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Vols locaux en Haïti : Un nouvel envol… ou une nouvelle arnaque, à quel prix ?

Crédit photo: Philippe Bayard de Sunrise airways et le Premier Ministre Alix Didier Fils-Aimé lors de la signature du protole d'accord pour la reprise de vols locaux

Vols locaux en Haïti : Un nouvel envol… ou une nouvelle arnaque, à quel prix ?

Crédit photo: Philippe Bayard de Sunrise airways et le Premier Ministre Alix Didier Fils-Aimé lors de la signature du protole d'accord pour la reprise de vols locaux

Le gouvernement haïtien et la compagnie Sunrise Airways ont paraphé ce jeudi un protocole d’accord, promettant le retour des vols locaux dès le 12 juin. Une annonce qui, si elle offre un semblant d’espoir pour la connectivité interne du pays, ne manque pas de soulever un vent de scepticisme quant à la réelle portée de cet accord, notamment en ce qui concerne les prix des billets.

 

En présence du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, du représentant de Sunrise Airways, Phillipe Bayard, et des directeurs généraux de l’AAN et de l’OFNAC, Yves Ducarmel et Reginald Guignard, cette signature est censée marquer un tournant. Un tournant, vraiment ?

 

Depuis des mois, l’insécurité grandissante, particulièrement dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, a contraint Sunrise Airways à clouer ses appareils au sol. Une situation qui, soyons honnêtes, n’a guère été endiguée par l’inaction manifeste du gouvernement en matière de sécurité. Et cette inaction, n’a-t-elle pas étrangement coïncidé avec l’explosion des prix des rares options de transport ? Des billets d’avion s’envolant à plus de 1000 dollars, sans parler des “solutions” par hélicoptère facturées entre 1800 et 2500 dollars US pour des distances dérisoires de moins de 150 km.

 

Face à une telle ampleur jamais connue dans notre histoire de peuple, comment ne pas s’interroger sur la teneur des “nouveaux prix” qui devraient accompagner cette reprise ? Le protocole d’accord signé aujourd’hui inclut-il des mécanismes de régulation tarifaire clairs et contraignants ? Ou s’agit-il d’une simple façade, permettant à une compagnie aérienne de reprendre ses activités sans réellement s’attaquer à la spéculation qui a gangrené le secteur pendant cette période de crise ?

 

Le gouvernement haïtien, qui n’a pas su garantir la sécurité essentielle à la continuité des vols, est-il soudainement devenu un champion de la protection du consommateur ? Quelle garantie avons-nous que les prix, prétendument “facilités” par cet accord, ne resteront pas des montants exorbitants, inaccessibles à la majorité des citoyens haïtiens ? La population, déjà asphyxiée par l’insécurité et la crise économique, n’a-t-elle pas le droit à des tarifs justes et raisonnables pour se déplacer dans son propre pays ?

 

Cette annonce, présentée comme une avancée majeure, ne risque-t-elle pas d’être qu’un coup de communication, une pirouette pour masquer une incapacité persistante à résoudre les problèmes fondamentaux qui paralysent le pays ? La question des vols locaux est cruciale pour le développement et la cohésion nationale. Mais à quel prix ? Le retour des avions sera-t-il synonyme de véritable accessibilité, ou simplement d’une nouvelle opportunité pour quelques-uns de s’enrichir sur le dos d’une population désespérée de se déplacer ?

 

Les prochains jours nous le diront. Mais en attendant, le scepticisme reste de mise. Car en Haïti, la méfiance n’est plus une option, c’est une sagesse acquise au fil des déceptions.

 

DSB/Monopole

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