La capitale haïtienne, fait face à une catastrophe humanitaire sans précédent, marquée par l’effondrement de son système de santé. En raison de l’insécurité grandissante liée à la violence des gangs, de nombreux hôpitaux et centres médicaux ont été contraints de fermer leurs portes, privant des milliers de patients d’accès aux soins essentiels. Parmi les structures touchées figurent des établissements publics, privés et même des organisations humanitaires comme Médecins Sans Frontières (MSF).
Ils sont environ une trentaine, les Hôpitaux obligés de fermer leurs portes. L’hôpital de l’Université d’État d’Haïti (HUEH), autrefois considéré comme le plus grand hôpital public du pays, a cessé ses activités en raison des attaques armées de la coalition des gangs dans la région métropolitaine.
L’Hôpital Saint-François de Sales, situé en plein centre-ville, a dû cesser ses opérations toujours en raison des violences. L’Hôpital Français d’Haïti a délocalisé ses services après des pillages subis au Centre-Ville de Port-au-Prince. L’Hôpital Sanatorium, un centre spécialisé dans la prise en charge de la tuberculose, a été contraint de suspendre ses services. L’Hôpital Mars et Kline, victime d’attaques répétées et en plein cœur des violences a dû fermer.
L’Hôpital Bernard Mevs, l’une des rares structures de santé et de traumatologie de pointe, après plusieurs attaques, a été forcé de suspendre ses services en raison des risques sécuritaires. L’Hôpital Sainte-Catherine, situé à Cité Soleil, une zone de grands conflits entre gangs et la Police, a aussi cessé de fonctionner. Les Centres GHESKIO, très connus pour son apport dans la lutte contre le VIH,Sida et la tuberculose, ont cessé leurs activités au Bicentenaire. Plusieurs membres du personnel de Gheskios ont été enlevés et passés plusieurs semaines en séquestration.
Après les attaques des gangs de la Croix-des Bouquets et de Canaan à Mirebalais le 31 mars dernier, les autorités sanitaires du pays ont dû transférer les patients de l’Hôpital Universitaire de Mirebalais (HUM) vers d’autres centres hospitaliers pour des raisons de sécurité. Bien que situé en dehors de la capitale, la pression accrue des gangs a obligé les administrateurs à fermer l’HUM. L’ONG Médecins Sans Frontières (MSF), a suspendu ses activités dans plusieurs centres après les attaques contre son personnel notamment des incidents violents ciblant son personnel et ses infrastructures.
Les fermetures de ces centres hospitaliers font exploser le coût des soins : Les consultations, autrefois accessibles, coûtent désormais entre 2500 et 5000 gourdes, une somme inaccessible pour une majorité d’Haïtiens. La Pénurie de médicaments devient inquiétante. Les pharmacies et les rares hôpitaux qui fonctionnent, peinent à s’approvisionner en raison des blocages routiers. Les Laboratoires pour les examens ne sont pas disponibles. Les Personnes vivant avec le VIH (PVVIH) et les patients des maladies chroniques subissent des traumatismes graves et pourraient mourir faute de soins.
Le Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP) reste étrangement silencieux, sans plan concret pour rouvrir ces structures ou assurer une alternative. Les professionnels de santé dénoncent l’abandon de l’État, tandis que la population se retrouve livrée à elle-même.
Alors que la communauté internationale se concentre sur la crise politique, la situation sanitaire et humanitaire, s’aggrave chaque jour. Sans une réouverture urgente des hôpitaux et une sécurisation des zones critiques, Haïti risque de sombrer dans une crise sanitaire encore plus profonde.
La Rédaction




















