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Tensions à Port-au-Prince : Risque de perturbation de la passation de pouvoir au CPT par des violences

Crédit photo: Laurent St Cyr, Représentant du secteur des Affaires au CPT

Tensions à Port-au-Prince : Risque de perturbation de la passation de pouvoir au CPT par des violences

Laurent St Cyr, Représentant du secteur des Affaires au CPT

La capitale haïtienne, Port-au-Prince, est le théâtre de violentes confrontations alors que le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) s’apprête dans quelques heures à entériner un changement de leadership. Des détonations et des coups de feu ont été entendus dans la matinée, en particulier dans la commune de Delmas, et dans la zone de Carrefour Feuilles où des hommes armés ont pris le contrôle de plusieurs rues. Ces incidents surviennent au moment même où Laurent St Cyr, représentant du secteur privé, doit prendre la coordination du CPT, secondé par Didier Fils Aimé, également issu du même secteur.

 

Selon des témoins, les hommes armés ont ciblé des bus de transport public, semant la panique parmi les habitants. Dans les quartiers de Delmas 30 et 32, des civils lourdement équipés se sont déployés, accentuant la tension. Cette violence inattendue perturbe l’installation du nouveau bureau du CPT, un moment déjà crucial et entouré de controverses.

 

Un contexte lourd de spéculations

Ce passage de flambeau au sein du CPT, qui donne pour la première fois les rênes du pouvoir totalement au secteur privé des affaires, s’opère dans un climat de méfiance et de rumeurs persistantes. D’aucuns voient dans ces violences une réaction hostile à l’installation de ce nouveau leadership, entaché par des allégations de corruption. L’ancien coordonnateur Fritz Alphonse Jean avait notamment dénoncé le bail controversé de la Caribbean Port Services (CPS), une affaire qui pèse lourdement sur la crédibilité du conseil.

 

D’autres théories circulent pour expliquer cette flambée de violence. Certains y voient une manœuvre des gangs armés visant à se dissocier de la frange du secteur privé censée prendre les commandes, dans le but de masquer leurs liens présumés. Une troisième hypothèse évoque une possible offensive de l’équipe de Guy Philippe, qui chercherait à profiter de cette période de transition pour tenter de s’emparer du pouvoir.

 

Alors que la journée vient à peine de commencer, l’incertitude demeure quant aux réelles motivations derrière cette vague de terreur. Une chose est certaine : le pays continue de s’enfoncer dans une crise profonde. Quelles que soient les raisons de cette flambée de violence, elle n’apporte aucune solution à la souffrance d’une population déjà à bout de souffle.

 

DSB / Monopole

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