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Haïti sous la domination étrangère : un laboratoire au mépris de l’élite économique

Manifestation dans les rues de la Capitale Port-au-Prince contre l'insécurité

Haïti sous la domination étrangère : un laboratoire au mépris de l’élite économique

Manifestation dans les rues de la Capitale Port-au-Prince contre l'insécurité

Haïti est depuis des années un véritable laboratoire pour les grandes puissances mondiales. Les paroles d’Yvon Neptune, ancien Premier ministre sous Jean-Bertrand Aristide, résonnent avec une acuité particulière aujourd’hui : « Le pays est un laboratoire. » Autrefois tournées en dérision, ces déclarations ont pris tout leur sens après l’assassinat de Jovenel Moïse, révélant une réalité choquante.

 

Les Nations Unies, l’OEA, la CARICOM, ainsi que des institutions financières comme la Banque mondiale, la BID et le FMI, ont transformé Haïti en un champ de bataille géopolitique. Sous le prétexte d’aide humanitaire et de stabilisation, ces organisations ont en réalité maintenu le pays dans une dépendance mortifère. Les multiples missions internationales n’ont non seulement rien résolu, mais elles ont au contraire aggravé la crise.

 

Aujourd’hui, la communauté internationale semble se lasser d’Haïti, qualifiant la situation de « casse-tête ». Pourtant, ce sont ces mêmes acteurs qui ont largement contribué à la déstabilisation du pays. Les solutions proposées ne proviennent plus des instances diplomatiques, mais d’une frange du secteur privé local, avide de contrôle politique. Cette prise de pouvoir menace d’enflammer davantage le pays.

 

La classe possédante haïtienne, héritière d’un système colonial pervers, a toujours agi contre l’intérêt national. Les profondes divisions basées sur la couleur de peau, les assassinats politiques, la corruption généralisée au plus haut niveau de l’État et l’exclusion systématique des masses ont plongé le pays dans un cycle de violence incessant. À l’image de l’Afrique du Sud sous l’apartheid, une mentalité ségrégationniste persiste, sapant toute possibilité d’unité nationale.

 

Rompre avec le système néocolonial

Certains pays du Sahel ont compris la leçon : pour sortir de l’impasse, il est impératif de s’affranchir des partenaires traditionnels et de rechercher des alliances plus fiables. Haïti doit suivre cette voie. La dépendance envers les puissances étrangères et les institutions financières internationales n’a apporté que misère et chaos.

 

Actuellement, plus d’un million de personnes sont déplacées, fuyant la terreur des gangs. L’État est lamentablement absent, et la communauté internationale détourne le regard. Il est temps que les Haïtiens reprennent leur destin en main, en rejetant à la fois l’ingérence étrangère et la trahison de leur propre élite.

 

Le pays fait face à trois ennemis principaux : l’ingérence internationale, la classe possédante et les opportunistes. Nous attendons que les véritables enfants de cette nation se réveillent pour trouver la voie du salut pour le pays, même au péril de leur vie. Nous ne nous en sortirons pas avec une attitude attentiste et des opportunistes guidés par des intérêts personnels et mesquins. Haïti a besoin de véritables hommes d’État, capables de tenir tête à la communauté internationale pour négocier et relancer la nation sans compromettre son avenir.

 

La situation actuelle d’Haïti nous confronte à un choix crucial : continuer à subir ou se battre pour retrouver notre souveraineté. Ce choix doit être fait avant que le pays ne sombre totalement et ne disparaisse.

 

Rédaction Monopole / DSB

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