Alors que la zone métropolitaine de Port-au-Prince serait la cible d’une soixantaine de drones explosifs, des questions pressantes émergent quant à la stratégie sécuritaire mise en œuvre et à sa portée réelle sur l’ensemble du territoire haïtien. Un sentiment de disparité s’installe, rappelant étrangement les inégalités déjà observées dans le secteur de l’éducation, où l’accès à une instruction universelle, gratuite et égalitaire demeure un défi entre la capitale et les villes de province.
Si des dégâts considérables sont annoncés chez les groupes armés dans la capitale, l’absence apparente d’attaques similaires dans des régions comme Gressier, Cabaret, Carrefour, Croix-des-Bouquets, Canaan, l’Artibonite ou Mirebalais, soulève des interrogations légitimes. La population se demande pourquoi ces zones, également touchées par l’insécurité, semblent être épargnées par cette nouvelle forme de réponse sécuritaire.
Cette perception d’une sécurité à deux vitesses est accentuée par les plaintes des policiers des unités spécialisées. Ces derniers dénoncent n’avoir toujours pas reçu leurs primes de risque et leurs per diem, malgré plus de deux mois de mobilisation dans le Plateau Central. Cette situation engendre un sentiment de frustration et d’abandon au sein des forces de l’ordre, essentielles dans la lutte contre l’insécurité.
Face à cette situation, une question cruciale se pose : doit-on comprendre que seules certaines zones périphériques de Port-au-Prince sont jugées importantes, peut-être en raison de la présence du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) ? Cela laisserait supposer que des régions comme Savien, l’Estère, Gressier, Cabaret ou Mirebalais pourraient être laissées à la merci de groupes cherchant à s’emparer du pouvoir ou à gagner en popularité pour les élections prochaines.
Une Cacophonie au Sommet
Le CPT, la primature et la Direction Générale de la Police Nationale d’Haïti (PNH) semblent naviguer dans une cacophonie alarmante et inquiétante. La dépendance des drones explosifs interroge sur la chaîne de commandement et la coordination des opérations. Des rumeurs persistantes évoquent des querelles intestines au sein de l’Exécutif, des luttes de pouvoir pour le contrôle de la machine étatique, allant jusqu’à des tentatives de déloger le Directeur Général de la PNH qui se plaint de n’avoir pas assez de moyens, alors que la Primature à travers son ministre de la Justice parle de plusieurs millions de dollars décaissés pour la PNH. Ce manque d’harmonisation des équipes luttant contre les groupes terroristes est un frein majeur à toute victoire durable.
Pendant ce temps, la population haïtienne endure des souffrances indicibles : viols, déplacements forcés, conditions de vie précaires, exposition au choléra et à d’autres maladies, alors même que nombreux ont perdu leurs habitations. Le rôle du Premier Ministre, perçu comme menant une campagne politique plutôt que de s’attaquer au problème de l’insécurité de manière décisive, ajoute à la frustration générale. L’urgence d’un commandement unique et clair, secret de toute victoire en temps de guerre, est plus que jamais palpable.
Comment cette situation d’apparente inégalité dans la réponse sécuritaire peut-elle être justifiée et que compte faire le CPT et la Primature pour assurer une protection égale à tous les citoyens haïtiens, quelle que soit leur localisation géographique ?
DSB/Monopole




















