Le 14 novembre dernier, la Journée Mondiale du Diabète a rappelé l’impact dévastateur de cette maladie chronique, responsable de 3,4 millions de décès dans le monde en 2024. En Haïti, malgré l’absence de chiffres actualisés due à l’insécurité, le diabète fait des ravages, particulièrement chez les 30-60 ans.
Actuellement, 7% de la population adulte haïtienne, soit environ 450 000 personnes, est affectée par le diabète. Le groupe des plus de 30 ans est le plus touché, représentant 90% des cas. Les femmes sont particulièrement vulnérables : elles sont plus présentes aux consultations et cumulent des facteurs de risque comme l’excès de poids et la sédentarité. Le stress généré par l’insécurité ambiante aggrave encore le risque pour les personnes prédisposées.
Pour la première fois cette année, le Ministère de la Santé Publique (MSPP) a mis l’accent sur cette journée mondiale. Une Unité de Coordination des Maladies Non Transmissibles a été créée en septembre 2025 pour développer des stratégies nationales.
Mais depuis 1987, c’est la Fondation Haïtienne de Diabète et de maladie cardiovasculaire (FHADIMAC) qui est en première ligne. Elle informe et sensibilise la population sur la maladie et fait l’éducation des patients et leurs familles. En 2022, la FHADIMAC a même reçu le Prix Centenaire de l’insuline décerné par la fédération Internationale du diabète (FID) lors de son congrès à Lisbonne en Portugal.
Dr Larco explique que ce Prix a été décerné à la FHADIMAC pour des initiatives inspirantes et innovantes après le Tremblement de Terre du 14 Août 2021 dans le Grand Sud et suite au passage de la Tempête Tropicale « Grace » au cours de la même période. Grâce à des agents déployés sur le terrain, la FHADIMAC a permis de faire la prise en charge de 2000 personnes susceptibles de développer le diabète et des maladies cardiovasculaires. Des jeunes volontaires sur le terrain ont sensibilisé la population dans ces deux régions sur les risques de cette maladie et les symptômes; des séances de dépistages ont également eu lieu ainsi que des distributions de médicaments avec l’appui de plusieurs infirmières dans la région.
Dr Larco a aussi indiqué que le personnel médical a bénéficié des séances de formation sur les maladies chroniques notamment le diabète. Ces séances ont également porté sur l’hypertension artérielle.
Après les activités réalisées dans les départements du Grand Sud, la FHADIMAC étend maintenant son action avec une nouvelle succursale à Jérémie (Grand’Anse) et plaide activement pour la cause des maladies chroniques auprès des autorités qui deviennent de plus en plus sensibles face à la multiplication des cas dans le Pays. Les besoins dans la région du Grand Sud sont l’une des principales motivations du choix d’implanter une succursale a souligné Dr Nancy Larco. Par ailleurs, elle a aussi révélé que son père originaire de Jérémie avait également motivé cette décision.
La majorité des personnes diabétiques dans le monde vivent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire. Haïti est aujourd’hui en première ligne. Sans diagnostic précoce et sans prise en charge globale (physique, éducative, mentale et économique), les patients développeront davantage de complications, dégradant leur qualité de vie et appauvrissant le pays.
Pour Dr Nancy Larco de la FHADIMAC, la solution passe par la sensibilisation du grand public pour un diagnostic précoce, l’éducation des patients pour une autogestion responsable. Elle souligne que la FHADIMAC a réalisé des séances de formation des professionnels de santé à cet effet et travaille pour faciliter la disponibilité permanente des intrants (lecteurs de glycémie, médicaments), à toute la population.
Eddy Trofort
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