en 2004. Le Département d’État américain souligne que ces gangs ont forcé la démission de l’ex-Premier ministre Ariel Henry et provoqué la fermeture de dizaines d’hôpitaux, dont ceux de l’Université d’État et de Mirebalais.
Hors de la capitale, le gang « Gran Grif » domine l’Artibonite, région stratégique pour la production de riz. Actif depuis 2022, il est responsable de 80 % des morts civiles dans la zone. Le Département d’État accuse ce groupe d’avoir attaqué la Police Nationale d’Haïti (PNH) et la Mission Multinationale de Soutien à la Sécurité (MSS), tuant notamment un officier kényan en février 2025.
Cette désignation comme organisations terroristes entraîne le Gel des avoirs aux États-Unis, des Interdiction pour les citoyens américains de toute transaction avec ces groupes. Cela entraine le Risque de poursuites pour quiconque leur apporte un soutien matériel.
Déjà, le Canada et les États-Unis ont sanctionné des hommes politiques, hommes d’affaires et anciens officiels haïtiens soupçonnés de financer ces gangs. Toutefois, aucune inculpation judiciaire n’a encore été annoncée contre ces soutiens présumés, malgré leur rôle présumé dans le trafic de drogue, d’armes, de munitions et d’organes.
Si cette décision isole financièrement ces gangs, elle ne règle pas la crise sécuritaire en Haïti. Les États-Unis n’ont pas précisé quelles actions concrètes suivront pour démanteler ces réseaux ou juger leurs parrains. Du coté des autorités haïtiennes, c’est le mutisme. Le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) avait instruit le Gouvernement à engager des poursuites contre ces personnalités sanctionnées par la communauté Internationale.
Le Gouvernement n’a pas encore répondu concrètement à cette demande vu la situation de délabrement des bureaux publics et le dysfonctionnement de l’appareil judiciaire. Les difficultés de monter les dossiers sont évidentes avec une justice déjà moribonde et corrompue. Plusieurs tribunaux ont été relogés en raison de l’insécurité. Des dossiers volatilisés lors des attaques des gangs. Le défi reste énorme pour les autorités haïtiennes pour transformer ces sanctions en actions dans un pays dont le siège du pouvoir est occupé à plus de 85% par les « Terroristes ».
La Rédaction




















