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L’insécurité et l’effondrement du marché immobilier en Haïti : un cri d’alarme

Crédit photo: Des élèves dans les rues dans une atmosphère de violence

L’insécurité et l’effondrement du marché immobilier en Haïti : un cri d’alarme

Des élèves dans les rues dans une atmosphère de violence

L’insécurité qui ravage Haïti ne se contente pas de déchirer les familles et de jeter des milliers de personnes sur les routes. Ses tentacules s’étendent bien au-delà, étranglant l’économie et, de manière particulièrement visible, dévastant le marché immobilier national. Ce secteur, déjà fragile, subit de plein fouet les conséquences d’un exode massif et d’une spéculation effrénée, plongeant un peu plus le pays dans le chaos.

L’effet le plus immédiat et le plus criant de cette crise est l’augmentation vertigineuse des prix des loyers. Lorsque des milliers de personnes déplacées affluent vers des zones perçues comme relativement plus sûres, la demande en logements explose. Ce flux incessant crée un déséquilibre spectaculaire entre l’offre et la demande. Des chambres qui, il n’y a pas si longtemps, se louaient pour quinze mille gourdes, voient désormais leur prix s’envoler à cent cinquante mille gourdes, voire plus, sans la moindre possibilité de négociation.

 

Les propriétaires, profitant de la détresse de ces familles contraintes de trouver un abri à tout prix, imposent des conditions inacceptables. Cette flambée des prix est d’autant plus insoutenable que, parallèlement, le coût des produits de première nécessité ne cesse d’augmenter. Comment demander aux citoyens de maintenir des montants de loyer initiaux alors que le panier de la ménagère est de plus en plus difficile à remplir ?
La logique économique de l’offre et de la demande est implacable : lorsque l’offre est rare et la demande forte, les prix montent. Mais dans le contexte haïtien, cette dynamique est exacerbée par une crise humanitaire sans précédent.

L’irresponsabilité de l’État dans cette situation est flagrante. Encore une fois, son absence se fait cruellement sentir, laissant la population livrée à elle-même face à des forces incontrôlables. Les conséquences sur le marché immobilier ne sont que la partie émergée de l’iceberg, des manifestations directes de l’insécurité généralisée. Tant que la racine du problème – l’insécurité rampante – ne sera pas traitée avec la plus grande urgence et détermination, cette hémorragie continuera de gangréner Haïti.

Il est impératif que les autorités prennent des mesures concrètes et immédiates. Cela passe par :
– Rétablir la sécurité sur l’ensemble du territoire pour permettre aux déplacés de regagner leurs foyers et de désengorger les zones d’accueil.
– Encadrer le marché immobilier pour éviter la spéculation abusive et protéger les droits des locataires. Cela pourrait inclure des plafonds de loyer temporaires dans les zones d’afflux et des mécanismes de régulation.
– Mettre en place des programmes d’aide au logement d’urgence pour les familles les plus vulnérables.
– Lutter contre l’impunité et traduire en justice ceux qui profitent de la misère des populations.

En regardant le budget alloué aux 9 membres du CPT pour leurs résidences secondaires soit environ 400 000 gourdes, on comprend que les 9 membres du CPT ne se sentent pas concernés par ces augmentations.
L’avenir d’Haïti dépend de la capacité de ses dirigeants à reconnaître l’ampleur de cette crise et à agir avec la diligence requise. Ignorer ces problèmes, c’est condamner un peu plus le pays à la déliquescence. Il est temps que l’État assume enfin ses responsabilités et œuvre pour mettre fin à cette hémorragie qui, malheureusement, semble encore arranger certains dirigeants au détriment du bien-être de la population haïtienne.

Dwetsoubouch/Monopole

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