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Allégations de corruption au sommet de l’État haïtien : Le CPT sous pression

Le CPT et le Gouvernement ALix Didier Fils-Aimé à la Villa d'Accueil

Allégations de corruption au sommet de l’État haïtien : Le CPT sous pression

Le CPT et le Gouvernement ALix Didier Fils-Aimé à la Villa d'Accueil

Un récent rapport des Nations Unies met en lumière de graves allégations de corruption visant plusieurs membres du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), suscitant de vives inquiétudes quant à la gouvernance actuelle du pays. Le document évoque également des liens présumés avec des groupes criminels, soulignant l’ampleur de la crise politique et institutionnelle que traverse Haïti.

Selon ce rapport accablant, trois membres du CPT sont accusés d’avoir exigé un pot-de-vin de 100 millions de gourdes du directeur de la Banque Nationale de Crédit (BNC). Malgré l’émission de mandats de comparution par la justice, à la suite d’une enquête de l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC), les personnes mises en cause n’auraient toujours pas été inquiétées. Une situation qui illustre, une fois de plus, le climat d’impunité au sommet de l’État.

Gouvernance Dysfonctionnelle et Pressions Extérieures
Le rapport onusien vient confirmer un constat déjà largement partagé par la communauté internationale : celui d’une gouvernance dysfonctionnelle. En réponse, la Communauté des Caraïbes (Caricom) prévoit d’ouvrir, au début de la semaine prochaine, une série de discussions avec les différentes parties prenantes impliquées dans la désignation des membres du CPT. L’objectif affiché est de réévaluer le processus et d’envisager une nouvelle formule de gouvernance. Cette initiative survient alors qu’un rapport de l’Organisation des États Américains (OEA) est attendu dans les 45 prochains jours.

Selon une source généralement fiable citée par la rédaction de Monopole, une rencontre jugée cruciale s’est tenue vendredi à la Villa d’Accueil. En marge des échanges avec le groupe, le chargé d’affaires des États-Unis en Haïti aurait, lors d’un tête-à-tête avec le coordonnateur du CPT, exprimé clairement le souhait de voir les membres impliqués dans l’affaire de la BNC quitter leurs fonctions. Cette exigence aurait été formulée dans le cadre d’un échange centré sur les conclusions du rapport de l’ONU et les inquiétudes croissantes liées à la corruption. Sollicités à plusieurs reprises, ni le CPT ni l’ambassade des États-Unis n’ont donné suite pour confirmer ou infirmer ces informations.

La position de Washington reste par ailleurs ambivalente. Tandis que le Département d’État appelait récemment ses ressortissants à quitter Haïti “dans les plus brefs délais” en raison de l’insécurité, des déclarations ultérieures ont curieusement décrit le pays comme « relativement sûr », afin de justifier la fin du Statut de Protection Temporaire (TPS) pour les Haïtiens. Une contradiction qui accentue le flou autour de la posture américaine.

Un Exécutif déstabilisé
Pris en étau entre une crise de légitimité, des soupçons de corruption, des pressions diplomatiques croissantes et une gouvernance inefficace, le Conseil Présidentiel de Transition fait face à des défis majeurs. À cela s’ajoute l’incertitude persistante autour du TPS, qui menace de précariser davantage des milliers de familles haïtiennes vivant aux États-Unis.

L’Exécutif haïtien se retrouve aujourd’hui dans l’obligation de restaurer un semblant de stabilité dans un pays au bord du chaos. Mais la question centrale demeure : ces pressions internes et externes mèneront-elles enfin à des actions concrètes contre la corruption, et à une refonte en profondeur de la gouvernance ? Rien n’est moins sûr.
En attendant, le sort du CPT, et plus largement de la transition haïtienne, reste suspendu à une série de décisions politiques, diplomatiques et judiciaires, dont l’issue demeure, à ce jour, hautement incertaine.

 

DSB/MONOPOLE

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