Ce qui n’était qu’un secret de polichinelle pour la rédaction de Radio Monopole, mais une rumeur persistante pour la population, a finalement été mis en lumière par un journal étranger : la présence de mercenaires sur le sol haïtien, embauchés par le pouvoir en place. Cette révélation, loin de dissiper le mystère, a soulevé de vives interrogations quant au contrôle et au commandement de cette force, et surtout, mis à nu une lutte fratricide au sein de l’exécutif haïtien qui paralyse l’action sécuritaire tant attendue.
Alors que plusieurs ambassades étaient favorables à l’option d’un recours à des forces de sécurité privées, une grande hésitation traversait les milieux de l’exécutif haïtien. L’assassinat du président Jovenel Moïse, encore frais dans la mémoire collective, rendait particulièrement délicat le fait d’emprunter la même voie. Des informations persistantes faisaient état de l’arrivée de groupes armés privés en Haïti, mais leur statut et leur rôle restaient flous.
L’enquête de Radio Monopole vient confirmer un fait avéré : la société de sécurité privée Blackwater,par l’intermédiaire de son représentant Prince Erick, a bel et bien signé un contrat avec l’État Haïtien. Cependant, cette signature a été entachée par un conflit majeur entre la Primature et la Présidence, chacune cherchant à s’approprier le capital politique découlant des résultats positifs de cette collaboration.
Au Cœur d’un Bras de Fer Politique
La Primature, selon nos sources, souhaitait ardemment signer l’accord afin de pouvoir utiliser les services de ces groupes à sa guise, sans l’implication de la Police Nationale d’Haïti (PNH). Une position qui entre en contradiction totale avec celle de la Présidence, qui estime que cette force devrait être placée sous l’égide de la PNH. Ce désaccord n’est pas sans lien avec l’insistance du Premier Ministre pour le renvoi du directeur général de la police, jugé inefficace par lui-même et par une partie de la population.
Cette absence de synergie entre la force contractée et la Police Nationale n’aurait, jusqu’à très récemment, donné que des résultats médiocres. Une inefficacité qui soulève une question cruciale : ce manque de coordination est-il lié à cette guerre de pouvoir, alors même que cette force semble présente en Haïti depuis le lancement des premiers drones ?
Renégociation et Implication du CPT
Selon nos sources, le contrat a finalement été renégocié et contresigné par le représentant du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) et la Primature, modifiant ainsi la perception de l’approche. Cette implication du CPT pourrait-elle apaiser les tensions ou n’est-ce qu’une trêve temporaire dans ce conflit persistant ? L’avenir de cette collaboration, et par extension, de la sécurité en Haïti, semble désormais dépendre de la capacité du CPT à naviguer dans ces eaux politiques troubles.
Dans ce conflit persistant entre les branches de l’exécutif, c’est une fois de plus le peuple haïtien qui continue de souffrir. À l’image des problèmes rencontrés avec la centrale de Péligre, le déploiement des fantassins de Blackwater et l’arrivée du matériel nécessaire à l’équipement de la force ont été retardés en raison de ce bras de fer entre les deux parties.
La question se pose avec acuité : si ce conflit perdure, quel sera l’avenir de Blackwater et de l’opération de soutien à la PNH, une assistance que toute la population attend de ses dirigeants ? La mise en œuvre effective de cette collaboration, cruciale pour la sécurité du pays, semble plus que jamais suspendue à la résolution de ces querelles internes au sommet de l’État. En attendant, l’incertitude plane sur l’efficacité des efforts pour ramener la paix et la stabilité en Haïti.
Comment cette dynamique de pouvoir pourrait-elle évoluer et quel impact cela aura-t-il sur la sécurité à long terme du pays ?
Radio télé Monopole
La Rédaction




















