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Massacre de Cabaret : le cri de trop contre l’horreur des gangs en Haïti

Manifestation contre les auteurs du massacre La Saline à Port-au-Prince

Massacre de Cabaret : le cri de trop contre l’horreur des gangs en Haïti

Manifestation contre les auteurs du massacre La Saline à Port-au-Prince

Jeudi 11 septembre dernier, la ville de Cabaret, sur la route nationale numéro 1, a été plongée dans l’horreur. Une attaque sanglante menée par des gangs de la coalition criminelle « Viv Ansanm » a coûté la vie à une quarantaine de personnes, parmi lesquelles des femmes, des enfants et des personnes âgées. Les assaillants ont pillé, incendié et massacré sans pitié.

 

Cabaret n’est pas une exception. Depuis près de trois ans, cette coalition de gangs a inscrit la terreur dans son ADN. Mirebalais, Saut-d’Eau, Kenscoff, Port-au-Prince, l’Estère, Liancourt ou encore Pont-Sondé : partout, les mêmes scènes d’horreur se répètent, au prix de centaines de vies innocentes.

 

Cette spirale de violence illustre l’incapacité de l’État haïtien à rétablir la sécurité depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse. Malgré des annonces répétées, la population demeure abandonnée face à des criminels mieux armés, organisés et déterminés.

 

Le Haut-Commissariat des Nations-Unies pour les droits de l’Homme (HCDH) s’alarme de cette dérive. Dans un rapport accablant, il souligne que la violence des gangs n’est plus un simple problème d’insécurité mais une véritable attaque coordonnée contre la société haïtienne.

 

Entre juillet 2024 et février 2025, le HCDH a recensé 4 239 meurtres et 1 356 blessés. À Cité Soleil seulement, 207 personnes ont été massacrées en l’espace de cinq jours. Volker Türk, Haut-Commissaire des Nations-Unies aux droits de l’Homme, rappelle que ces bandes sont lourdement armées grâce à un trafic d’armes venu des États-Unis.

 

À Cabaret comme ailleurs, la douleur est immense. Dans la capitale, trois frères d’une même famille ont récemment été assassinés. Les foyers pleurent leurs morts tandis que l’État semble impuissant. La rentrée scolaire approche, mais la question brûle les lèvres : les enfants haïtiens peuvent-ils encore aller à l’école sans risquer leur vie ?

 

Les familles investissent tout dans l’éducation de leurs enfants. Mais comment préparer l’avenir quand le présent est pris en otage par des gangs assoiffés de sang ?

 

Le massacre de Cabaret est un massacre de trop. Il incarne le ras-le-bol d’un peuple qui réclame sécurité, justice et dignité. La passivité ne peut plus durer.

 

Haïti se trouve à la croisée des chemins : céder définitivement au règne de la terreur ou choisir de défendre coûte que coûte son avenir. Le silence de l’État est une complicité indirecte. Les enfants, les familles, la nation entière ne peuvent plus attendre.

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