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Un an de pouvoir du CPT : une gouvernance contestée et des appels pressants à la démission

Le Conseil Présidentiel de Transition à la Villa d'accueil

Un an de pouvoir du CPT : une gouvernance contestée et des appels pressants à la démission

Le Conseil Présidentiel de Transition à la Villa d'accueil

Ce vendredi 25 avril 2025 marque le premier anniversaire du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), une structure de gouvernance exceptionnelle mise en place après un accord signé en Jamaïque par plusieurs leaders politiques haïtiens, sous l’égide de la diplomatie américaine et de la CARICOM.

 

Une année après leur prise de fonction, les conseillers-présidents ne font plus l’unanimité. Les signataires de l’accord ayant donné naissance au CPT réclament désormais leur démission, rejoignant ainsi une opposition grandissante.

 

L’Organisation du Peuple en Lutte (OPL), la société civile, le secteur des affaires, le Bureau de Suivi de l’Accord de Montana (BSA) et plusieurs syndicats exigent le retrait du CPT et l’instauration d’une nouvelle gouvernance de transition.

 

Les critiques sont sévères comme l’OPL qui accuse le CPT de ne pas avoir respecté la feuille de route qui lui avait été assignée. Même refrain pour le BSA affirme que les neuf membres du Conseil ont imposé leur propre agenda, allant jusqu’à qualifier leur action de « coup d’État » contre les signataires de l’accord d’avril 2024.

 

Des organisations de la société civile soulignent que les scandales impliquant trois membres du CPT ébranlent la crédibilité de l’institution, remettant en cause sa capacité à organiser des élections fiables.

 

Alors que la résolution de la crise sécuritaire figurait parmi les priorités du CPT, de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer l’aggravation des conditions de vie et de sécurité en Haïti. Le parti « Résultat Démocratique » propose le remplacement du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé par une personnalité choisie par consensus.

 

Des syndicalistes, comme Duclot Benissoit du Collectif des Syndicats Haïtiens pour le Respect de la Constitution de 1987 (COSHARCO), estiment que le CPT « n’a aucune légitimité pour organiser un référendum ou des élections », d’autant que la progression des gangs dans plusieurs régions du pays rend la situation intenable.

 

Pour Clarens Renois (UNIR), « un an sans résultats, ce sont seulement de nouveaux territoires perdus et des scandales à répétition ». M. Renois qualifie le CPT de la plus grande déception politique depuis 25 ans.

 

Claude Joseph du Parti EDE fustige quant à lui « une diplomatie de sinécure et de jouisseur, teintée d’un clientélisme entretenu par les neuf conseillers ». Selon lui, « tout espoir d’organiser des élections et un référendum crédible a été anéanti par le CPT ».

 

Face à ce constat d’échec, tous les secteurs semblent unanimes : le CPT doit quitter le pouvoir pour laisser place à une nouvelle gouvernance de transition.

 

La Rédaction

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