Une réunion de haut niveau s’est tenue lundi au siège des Nations Unies autour de la crise sécuritaire qui ravage Haïti depuis plusieurs années. Le Président en exercice du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), Laurent St Cyr, a réaffirmé son soutien aux forces kenyanes déployées en Haïti dans le cadre de la Mission multinationale de soutien à la sécurité (MMSS), dont le mandat actuel prend fin le 2 octobre prochain.
Devant un parterre de diplomates étrangers, M. St Cyr a une nouvelle fois exhorté la communauté internationale à agir en toute urgence afin de rétablir la sécurité sur le territoire national. Il en a profité pour remercier les États-Unis d’Amérique ainsi que certains pays de la Caraïbe, notamment la Barbade, pour leur appui constant et inconditionnel en cette période de crise multidimensionnelle.
Au cours de son intervention, le chef du CPT a rappelé que la priorité absolue demeure la neutralisation de la puissance de feu des gangs armés qui exploitent la faiblesse de la Police nationale et des Forces armées d’Haïti pour occuper de plus en plus de territoires. « Aujourd’hui, nous avons besoin davantage de personnels, de moyens logistiques, d’équipements adaptés, de financements suffisants et de renforts opérationnels adéquats pour détruire définitivement la puissance de feu des gangs », a-t-il lancé.
Il a également souligné les avancées notables réalisées par le Conseil Électoral Provisoire (CEP) en seulement 11 mois de fonctionnement, précisant que l’institution a déjà identifié plusieurs sites devant accueillir les opérations électorales et référendaires. Toutefois, la dégradation de la situation sécuritaire reste le principal obstacle à la tenue du scrutin. « La priorité est de permettre à chaque citoyenne et à chaque citoyen de circuler librement sur le territoire. Nous devons reprendre le contrôle du Centre administratif, cœur du pouvoir, et assurer la libération des axes stratégiques reliant le Nord et le Sud », a-t-il insisté.
Cette rencontre s’inscrit dans une longue série de réunions déjà organisées au sein du Conseil de sécurité de l’ONU et de l’Assemblée générale, où la question haïtienne figure régulièrement à l’agenda. Ces dernières années, plusieurs résolutions ont été adoptées, notamment la Résolution 2699 (octobre 2023) autorisant le déploiement d’une mission multinationale de soutien à la sécurité, ou encore celles renouvelant l’embargo sur les armes destinées aux gangs et renforçant les sanctions individuelles contre certains chefs criminels et acteurs politiques accusés de collusion. Malgré ces initiatives, les résultats concrets tardent à se faire sentir sur le terrain.
En effet, malgré la présence limitée de forces étrangères et les efforts de la Police nationale d’Haïti, les gangs continuent de défier l’autorité de l’État et d’étendre leur emprise territoriale. Certains responsables politiques n’hésitent pas à accuser ouvertement certains secteurs, notamment des élites économiques, d’être de connivence avec les groupes armés, transformant ainsi des zones entières de Port-au-Prince en véritables zones franches criminelles.
La circulation dans plusieurs artères de la capitale et de sa périphérie est devenue un pari risqué, chaque citoyen se retrouvant à tout moment exposé à la mort. Une réalité tragique pour un pays situé à seulement deux heures d’avion de la plus grande puissance économique et militaire du monde. Un constat amer et navrant qu’aucune logique humaine n’aurait pu imaginer, et pourtant, c’est bien la triste réalité d’Haïti aujourd’hui.
Rédaction / Monopole





















