Le 4 novembre 2025 restera comme une date marquante dans l’histoire politique new-yorkaise. Ce jour-là, Zohran Mamdani, un socialiste de 34 ans, a été élu maire de New York, la ville phare de la finance mondiale. Son ascension représente un défi direct à l’establishment, tant républicain que démocrate, et incarne les aspirations d’une gauche américaine en quête de renouveau.
D’origine indienne et né en Ouganda, Mamdani a immigré aux États-Unis à l’âge de 7 ans. Son parcours résonne avec une partie de l’électorat qui se reconnaît en lui : celui des laissés-pour-compte d’une métropole mosaïque mais devenue inabordable. New York, deuxième ville la plus chère au monde, est en effet le symbole des inégalités qu’il dénonce : un paradis pour les entrepreneurs, mais un enfer pour de nombreux travailleurs qui n’arrivent pas à vivre dignement de leur salaire. Plus de 80% de leurs gains vont au loyer.
Son programme est un pavé dans la mare : gratuité des bus, logements accessibles, crèches publiques etc. Autant de mesures conçues pour « couper court à cette forme d’inégalité ». Une vision qui lui vaut des attaques virulentes. L’ancien président Donald Trump l’a qualifié de « jihadiste » et a menacé de couper les fonds fédéraux à la ville. Dans un contexte géopolitique tendu, Mamdani assume pleinement ses origines et ses positions, envoyant un signal clair à ses détracteurs.
Si son élection est un coup de tonnerre, la route s’annonce difficile. Au sein même de son parti, l’enthousiasme n’est pas au rendez-vous. Les figures de proue du Parti démocrate, Chuck Schumer et Hakeem Jeffries, leaders de la minorité démocrate au Parlement américain, gardent leurs distances face à des idées jugées trop radicales. L’aile conservatrice du parti voit d’un mauvais œil ce jeune élu qui entend faire de l’État un « outil de progrès social actif » face à « l’agressivité du secteur des affaires ».
Déjà, son nom circule pour la présidentielle. S’il n’a pas encore déclaré ses intentions, ses promesses comme celle de retirer Haïti de la liste noire des pays à risque de voyager, dépassent le cadre municipal et trahissent une ambition nationale. Son parcours, comparé à celui d’un Barack Obama à ses débuts, fascine et inquiète. L’ancien président l’a d’ailleurs félicité, mais avec une réserve notable, lui qui n’avait jamais pris autant de distance avec l’establishment économique des Etats-Unis d’Amérique.
Pour l’heure, tous les regards sont braqués sur ce jeune leader de 34 ans. Porteur des espoirs d’une classe populaire pour qui le logement est devenu un luxe, il promet de rendre New York plus accessible. Une gageure dans la ville qui ne dort jamais, où chacun rêve de fortune. Entre les promesses et la réalité, Zohran Mamdani aura, certainement, du pain sur la planche.
Eddy Trofort














