Le président dominicain Luis Abinader a annoncé, lundi, qu’il rencontrera la semaine prochaine le secrétaire d’État américain Marco Rubio en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies. L’objectif : discuter de la crise haïtienne, devenue l’un des dossiers les plus sensibles pour la République dominicaine et la région.
« Nous allons à l’ONU discuter de la nouvelle vision du gouvernement américain sur la gestion de la situation en Haïti. Nous tiendrons des réunions bilatérales, y compris celles demandées par les États-Unis », a déclaré Abinader lors de son point de presse hebdomadaire au Palais national.
Le président dominicain a rappelé que la question haïtienne reste au cœur de la politique étrangère de son pays. « Nous ne pouvons pas être absents de ces discussions à New York, pendant l’Assemblée générale des Nations Unies », a-t-il souligné.
Depuis plusieurs années, la République dominicaine multiplie les mesures de sécurité le long de sa frontière avec Haïti, longue de près de 400 km. Un mur frontalier a été érigé et des milliers de soldats ont été déployés pour contrer l’infiltration des gangs haïtiens, ainsi que le trafic de drogue, la traite humaine et la contrebande.
En mai dernier, Marco Rubio avait suggéré que l’Organisation des États américains (OEA) joue un rôle plus actif en Haïti, estimant que le pays est désormais « pris en otage par des gangs criminels ». L’administration Trump, a-t-il ajouté, est « prête à jouer un rôle de leader » dans cette crise, mais avec la coopération d’autres partenaires régionaux « tout aussi affectés ».
La rencontre intervient alors que la Mission multinationale de soutien à la sécurité (MSS) en Haïti, dirigée par le Kenya et soutenue par les États-Unis, s’apprête à arriver à son terme en octobre prochain. Le président kényan William Ruto a récemment appelé le Conseil de sécurité de l’ONU à organiser une « transition responsable et opportune ».
Créée en 2023 à la demande du gouvernement haïtien, la MSS compte aujourd’hui environ 1 000 membres, dont la majorité sont kényans. Sa mission : épauler la Police nationale haïtienne (PNH) face à la montée en puissance des gangs, qui contrôlent près de 90 % de Port-au-Prince et de vastes zones du pays.
Une crise humanitaire alarmante
Malgré cette présence internationale, la violence continue de s’aggraver. Selon l’ONU, Haïti a enregistré une hausse de 24 % des homicides volontaires au premier semestre 2024, atteignant 4 026 meurtres. Dans le même temps, les violences ont forcé plus de 1,3 million de personnes à fuir leur domicile, aggravant une crise humanitaire déjà critique.
Face à cette situation, la République dominicaine insiste sur la nécessité d’un engagement international renforcé. La rencontre entre Abinader et Rubio à New York devrait marquer une nouvelle étape dans les discussions autour de l’avenir d’Haïti mais encore de la gouvernance. Des doutes planent quant à la continuité des Conseillers-Présidents au sein du CPT. Le Temps passe et aucun signe ne semble montrer que des élections auront lieu avant le 7 Février 2026, date de la fin du mandat du Conseil Présidentiel de Transition.
Rédaction / Monopole














