Le climat politique haïtien sent le roussi. Au sein même de l’exécutif, une guerre fratricide paralyse le pays et exaspère une population déjà à bout. D’un côté, la Primature semble jouir du soutien de quatre conseillers, tandis que de l’autre, la Présidence en rallie trois. Cette division profonde se traduit par un boycott systématique de toute décision prise par l’une des parties, transformant la gouvernance en un bras de fer permanent.
Le récent épisode de la Centrale de Péligre, où les querelles intestines ont retardé indéfiniment une solution à la crise énergétique, est encore frais dans toutes les mémoires. Pendant que les dignitaires se tiraient la couverture, le pays sombrait dans l’obscurité, illustration tragique de l’inefficacité d’un leadership miné par les conflits.
La grande question qui se pose aujourd’hui est celle de l’acharnement apparent à ne pas laisser réussir des figures comme Fritz Jean, ou à empoisonner l’existence politique de Didier Fils Aimé. Derrière ces manœuvres se cachent peut-être des enjeux bien plus profonds, et des ambitions électorales démesurées.
Certains observateurs suggèrent que la réponse résiderait dans les aspirations du Représentant du secteur privé, pressenti pour remplacer Alphonse Jean comme coordonnateur. Ce dernier pourrait vouloir s’entourer d’une équipe à sa dévotion afin de promouvoir l’idée que le secteur privé est l’unique voie d’avenir pour le pays. L’objectif ? Faire croire à la population que seule cette élite est capable de “pacifier la République”, et ainsi capitaliser sur cette prétendue “capacité” à résoudre les grands problèmes nationaux pour les prochaines élections.
De l’autre côté de l’échiquier politique, le dernier Représentant des partis politiques au sein de l’Exécutif semble vouloir défendre chèrement sa place. Les échecs retentissants d’Edgard Leblanc et de Lesly Voltaire, pourtant issus des groupements politiques les plus proéminents, pèsent lourd dans la balance. La pression est immense alors que le mandat de Fritz Jean arrive à son terme dans environ deux mois.
Et pendant ce temps, l’horizon demeure désespérément vide. Le référendum, annoncé pour le 11 mai, n’est plus qu’un lointain souvenir, tout comme la perspective d’élections générales. Quant à la sécurité, tant clamée et promise à cor et à cri, elle reste une chimère pour le peuple haïtien.
Messieurs les membres de l’exécutif, le message du peuple est clair et sans équivoque : ce sont la sécurité et la stabilité que les citoyens réclament, pas vos querelles intestines, vos conflits d’octavon et de “noir libre”. Il est impératif que vous vous asseyiez à la table des négociations, que vous trouviez une formule pour sortir le pays de ce pétrin sans précédent. Faute de quoi, le peuple vous jugera. Et ce verdict, cette fois-ci, risque d’être implacable et douloureux. L’histoire et le peuple haïtien n’oublieront pas cette paralysie volontaire.
La rédaction





















